Harry Potter RPG
 

Partagez | 
 

 Épanchement d'une adolescente à un ami lointain...

Aller en bas 
AuteurMessage
Eleanor Branstone
Elève
Eleanor Branstone


MessageSujet: Épanchement d'une adolescente à un ami lointain...   Dim 13 Jan - 19:17

1er janvier 1997
Cher Monsieur Sanguini,

J’ignore si cette lettre vous parviendra, et si c’est le cas, vous y entendrez le chamboulement qui est le mien. A bien des égards, mes intentions peuvent paraître égoïstes. Quel homme ne dissimule pas en lui les graines de la vanité et de l’orgueil ? Mais je ressentais le besoin de vous écrire, de vous confier tout ce qui me hante et que je ne peux vous dire de vive voix. J’ai la faiblesse de me sentir seule avec mes émotions et mes peurs. Or vous aviez les mots, pour me guider, me permettre d’être honnête et m’épancher autant que cela m’était nécessaire. Nos conversations n’ont pas été nombreuses, et je le regrette profondément. Cependant, elles avaient le don d’être éclairantes. Je pourrais me confier à qui veut bien l’entendre, seulement, je ne suis pas sûre de leur objectivité me concernant. On peut tout cacher derrière un masque, de bonnes comme de mauvaises intentions. Je sais que les vôtres sont impartiales, que la franchise seule donnait de l’élan à vos réponses. Je me suis rarement confiée, Monsieur, et le peu de fois où je l’ai fait, le revers de la médaille fut décevant, pour ne pas dire blessant.
Il y a tant que j’aimerais vous dire, et peut-être est-ce mal à propos de le faire dans une lettre. Êtes-vous seulement en Ecosse ou en Angleterre ?

Par où dois-je commencer ? « Le commencement » me répondrez-vous ou par ce qui m’est le plus agréable, peut-être. Je vais essayer, pardonnez d’avance mon manque de rigueur. Tout se précipite dans mon esprit. Voilà bientôt trois mois que les événements s’enchaînent sans que je ne parvienne à les étudier un à un. J’ignore ce que j’essaie de prouver, tout ce que je sais, c’est que j’ai besoin de savoir ce qui se cache derrière chaque faux-semblant, derrière chaque masque. Ne pas être capable de voir au-delà des apparences m’effraie de plus en plus. Je suppose le mal, le cherche afin de ne pas me laisser surprendre et finalement, je me laisse avoir à mon propre jeu. Monsieur Wilkes, par exemple, est de ceux-là : inaccessibles tant ils sont hautains, capables de tout dissimuler par une maîtrise parfaite d’eux-mêmes et qui ont la parole pour eux. Il semble soupeser chaque mot, les choisir de telle façon à fermer toutes les portes qui pourraient nous conduire à lui. J’en suis venue à ignorer quand il est vrai et quand il est faux. Aussi face à mon échec persistant, j’ai choisi de le prendre pour Maître de stage. En toute honnêteté, je l’ai piégé, parce qu’il avait blessé mon orgueil de née-moldue. J’imagine votre froncement de sourcils et croyez-moi, j’ai encore tout mon esprit, du moins je l’espère. Je souhaite lui prouver que le statut du sang ne détermine pas un être et que les né-moldus ne sont pas aussi inférieurs, prétentieux et capricieux qu’il veut bien le croire. Peut-être n’ai-je pas suffisamment réfléchi à la question. Seulement sa place au ministère est considérable et je me dis qu’avec un peu de chance, j’apprendrai tout ce qu’on refuse de nous dire à l’école. Je mise aussi sur sa volonté à vouloir sans cesse m’effrayer ou me faire taire. Mon entreprise est-elle si insensée ? Probablement. Me rapprocher d’un homme qui, bien qu’étant mon professeur, m’est totalement inconnu, avec des motivations si peu nobles … Je ne frise pas l’obsession, mais son mystère m’est insupportable. Nous sommes en temps de guerre, n’était-il pas sain de vouloir savoir ceux sur qui nous sommes susceptibles de pouvoir compter ? Je ne crois pas ce que Skeeter répand sur lui, même si le réel, aujourd’hui, me semble bien abstrait. Est-ce lui la cause de votre départ soudain ? En a-t-il seulement le pouvoir ? J’aurais tant aimé vous dire ne serait-ce qu’un au revoir.

J’aimerais pouvoir discuter de ma seconde préoccupation, mais je ne sais qu’en dire. La colère aveugle mes pensées, tout comme la peur. Mes cauchemars, bien qu’estompés depuis quelques temps, ont changé de forme et la rumeur, même absurde, m’effraie. Le basculement entre le bien et le mal est si mince, si accessible à n’importe qui. L’homme le plus moral est-il, lui aussi, susceptible de franchir la limite ? Je ne crains pas le manque de moralité des hommes mais ma propre naïveté, car à dix-huit ans, je n’y suis pas préparée. Pourtant, la guerre est presque là. J’avais confiance en cet homme, du moins j’essayais malgré ses propos parfois déplacés. Ces dernières semaines, je l’ai sentie s’étioler, à l’image de la détermination et de la douceur que je lisais dans son regard. Je doute que la rumeur soit seule fautive dans cette histoire et c’est bien ce qui m’inquiète. Si les aurors commencent à perdre espoir et toute moralité, pouvons-nous encore combattre les ténèbres, la soif de pouvoir et l’intolérance ? J’aime à penser qu’en cet instant vous me gronderiez pour ces réflexions aussi multiples que futiles, je suis pourtant certaine que vous chercheriez à y répondre pour me remettre sur le droit chemin. Vous êtes un homme de bien, Monsieur Sanguini, et assurément le vampire le plus sage et patient qu’il m’ait été donné de rencontrer. J’en conviens, vous êtes le seul, mais le compliment n’en est pas moins vrai, je vous le promets.

Mes interrogations ne sont sans doute pas utiles pour mon âge, tout du moins sont-elles trop foisonnantes et manichéennes. La justice l’est peut-être trop également.
Parmi tous mes tourments de jeune Poufsouffle, il reste pourtant un rai de lumière, ou plutôt une étincelle dont il me faut vous parler. Rien de plus normal après vous avoir ennuyé avec mes sempiternels « mais », « si », « peut-être ». Je ne suis, cependant, pas certaine de votre réaction. Votre époque et la mienne sont, après tout, fort différentes.
J’aime.
Du moins, je crois que le sentiment que j’éprouve y ressemble beaucoup. Comment le saurais-je, il m’est tombé dessus sans que je n’aie eu le temps de le comprendre ou de m’en instruire. J’ai lu plus de textes sur la justice et la morale que je n’en aie lus sur les sentiments. S’il me fallait le décrire, ce sentiment nouveau, ce serait comme une brûlure dans la poitrine, un embrasement du cœur qui procure chaleur et bien-être. Je souris plus qu’il ne m’a jamais été permis de le faire depuis que j’ai perdu l’innocence de mon enfance, un sourire vrai, parfois niais je le crains. Je n’ai jamais autant bravé de règles en si peu de temps, à sa demande. En vérité, c’était là ma toute première fois, et je n’en suis qu’à moitié fière. Je ne devrais pas l’être du tout. Seulement, je dois reconnaître que le danger et l’interdit m’ont grisée le temps d’un instant ou deux. J’ai ressenti une sensation étrange, comme si, l’espace de quelques minutes, tout m’avait été possible. Curieux n’est-ce pas ? Je crois que du Felix Felicis ne m’aurait pas fait un si grand effet. Rassurez-vous toutefois, je ne compte absolument pas braver une nouvelle fois les règles du Professeur Dumbledore. La sécurité est une affaire de prudence, maintenant plus que jamais.
Il s’appelle Kevin Entwhistle. Lui aussi a vécu en Amérique. A ce jour, il recherche son frère en Angleterre. J’aurais aimé vous demander de l’aide sur la question, mais son histoire est encore trop confuse même pour moi, pour que je sache vous la décrire. Nous apprenons à nous connaître au fil des jours, doucement. Aussi je ne puis vous en dire davantage. Mais étrangement ses mystères me plaisent. J’ai moins peur que lors de nos premières conversations. Pourtant, je ne lui ai pas dit le tiers de cette lettre. Quand le moment sera venu, je le ferai, une fois qu’il sera prêt à entendre mes préoccupations et les combats que je me suis fixée. Qui sait s’il ne l’est pas sûrement plus que moi … Nous avons échangé un baiser. C’est à cet instant que j’ai compris que je souhaitais le tenir à l’écart de tout ça, de ces histoires avec les mangemorts y compris de mes propres tourments. Au moins un temps, pour l’épargner. Peut-être que maintenant vous comprenez la solitude qui est la mienne, et oui, j’en suis la seule instigatrice.

Pardonnez la longueur de cette lettre, s’il vous plaît. Puis-je vous dire que votre compagnie me manque ? Les caramels de chez Honeydukes ont fini par avoir ma préférence. Kevin a tendance à engloutir toutes mes plumes en sucre ! J’espère vous revoir, ne serait-ce qu’un jour ; et que là où vous êtes, vous êtes entouré et heureux. Vous le méritez, je vous l’assure.


Avec tout le respect et l’amitié que je vous porte,
Mes vœux les plus sincères pour cette nouvelle année.

Eléanor Branstone
Poufsouffle candide, curieuse et bavarde.
Codage par Libella sur Graphiorum

_________________
You may say i'm a dreamer. But i'm not the only one.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Sanguini
Infirmier
Sanguini

Localisation : Poudlard
Emploi/loisirs : Medicomage

MessageSujet: Re: Épanchement d'une adolescente à un ami lointain...   Lun 14 Jan - 19:48

Janvier 97
Chateau Thököly de Késmárk
Transylvanie

Chère amie,

Car c'est bien le titre que je vous accorde, je me sens à la fois heureux et chançard de recevoir de vos nouvelles, vous dont je ne pensais ne plus jamais goûter aux paroles et pensées délicates. Votre lettre est parvenue jusqu'à ma lointaine retraite et c'est dès la tombée du jour que je me mis à la rédaction de la réponse. Comme vous-même, je ne choisirai pas de répondre dans un ordre logique, mais suivrai le cheminement naturel de mes inspirations. En premier lieu, je vous donnerai de mes nouvelles.

Je me porte bien, « comme un charme » serait une exagération cependant. Je suis rentré dans mon beau pays, j'ai nommé la Transylvanie car je refuse d'accorder crédit à l’envahisseur roumain. D'ailleurs, vous excuserez la lenteur de mon pigeon voyageur chargé de vous porter la missive. Ce léger volatile est bien plus lent que les hiboux et autres rapaces, hélas l'occupant est friand de chouettes tout comme du hérisson dont ils font, m'a t-on dit, un excellent ragoût. Vous vous questionnez sur ma disparition soudaine, je ne puis rentrer dans les détails au risque de vous mettre en peine. Je vous dirai simplement, les joues pâlies par la honte, que ma volonté à tenir tête à ma nature profonde n'était point aussi solide que je le crus. Conscient que ma place mettait vos jeunes camarades en périls, je pris la décision de me reposer loin de toute tentation pour quelques années de plus. Il serait mensonger de rejeter la faute sur un tiers, là où ma faiblesse n'est que de mon fait. Croyez-moi qu'il n'y a nul autre que ma personne à blâmer pour mes turpitudes.

Concernant l'auror que vous évoquez, de là où je survis, je suis moi aussi les rumeurs qui ont eu court, ça et quelques indices semés dans votre lettre me laissent entrevoir son identité. Si nous avons bien le même quidam en tête, ce dernier doit être aujourd'hui d'un âge mur alors que ses traits restent ceux d'un jeune godelureau, au point que je crus un temps qu'il était l'un de mes congénères. Je n'ai que peu de pertinence à répondre à vos interrogations, connaissant peu l'individu et comprenant guère les Hommes en général. Si je devais néanmoins me compromettre dans un jugement, je dirais qu'il y a plus de faiblesses en cet homme que de perversités. J'ignore le jeu amoureux qu'il se trame entre ces différents protagonistes, je dois nonobstant vous notifier que la rumeur est vraie au moins en partie. J'ai vu de mes yeux Mr Wilkes fricoter aussi bien avec des femmes, comme l'exige sa nature, qu'avec des hommes et ce sans sembler en éprouver une quelconque répugnance. Le fil amoureux qui les lie semble toutefois plus complexe qu'un multiple de deux. Je crois que cet homme ne mérite cependant pas votre déception, gardez toujours un peu de miséricorde pour les défaillances du cœur d'autrui, le vôtre ne saurait se montrer plus fort en pareilles circonstances je le crains. L'amour peut-être à la fois notre force et notre perte.

Je vous parlais de faiblesse et c'est encore sur ce terme que je vais rebondir pour en revenir à Mr le Directeur avec qui j'eus loisir de commercer bien plus. La faiblesse fait partie intégrante de cet individu, car qui met autant de volonté à se montrer inatteignable a d'autant plus de failles à masquer. Souvenez-vous, Mademoiselle, qu'il faut nécessairement un puissant ennemi pour engager un grand combat. Vous trouverez peut-être ma complaisance à son égard singulière, je reconnais que j'ai eu matière à détester ce maraud plus d'une fois par le passé pour les vilains tours qu'il m'a joués, sa langue n'a rien à envier à la félonie du blason de la maison à laquelle il eut appartenu et ce bien qu'il la réprouve. Perfide, stratège, faussaire et fripon, autant de qualificatifs dont je puis l'affubler sans le moindre doute, et pourtant, lorsque je me suis retrouvé en mauvaise posture, c'est ce même homme qui a fait preuve envers moi d'une compassion que je n'ai que peu expérimentée si ce n'est auprès de vous-même. Je ne puis rentrer dans les détails une nouvelle fois, aussi je vous supplierais de ne point chercher à en entendre d'avantage, mais Mr Wilkes a fait preuve de miséricorde, se mettant lui-même en danger lorsqu'il aurait été plus aisé de me jeter en pâture à la foule. Aussi pendard soit-il, je n'oublierai pas que lorsqu'il eut le choix à faire entre le cœur et la raison, c'est son amour qui l'a emporté.

Vous dites l'avoir pris comme Maître de stage, je pense que vous en apprendrez beaucoup assurément, j'espère que cette expérience vous permettra de le voir sous un meilleur jour, que cette épreuve vous apprenne à faire preuve de plus d'indulgence comme je vous le disais tantôt. Si vous cherchez le mal en chacun, vous devez aussi chercher le bien, auquel cas vous ne seriez guère meilleure que l'injustice que vous souhaitez combattre. Sa vision de l'autre est, par ailleurs, fort rafraîchissante pour le peu qu'il quitte ses carcans quelques instants. Ceci étant dit, je vous exhorte, de grâce, de ne vous intéressez qu'à ses activités licites et de ne point vous compromettre dans les affaires les plus sombres gravitant autour de sa personne. Prévenue, je vous crois suffisamment sage pour que ce sermon soit suivi à la lettre.

Venons-en, à présent, à la partie la plus gaillarde de votre courrier. Vous me mettez en garde si souvent contre votre supposé jeune âge, je dis pour ma part que vous n'avez plus rien d'une enfant. De mon temps, les marmots devenaient travailleurs dès 9 ans et étaient des adultes accomplis dès leur 12 ans. Si je me réjouis d'apprendre vos batifolages, je n'en dirai que deux choses. La première est de ne pas rater la diligence Miss Branstone, le pire n'est pas la mort, je suis bien placé pour le savoir, le pire est de ne pas vivre. La seconde est de ne point vous laissez déflorer hors mariage, votre dot n'en serait que plus réduite si par malheur votre prétendant ce révélait plus pendard que galant.

Laissez les livres de côté cette fois, l'amour ne se lit pas dans les écrits mais dans votre cœur. Je regrette que le bonheur ne soit pas destiné à ceux de mon espèce, mais je m'octroie un peu du votre pour panser mon âme.



Votre ami qui se sent si fortuné de vous compter parmi les siens,


Sanguini.
©️ 2981 12289 0

_________________
I'm a vampire, madam.
Je n'y suis pour rien puisque c'est mon instinct. Si quelqu'un a mal agi dans l'histoire, c'est Dieu, il n'avait qu'à pas mettre au monde un vampire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Épanchement d'une adolescente à un ami lointain...
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Solitudes du plus lointain passé...
» LE TUMBLR ⊱ de fort fort lointain
» Mafuyu Shiina, la petite collègienne adorable
» Avez-vous déjà vu deux blondes dans un magasin ? Maintenant oui... [Jessica Farelly]
» 07. Back in the reality - this is not just ocean [CLOS]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Devil's Snare :: Le bureau de poste :: Bureau de poste-
Sauter vers: