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 Épanchement d'une adolescente à un ami lointain...

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Eleanor Branstone
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MessageSujet: Épanchement d'une adolescente à un ami lointain...   Épanchement d'une adolescente à un ami lointain... Icon_minitimeDim 13 Jan - 19:17

Epanchement

1er janvier 1997


Cher Monsieur Sanguini,

J’ignore si cette lettre vous parviendra, et si c’est le cas, vous y entendrez le chamboulement qui est le mien. A bien des égards, mes intentions peuvent paraître égoïstes. Quel homme ne dissimule pas en lui les graines de la vanité et de l’orgueil ? Mais je ressentais le besoin de vous écrire, de vous confier tout ce qui me hante et que je ne peux vous dire de vive voix. J’ai la faiblesse de me sentir seule avec mes émotions et mes peurs. Or vous aviez les mots, pour me guider, me permettre d’être honnête et m’épancher autant que cela m’était nécessaire. Nos conversations n’ont pas été nombreuses, et je le regrette profondément. Cependant, elles avaient le don d’être éclairantes. Je pourrais me confier à qui veut bien l’entendre, seulement, je ne suis pas sûre de leur objectivité me concernant. On peut tout cacher derrière un masque, de bonnes comme de mauvaises intentions. Je sais que les vôtres sont impartiales, que la franchise seule donnait de l’élan à vos réponses. Je me suis rarement confiée, Monsieur, et le peu de fois où je l’ai fait, le revers de la médaille fut décevant, pour ne pas dire blessant.
Il y a tant que j’aimerais vous dire, et peut-être est-ce mal à propos de le faire dans une lettre. Êtes-vous seulement en Ecosse ou en Angleterre ?

Par où dois-je commencer ? « Le commencement » me répondrez-vous ou par ce qui m’est le plus agréable, peut-être. Je vais essayer, pardonnez d’avance mon manque de rigueur. Tout se précipite dans mon esprit. Voilà bientôt trois mois que les événements s’enchaînent sans que je ne parvienne à les étudier un à un. J’ignore ce que j’essaie de prouver, tout ce que je sais, c’est que j’ai besoin de savoir ce qui se cache derrière chaque faux-semblant, derrière chaque masque. Ne pas être capable de voir au-delà des apparences m’effraie de plus en plus. Je suppose le mal, le cherche afin de ne pas me laisser surprendre et finalement, je me laisse avoir à mon propre jeu. Monsieur Wilkes, par exemple, est de ceux-là : inaccessibles tant ils sont hautains, capables de tout dissimuler par une maîtrise parfaite d’eux-mêmes et qui ont la parole pour eux. Il semble soupeser chaque mot, les choisir de telle façon à fermer toutes les portes qui pourraient nous conduire à lui. J’en suis venue à ignorer quand il est vrai et quand il est faux. Aussi face à mon échec persistant, j’ai choisi de le prendre pour Maître de stage. En toute honnêteté, je l’ai piégé, parce qu’il avait blessé mon orgueil de née-moldue. J’imagine votre froncement de sourcils et croyez-moi, j’ai encore tout mon esprit, du moins je l’espère. Je souhaite lui prouver que le statut du sang ne détermine pas un être et que les né-moldus ne sont pas aussi inférieurs, prétentieux et capricieux qu’il veut bien le croire. Peut-être n’ai-je pas suffisamment réfléchi à la question. Seulement sa place au ministère est considérable et je me dis qu’avec un peu de chance, j’apprendrai tout ce qu’on refuse de nous dire à l’école. Je mise aussi sur sa volonté à vouloir sans cesse m’effrayer ou me faire taire. Mon entreprise est-elle si insensée ? Probablement. Me rapprocher d’un homme qui, bien qu’étant mon professeur, m’est totalement inconnu, avec des motivations si peu nobles … Je ne frise pas l’obsession, mais son mystère m’est insupportable. Nous sommes en temps de guerre, n’était-il pas sain de vouloir savoir ceux sur qui nous sommes susceptibles de pouvoir compter ? Je ne crois pas ce que Skeeter répand sur lui, même si le réel, aujourd’hui, me semble bien abstrait. Est-ce lui la cause de votre départ soudain ? En a-t-il seulement le pouvoir ? J’aurais tant aimé vous dire ne serait-ce qu’un au revoir.

J’aimerais pouvoir discuter de ma seconde préoccupation, mais je ne sais qu’en dire. La colère aveugle mes pensées, tout comme la peur. Mes cauchemars, bien qu’estompés depuis quelques temps, ont changé de forme et la rumeur, même absurde, m’effraie. Le basculement entre le bien et le mal est si mince, si accessible à n’importe qui. L’homme le plus moral est-il, lui aussi, susceptible de franchir la limite ? Je ne crains pas le manque de moralité des hommes mais ma propre naïveté, car à dix-huit ans, je n’y suis pas préparée. Pourtant, la guerre est presque là. J’avais confiance en cet homme, du moins j’essayais malgré ses propos parfois déplacés. Ces dernières semaines, je l’ai sentie s’étioler, à l’image de la détermination et de la douceur que je lisais dans son regard. Je doute que la rumeur soit seule fautive dans cette histoire et c’est bien ce qui m’inquiète. Si les aurors commencent à perdre espoir et toute moralité, pouvons-nous encore combattre les ténèbres, la soif de pouvoir et l’intolérance ? J’aime à penser qu’en cet instant vous me gronderiez pour ces réflexions aussi multiples que futiles, je suis pourtant certaine que vous chercheriez à y répondre pour me remettre sur le droit chemin. Vous êtes un homme de bien, Monsieur Sanguini, et assurément le vampire le plus sage et patient qu’il m’ait été donné de rencontrer. J’en conviens, vous êtes le seul, mais le compliment n’en est pas moins vrai, je vous le promets.

Mes interrogations ne sont sans doute pas utiles pour mon âge, tout du moins sont-elles trop foisonnantes et manichéennes. La justice l’est peut-être trop également.
Parmi tous mes tourments de jeune Poufsouffle, il reste pourtant un rai de lumière, ou plutôt une étincelle dont il me faut vous parler. Rien de plus normal après vous avoir ennuyé avec mes sempiternels « mais », « si », « peut-être ». Je ne suis, cependant, pas certaine de votre réaction. Votre époque et la mienne sont, après tout, fort différentes.
J’aime.
Du moins, je crois que le sentiment que j’éprouve y ressemble beaucoup. Comment le saurais-je, il m’est tombé dessus sans que je n’aie eu le temps de le comprendre ou de m’en instruire. J’ai lu plus de textes sur la justice et la morale que je n’en aie lus sur les sentiments. S’il me fallait le décrire, ce sentiment nouveau, ce serait comme une brûlure dans la poitrine, un embrasement du cœur qui procure chaleur et bien-être. Je souris plus qu’il ne m’a jamais été permis de le faire depuis que j’ai perdu l’innocence de mon enfance, un sourire vrai, parfois niais je le crains. Je n’ai jamais autant bravé de règles en si peu de temps, à sa demande. En vérité, c’était là ma toute première fois, et je n’en suis qu’à moitié fière. Je ne devrais pas l’être du tout. Seulement, je dois reconnaître que le danger et l’interdit m’ont grisée le temps d’un instant ou deux. J’ai ressenti une sensation étrange, comme si, l’espace de quelques minutes, tout m’avait été possible. Curieux n’est-ce pas ? Je crois que du Felix Felicis ne m’aurait pas fait un si grand effet. Rassurez-vous toutefois, je ne compte absolument pas braver une nouvelle fois les règles du Professeur Dumbledore. La sécurité est une affaire de prudence, maintenant plus que jamais.
Il s’appelle Kevin Entwhistle. Lui aussi a vécu en Amérique. A ce jour, il recherche son frère en Angleterre. J’aurais aimé vous demander de l’aide sur la question, mais son histoire est encore trop confuse même pour moi, pour que je sache vous la décrire. Nous apprenons à nous connaître au fil des jours, doucement. Aussi je ne puis vous en dire davantage. Mais étrangement ses mystères me plaisent. J’ai moins peur que lors de nos premières conversations. Pourtant, je ne lui ai pas dit le tiers de cette lettre. Quand le moment sera venu, je le ferai, une fois qu’il sera prêt à entendre mes préoccupations et les combats que je me suis fixée. Qui sait s’il ne l’est pas sûrement plus que moi … Nous avons échangé un baiser. C’est à cet instant que j’ai compris que je souhaitais le tenir à l’écart de tout ça, de ces histoires avec les mangemorts y compris de mes propres tourments. Au moins un temps, pour l’épargner. Peut-être que maintenant vous comprenez la solitude qui est la mienne, et oui, j’en suis la seule instigatrice.

Pardonnez la longueur de cette lettre, s’il vous plaît. Puis-je vous dire que votre compagnie me manque ? Les caramels de chez Honeydukes ont fini par avoir ma préférence. Kevin a tendance à engloutir toutes mes plumes en sucre ! J’espère vous revoir, ne serait-ce qu’un jour ; et que là où vous êtes, vous êtes entouré et heureux. Vous le méritez, je vous l’assure.


Avec tout le respect et l’amitié que je vous porte,
Mes vœux les plus sincères pour cette nouvelle année.


Eléanor Branstone,
Poufsouffle candide, curieuse et bavarde.
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Dernière édition par Eleanor Branstone le Lun 20 Mai - 18:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Épanchement d'une adolescente à un ami lointain...   Épanchement d'une adolescente à un ami lointain... Icon_minitimeLun 14 Jan - 19:48

Janvier 97
Chateau Thököly de Késmárk
Transylvanie

Chère amie,

Car c'est bien le titre que je vous accorde, je me sens à la fois heureux et chançard de recevoir de vos nouvelles, vous dont je ne pensais ne plus jamais goûter aux paroles et pensées délicates. Votre lettre est parvenue jusqu'à ma lointaine retraite et c'est dès la tombée du jour que je me mis à la rédaction de la réponse. Comme vous-même, je ne choisirai pas de répondre dans un ordre logique, mais suivrai le cheminement naturel de mes inspirations. En premier lieu, je vous donnerai de mes nouvelles.

Je me porte bien, « comme un charme » serait une exagération cependant. Je suis rentré dans mon beau pays, j'ai nommé la Transylvanie car je refuse d'accorder crédit à l’envahisseur roumain. D'ailleurs, vous excuserez la lenteur de mon pigeon voyageur chargé de vous porter la missive. Ce léger volatile est bien plus lent que les hiboux et autres rapaces, hélas l'occupant est friand de chouettes tout comme du hérisson dont ils font, m'a t-on dit, un excellent ragoût. Vous vous questionnez sur ma disparition soudaine, je ne puis rentrer dans les détails au risque de vous mettre en peine. Je vous dirai simplement, les joues pâlies par la honte, que ma volonté à tenir tête à ma nature profonde n'était point aussi solide que je le crus. Conscient que ma place mettait vos jeunes camarades en périls, je pris la décision de me reposer loin de toute tentation pour quelques années de plus. Il serait mensonger de rejeter la faute sur un tiers, là où ma faiblesse n'est que de mon fait. Croyez-moi qu'il n'y a nul autre que ma personne à blâmer pour mes turpitudes.

Concernant l'auror que vous évoquez, de là où je survis, je suis moi aussi les rumeurs qui ont eu court, ça et quelques indices semés dans votre lettre me laissent entrevoir son identité. Si nous avons bien le même quidam en tête, ce dernier doit être aujourd'hui d'un âge mur alors que ses traits restent ceux d'un jeune godelureau, au point que je crus un temps qu'il était l'un de mes congénères. Je n'ai que peu de pertinence à répondre à vos interrogations, connaissant peu l'individu et comprenant guère les Hommes en général. Si je devais néanmoins me compromettre dans un jugement, je dirais qu'il y a plus de faiblesses en cet homme que de perversités. J'ignore le jeu amoureux qu'il se trame entre ces différents protagonistes, je dois nonobstant vous notifier que la rumeur est vraie au moins en partie. J'ai vu de mes yeux Mr Wilkes fricoter aussi bien avec des femmes, comme l'exige sa nature, qu'avec des hommes et ce sans sembler en éprouver une quelconque répugnance. Le fil amoureux qui les lie semble toutefois plus complexe qu'un multiple de deux. Je crois que cet homme ne mérite cependant pas votre déception, gardez toujours un peu de miséricorde pour les défaillances du cœur d'autrui, le vôtre ne saurait se montrer plus fort en pareilles circonstances je le crains. L'amour peut-être à la fois notre force et notre perte.

Je vous parlais de faiblesse et c'est encore sur ce terme que je vais rebondir pour en revenir à Mr le Directeur avec qui j'eus loisir de commercer bien plus. La faiblesse fait partie intégrante de cet individu, car qui met autant de volonté à se montrer inatteignable a d'autant plus de failles à masquer. Souvenez-vous, Mademoiselle, qu'il faut nécessairement un puissant ennemi pour engager un grand combat. Vous trouverez peut-être ma complaisance à son égard singulière, je reconnais que j'ai eu matière à détester ce maraud plus d'une fois par le passé pour les vilains tours qu'il m'a joués, sa langue n'a rien à envier à la félonie du blason de la maison à laquelle il eut appartenu et ce bien qu'il la réprouve. Perfide, stratège, faussaire et fripon, autant de qualificatifs dont je puis l'affubler sans le moindre doute, et pourtant, lorsque je me suis retrouvé en mauvaise posture, c'est ce même homme qui a fait preuve envers moi d'une compassion que je n'ai que peu expérimentée si ce n'est auprès de vous-même. Je ne puis rentrer dans les détails une nouvelle fois, aussi je vous supplierais de ne point chercher à en entendre d'avantage, mais Mr Wilkes a fait preuve de miséricorde, se mettant lui-même en danger lorsqu'il aurait été plus aisé de me jeter en pâture à la foule. Aussi pendard soit-il, je n'oublierai pas que lorsqu'il eut le choix à faire entre le cœur et la raison, c'est son amour qui l'a emporté.

Vous dites l'avoir pris comme Maître de stage, je pense que vous en apprendrez beaucoup assurément, j'espère que cette expérience vous permettra de le voir sous un meilleur jour, que cette épreuve vous apprenne à faire preuve de plus d'indulgence comme je vous le disais tantôt. Si vous cherchez le mal en chacun, vous devez aussi chercher le bien, auquel cas vous ne seriez guère meilleure que l'injustice que vous souhaitez combattre. Sa vision de l'autre est, par ailleurs, fort rafraîchissante pour le peu qu'il quitte ses carcans quelques instants. Ceci étant dit, je vous exhorte, de grâce, de ne vous intéressez qu'à ses activités licites et de ne point vous compromettre dans les affaires les plus sombres gravitant autour de sa personne. Prévenue, je vous crois suffisamment sage pour que ce sermon soit suivi à la lettre.

Venons-en, à présent, à la partie la plus gaillarde de votre courrier. Vous me mettez en garde si souvent contre votre supposé jeune âge, je dis pour ma part que vous n'avez plus rien d'une enfant. De mon temps, les marmots devenaient travailleurs dès 9 ans et étaient des adultes accomplis dès leur 12 ans. Si je me réjouis d'apprendre vos batifolages, je n'en dirai que deux choses. La première est de ne pas rater la diligence Miss Branstone, le pire n'est pas la mort, je suis bien placé pour le savoir, le pire est de ne pas vivre. La seconde est de ne point vous laissez déflorer hors mariage, votre dot n'en serait que plus réduite si par malheur votre prétendant ce révélait plus pendard que galant.

Laissez les livres de côté cette fois, l'amour ne se lit pas dans les écrits mais dans votre cœur. Je regrette que le bonheur ne soit pas destiné à ceux de mon espèce, mais je m'octroie un peu du votre pour panser mon âme.



Votre ami qui se sent si fortuné de vous compter parmi les siens,


Sanguini.
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MessageSujet: Re: Épanchement d'une adolescente à un ami lointain...   Épanchement d'une adolescente à un ami lointain... Icon_minitimeLun 20 Mai - 18:08

Epanchement
Un jour de février 1997
Poudlard

Cher Monsieur Sanguini,

Ô quel plaisir ai-je de vous lire ! Je ne puis vous dire combien votre lettre m’a touchée, combien vos mots ont impacté mon esprit, ainsi que je l’espérais. Mais sachez qu’à mon tour je me sens bien chanceuse d’avoir de vos nouvelles. A dire vrai, je suis rassurée de savoir que vous vous portez bien, que vous êtes rentré chez vous, même si, de mon avis, l’Ecosse demeurera toujours votre chez-vous aussi. Elle est bien différente de la Transylvanie, je présume, mais vous y trouverez toujours une porte ouverte pour vous y accueillir : la mienne.
Si la cause de votre départ m’attriste, sachez qu’elle ne m’attriste pas pour les raisons auxquelles vous pensez. Certes vous êtes un vampire, mais vous êtes un vampire qui n’a rien perdu de son humanité, qui s’est montré bon, agréable et très ouvert aux questions d’une adolescente en quête d’elle-même. Personne à Poudlard ne s’est jamais plaint de vous, à l’exception des Serpentards, mais de qui ne se plaignent-ils pas en dehors du Professeur Rogue ? De surcroît, vous m’accordez du temps, faites preuve de patience envers moi. Vous n’êtes pas infaillible, oui, mais ce fléau nous concerne tous. Nous avons tous nos démons, vous compris, et chacun fait de son mieux pour les combattre. N’ayez donc aucune honte, nous faisons tous des erreurs. Vous êtes un vampire mais en aucun cas un monstre, qui plus est, vous êtes mon ami et j’accorde beaucoup d’importance à vos pensées, votre avis, votre vie. Et puisque vous ne me considérez plus comme une enfant, en aucun cas vous ne pourrez mettre en cause une quelconque naïveté de ma part. J’ajouterai enfin qu’à mes yeux, cher Monsieur Sanguini, vous avez entièrement et irrévocablement droit au bonheur. Vous ne pouvez passer l’éternité à vous blâmer et à vous cacher derrière votre condition vampirique. Ce n’est pas juste. Le destin se provoque, il n’est pas écrit et j’espère, de tout mon cœur de Poufsouffle, que vous vous en convaincrez, car vous n’êtes nullement condamné à la solitude. Quiconque vous dira le contraire est un idiot égoïste. Vous êtes votre seul geôlier, mon ami.

A présent, il me faut vous rassurer sur mes amours : je vous promets de tenir compte des points que vous avez si justement soulevés. Kevin est aussi timide que moi et nous partageons également une maladresse similaire. Je ne compte pas me précipiter, bien au contraire. Je prends soin de profiter de chaque seconde pour comprendre ce que le verbe « aimer » signifie, bien que je ne parvienne pas à saisir la raison de notre dépendance. Lorsque Kevin sourit, me sourit devrais-je dire, je me sens soudainement importante. Pas dans le sens orgueilleux du terme. Non, c’est comme si j’existais brutalement. Cela me donne un sentiment de puissance que je ne saurais décrire, mais alors je me sens sourire aussi. C’est étrange vous ne trouvez pas ? Je compte bien relever toutes ces étrangetés et m’en accommoder car il me plaît de me sentir prise d’allégresse. Le monde en perd de sa noirceur et fait soudain beaucoup moins peur. Aussi n’ayez crainte, cette diligence je ne compte absolument pas la rater.

Venons-en maintenant à l’intriguant et déstabilisant professeur Wilkes. Le jour-même où je reçus votre lettre, j’eus le droit à une démonstration oratoire en faveur du bon traitement des dragons. Si jusque-là je me méfiais du verbe de mon professeur, je dois bien avouer que j’ai grand plaisir à l’écouter. Vous aviez raison, cher Monsieur Sanguini, il y a un cœur derrière le masque et il n’est pas moindre. Mais plus encore, il possède une vision du monde qu’il me plaît à interroger. Nous avons débattu longtemps et j’ai senti comme une impression d’être sur un même pied d’égalité que lui. Et pour ce seul geste, je lui suis reconnaissante.
Le Professeur Wilkes est un être bien plus complexe que je ne l’aurais imaginé. Il n’y a pas à dire, il n’a pas son pareil quand il s’agit de sauver toutes les apparences. Seulement ce jour-là, j’ai vu quelque chose de différent. Je crois avoir entraperçu son humanité. Celle-ci semble pervertie par sa soif d’ambition, oserais-je dire de revanche ? Mais quelle revanche ? Le mystère du Directeur, ainsi que vous l’appelez, s’épaissit. Je ne me décourage cependant pas : je percerai la faille parce que je le crois foncièrement seul. Cette solitude est-elle de son fait ? Je l’ignore, mais il y avait de la ferveur dans son discours. Son ton engagé, certain et parfaitement argumenté m’a séduite, à tort peut-être car j’ai une faiblesse certaine pour les discours qui ont un sens profond. Malheureusement, j’ai aussi fait l’erreur de lui révéler l’hypocrisie de mon professeur de métamorphose à son égard. Vous auriez dû voir son regard : la porte s’est refermée aussitôt et ses iris ont repris leur opacité. Il était blessé et je n’ai rien pu faire pour réparer mon erreur. Voyez-vous, c’est ce qui me fait penser que cet homme est seul et n’a pas la confiance facile. J’aimerais pouvoir faire quelque chose. Je ne suis cependant pas certaine que nos discussions l’apaiseront, si tenté qu’il me laisse à nouveau débattre avec lui. Je ne pourrai l’en blâmer si tel n’était pas le cas. J’essaierai néanmoins de lui tendre à nouveau la main, c’est le moins que je puisse faire pour me faire pardonner.

Il me faut justement vous raconter mon entrevue avec l’auror Benjy Fenwick. Il m’a fallu des heures, pour ne pas dire des jours, pour prendre du recul sur notre échange. En toute honnêteté et non sans quelques rougeurs aux joues, je dois vous avouer avoir fait preuve d’une grande insolence à son égard. J’aurais probablement dû m’en excuser, mais j’en suis pour le moment incapable. Son regard était lourd d’une tristesse sans fin, ses traits tirés de fatigue et de désespoir. Il semblait éteint, désabusé. Peut-être ai-je trop attendu de lui. Ses explications, Monsieur, m’ont mise hors de moi. Que je vous éclaire de ses propres mots : « Je suis un humain comme les autres ». Au regard des mensonges, au regard des choix opérés, au regard de son inaction, comment peut-il m’affirmer qu’il est homme avant tout. Cet aveu de faiblesse, dans une triste complainte, raisonne comme une fuite à mes yeux, alors que nous avons besoin des aurors, des êtres de bonne foi et au cœur bon, plus que jamais ! Comment peut-on reculer devant la charge qu’on nous incombe quand on a signé pour un métier aussi valeureux, risqué et parfois injuste qu’est celui d’auror ? Vous me demandez de garder de la miséricorde, Monsieur, et croyez bien que j’essaie vivement. C’est la raison pour laquelle je le soutiendrai face aux calomnies dont il ne cesse de faire l’objet. Enfant, j’aurai eu honte de mes propos à venir, mais puisque vous me considérez suffisamment adulte, permettez-moi d’être sincère quant à mon ressenti : je le trouve malhonnête. Bien qu’innocent, le Professeur Fenwick n’a aucune fois condamné la mort de cette mangemort. Il n’a fait que la valider par ses mensonges alors même qu’il m’a prétendu en être éperdument affecté. Pourquoi donc ne pas rappeler que tout être, quel qu’il soit, mangemort, auror, vampire ou créature, a le droit à une justice équitable, à un jugement qui l’aurait probablement et de nouveau conduite à Azkaban ? Pour quelle raison, Monsieur, n’a-t-il pas rappeler quand cela lui était possible, que la mort ne mène à rien et que cet événement reste tragique puisqu’une vie a été prise ? Comment pouvons-nous promouvoir un monde juste, si nous ne mettons pas tout en œuvre pour rappeler que cette justice est nécessaire pour l’équilibre du monde. Certes, cette femme était un danger et la survie de Monsieur Wilkes est une chance, mais je ne crois pas que le silence nous ait protégé de la vérité. Je crois, mon très cher ami, qu’il a causé une blessure profonde à la justice, car tous voudront tuer à leur tour, prétextant que ce ne sont rien d’autres que des mangemorts, des criminels.
Le Professeur Fenwick est un homme bon, je le sais, et quelque soit son sacrifice, je suis certaine qu’il est honorable. Pourtant, mon instinct me dit que ce n’était pas son choix. Autrement, comment expliquer les proportions de cette histoire, cette lâcheté que je n’aurais jamais cru chez lui ? C’est un homme, oui, mais être un homme n’est une fatalité que pour celui qui voit sa condition ainsi. Et selon moi, cette condition humaine ne peut excuser toute impuissance. Ce serait bien trop simple, vous ne croyez pas ? Je vous en prie, cher Monsieur, compromettez-vous encore une fois pour moi dans un jugement. J’ai besoin de vos lumières et de votre sagesse pour taire ma colère ainsi que ma rancoeur. Je l’estimais.
Quant à l’amour que vous me souligniez dans votre lettre, sachez qu’il a été démenti par ce même-concerné : il n’était question en réalité que d’un mensonge destiné à voiler la vérité. Voilà où nous en sommes.

[…]

Hélas ce n’est pas tout. Je redoutais des conséquences, elles sont arrivées quand tous nous avions la garde baissée. Peut-être alors comprendrez-vous davantage mes émotions si négatives et fermées concernant le Professeur Fenwick. Sachez que je vous écris de l’infirmerie. La nuit est tombée depuis longtemps maintenant. J’avais pourtant commencé ma lettre bien plus tôt, en milieu d’après-midi même. Devinez-vous ce que je m’apprête à vous conter ? A nouveau, je vous demande de bien vouloir pardonner mon émoi et surtout le tremblement dans mon écriture. Ô que j’aimerais vous voir ici dans cette pièce ! Les mots vont probablement me manquer, aussi je vais vous écrire simplement : Ronald Weasley, le meilleur ami de Harry Potter, et Kevin ont été capturés aujourd’hui même et menés dans un manoir dont j’ignore l’appartenance. Ils ont été torturés. Rien de mortel, Merlin soit loué, mais le choc a été suffisamment grand pour que je ne cesse de répandre mes larmes sur le parchemin. Présentement, les garçons dorment, bien au chaud dans leur lit grâce aux potions qu’ils ont reçues. Nous les veillons tous, à tour de rôle. Je ne peux me défaire du chevet de Kevin. Il n’a rien demandé à personne, il ne connaît qu’à peine Harry Potter, et voilà qu’il se retrouve en plein milieu d’une vendetta. Au mauvais endroit, au mauvais moment. Mais je n’ose imaginer les pensées qui fourmillent dans son esprit. Nous n’avons guère eu le temps de parler l’un à l’autre, néanmoins je devine que cette mésaventure l’a secoué. Heureusement, Mme Pomfresh m’a assuré que tout irait bien. Ronald seul risque de passer une mauvaise nuit. Le pauvre s’est retrouvé avec les jambes ramollies. Je crois déjà entendre les effets du Pouss’os. Ou alors est-ce les cris de sa petite amie qui continuent de raisonner à mes oreilles ? Je ne saurais le dire. Ce qui s’est passé ce soir me dépasse encore. Nous avons été les secourir avec le Professeur Fenwick et le Professeur Lupin grâce aux bonnes informations du garde-chasse. Si je n’étais pas si bouleversée, je trouverais cette coïncidence étrange, limite grotesque. Il a le regard bien trop sombre pour être un saint. Mais nous en discuterons un peu plus tard, une fois que j’aurai pris suffisamment de recul. Pour le moment, je n’ai de cesse de revoir leurs masques. C’était la première fois que je me trouvais confrontée à eux, aux mangemorts. Mes professeurs et ma camarade semblaient faire preuve de courage, mais moi, j’étais terrifiée au plus profond de mon être. Comment peut-on vouloir s’en prendre à des enfants ? Ont-ils l’âme aussi noire qu’ils le prétendent ? J’ignore comment j’ai pu arriver jusqu’aux garçons pour les secourir. L’adrénaline, probablement. Chaque image de cette soirée me hante. J’ai peur, Monsieur. Peur de l’avenir, de ce qu’ils ont fait à Kevin et Ron, peur des paroles qu’ils ont pu avoir, peur de les revoir. Ce n’est pas tout. Par-dessus-tout, j’ai eu peur que quelqu’un meure ce soir, chez nous comme chez eux. Heureusement (?) le combat se solda sur notre fuite. Je dis heureusement, mais je ne sais plus. Voir Kevin dans cet état, si fébrile, à la merci de la cruauté humaine … Je ne veux pas céder à la colère alors que je plaide pour la justice pour chacun. Car c’est bien à cause du manque de justice que nous en sommes là, n’est-ce pas ? Nous avons été fous de croire qu’ils ne se vengeraient pas. Fous de croire qu’un mensonge ridicule pourrait nous sauver des représailles. Ils ont cherché à sauver l’opinion publique au détriment des innocents ! Comment en est-on arrivé là Monsieur ? Ce soir, plus que jamais, j’aurais aimé vous avoir à mes côtés. Au moins là où vous êtes, vous êtes en sécurité, et cela m’apporte quelque réconfort.

J’entends Kevin bouger, je crois qu’il se réveille. Pardonnez que je vous laisse sur ces faits pour ce soir, ma lettre partira demain matin. Il me tarde d’avoir de vos nouvelles, une fois de plus. Prenez soin de vous et veillez à vivre, vous aussi.


Avec tout le respect et l’amitié que je vous porte,

Votre amie, Eléanor Branstone.
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MessageSujet: Re: Épanchement d'une adolescente à un ami lointain...   Épanchement d'une adolescente à un ami lointain... Icon_minitimeMar 21 Mai - 23:52

Février 97
Chateau Thököly de Késmárk
Transylvanie

Douce Eleanor,

Que vos mots font échos à mon quotidien ici. Vous parliez de portes ouvertes, figurez-vous que c'est tout un mur de mon château qui s'est ouvert aux quatre vents. J'eus pourtant, avant mon départ pour le nouveau continent, veillé à charger un drôle de s'occuper de mon bien, que ne fut ma déconvenue en apprenant que l'infortuné avait été mis en bière il y a de cela 20 ans, laissant mon domaine souffrir du manque de soin. Que le temps passe vite pour les mortels, mais me voilà ayant appris ma leçon, si d'aventure je devais quitter ma belle contrée, je prendrais gare à ne point livrer mon bien entre les mains d'un eunuque ou d'un infécond, de sorte que sa dette échoie à ses enfants. Voyez Mademoiselle comme l'on apprend à tout âge. En attendant, j'ai dû me résoudre à faire appel à ces roumains pour rebâtir les pierres. Je dois néanmoins reconnaître que ces gueux à trois noises travaillent bien et pour peu d'écus.

Il n'y a point d'adolescence pour moi, mademoiselle. Ceci est une invention de votre siècle destinée à repousser le temps où le marmot devient homme fait. Je vous sais assez mature pour ne pas vous laisser gagner par ce mirage, j'en veux pour preuve votre compassion à mon égard, fait typique des femmes accomplies capables de voir la beauté même au cœur du plus répugnant des chérubins grisâtres poussant son premier cri que nous autres hommes trouvons par nature repoussant. Votre foi en mon humanité en est une preuve supplémentaire, laquelle m'a été arrachée par Méphistophélès lui-même lorsque je fus emporté dans la demi-mort. Que j'avais belle allure du temps de mon vivant, je n'avais alors pas ce teint cireux, cette froideur dans mes membres, ces cheveux cartonnés et cette rudesse dans le regard. J'étais bel homme naguère, il était doux aux femmes de m'aimer, vous ne m'auriez pas reconnu. Je relis ces quelques phrases et me rend compte que je me laisse choir dans l'orgueil, veuillez m'en pardonner. Je disais donc, avant ces incartades, que votre compassion était inscrite tel un don dans les étoiles, votre prénom lui-même est bâti sur cette étymologie. Si votre colère vous pousse parfois à omettre votre miséricorde naturelle, je ne doute point que votre tempérance viendra à bout de vos emportements. Le temps venu, l’Angleterre pourra se sentir vernie de vous compter parmi les fieffés poudrés que l'on nomme magistrats.

Je suis hélas aussi peu apte que vous même à comprendre les élans amoureux qui font naître les sourires et le rose à nos joues, le temps et mon cœur froid m'en on fait oublier la saveur. Mais si je ferme les yeux et me concentre fort sur vos écrits, je puis me remémorer les avoir un jour goutté lorsque mon aimée eut acceptée l'hymenée et que mon père trouva sa dot suffisante pour faire de son ventre la matrice perpétrice de notre lignée. À ce sujet, je me propose de participer à votre propre dot si vos parents se révélaient en peine d'en proposer une suffisante pour votre Kevin, voyez cela comme le cadeau du père que j'aurais aimé devenir un jour.

J'ai lu votre lettre en entier, aussi ais-je bien pris connaissance du malheur qui a failli frapper votre jeune amour.
Sachez d'abord que je suis aise d'apprendre que vous n'aurez pas à rentrer dans le veuvage avant même vos épousailles comme je les moi-même éprouvé en mon temps. Il n'y a pas pire déchirure que de perdre le bonheur quand ce dernier est la promesse de demain. L'adage "au mauvais bourg, au mauvais jour" ne saurait être plus vrai, cependant si nous devions tous mériter notre sort alors nous aurions bien peu d'histoires à conter. Le hasard des rencontres est aussi capricieux que dangereux, je suis hélas correctement placé pour le savoir, mais je crois aussi à la destinée. Aussi cruelle soit-elle, je vois là une mésaventure venant tester et peut-être même forger le caractère de votre Kévin. Les épreuves peuvent nous rendre meilleur comme bien pire, aussi je ne puis que vous conseiller de veiller sur lui avec l'acuité et la bienveillance d'une maman. Le poussos est une abominable potion, mais vivre sans ossature telle de la gelée de fruit est bien pire. Voyez dans ces cris non la douleur d'un homme, mais la renaissance des os à la manière d'une porte poussant son dernier grincement avant que l'on vienne lui lubrifier les gonds.

Je crois, Miss Branstone, que l'aversion qu'éprouve les hommes pour d'autres hommes n'est rien d'autre que la peur de l'étranger, de la différence, de l'inconnu en somme. L'histoire nous apprend de bien sombres récits venant nourrir notre besoin de peur et de haine. Mon âge n'est point assez avancé pour m'avoir mis au cœur des inquisitions, mais j'ai vu les prémices d'une guerre contre les hérétiques aux Amériques, j'ai vu des hommes vouloir me mettre sur le bûcher (sentence amplement mérité je le crains), j'ai vu dans leurs yeux que leur terreur nourrissait leur haine et inversement. Je crois que la plupart des hommes souffrent inconsciemment de ces émotions et nourrissent leurs fantasmes contre cet autre à abattre qui leur permettrait de retrouver un esprit plus serein, pour autant qu'ils l'aient déjà éprouvé. Je crois qu'un nombre infime d'hommes ont le cœur profondément malveillant et trouvent dans ces brebis égarées plus que loup de quoi nourrir leur sombre dessein, quitte à pervertir des âmes qui auraient pu être sauvées.

Terminons ce pli sur des sujets plus terre-à-terre. Je suis enjoué de n'être plus le seul être à partager le secret du cœur bien dissimulé de ce maraud de Mr Wilkes. Vous rapprocher sur un sujet tel que les dragons ne m'étonne guère, je le crois plus enclin à se laisser attendrir par tout ce qui ne porte pas l'étiquette d'homme. Peut-être avez-vous trouvé un moyen de l'atteindre plus encore si c'est là une mission que vous voulez vous donner. Du reste, je ne les point côtoyé suffisamment longtemps pour répondre à ces mystères, j'eus seulement le bonheur de connaitre quelque peu la femme l'ayant porté dans son utérus, laquelle m'est toujours apparue charmante et courtoise. Je me permets de vous mettre en garde contre le don d'orateur de Mr le directeur, lequel je reconnais fort éloquent et toujours apte à s'adapter à son auditoire. C'est une qualité certaine autant qu'elle peut devenir dangereuse et faire d'un quidam le pire des infâmes. Méfiez-vous toujours de ceux aptes à conduire les brebis plus que des brebis elles-mêmes, comme je le disais tantôt. Je ne dis point que ses intentions sont foncièrement mauvaises, je dis simplement qu'il est sans doute capable de faire passer pour acceptable l’inacceptable si l'intérêt lui en fut porté, peut-être même est-il le premier des ouailles qu'il serait capable de séduire par son propre mensonge. Pour conclure, j'ose à peine porter cette idée à vos innocents yeux, mais votre observation rejoignant les miennes concernant Mr Fenwick me laisse présager que Mr le directeur ait pu désirer partager plus qu'une poignée de mains avec votre professeur de métamorphose. Je vous prie de ne point imaginer cette relation contre-nature, je ne saurais me pardonner si la pensée que j'émets venait à pervertir vos jolis yeux d'un voile d’obscénité.

Concernant Benjy Fenwick, homme que j'ai peu connu je vous le rappelle, être un auror ne fait pas de lui un sur-homme incapable de failles et d'erreurs, peut-être est-ce là l'idée qu'il a voulu vous signifier. Je vois avant tout de la maladresse dans son aveu commis auprès d'une personne, vous, en attente de guide et de soutien, et non ayant encore atteint la solidité d'un âge vous permettant d'être une béquille. Nonobstant, pour des raisons que je ne puis partager avec vous et j'ai espoir qu'une fois encore vous fermiez les yeux sur mes ellipses et mes silences, j'éprouve un sentiment particulier pour la mort tragique de Mrs Selwyn. Une mort est un drame, mademoiselle, ne pas mourir pourrait en être un bien pire. Je ne redoute point Azkaban, je n'ai plus d'âme à offrir, mais privée de celle-ci, je n'ose entrevoir le supplice que la menace de sa disparition jour après jour doit être. Dans votre pays, Miss, je m'octroie le droit de penser que la mort est la plus charitable des sentences. De surcroît, n'oubliez jamais qu'il s'agissait d'un acte de légitime défense, il y aurait eu au moins un mort ce soir-là, peut-être plus si cette femme seule en avait décidé du sort. Je le crois aisément perdu, prit entre la perte et le gain.


Je vous remercie pour les bons sentiments dont vous me gratifiez, mais ma geôle n'est ni ma personne, ni mon esprit, mon amie. Ma prison est le sang tari de mes veines.

Sanguini.
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