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 [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux

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Orcus Wilkes
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MessageSujet: [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux   [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux Icon_minitimeVen 12 Oct - 16:46

Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux

*Mercredi après-midi, une semaine après les événements, Orcus s'était posté derrière son bureau au ministère pour rédiger une missive. Il avait hésité toute la semaine, partagé entre le côté surréaliste d'avoir un rencard après tout ça et le besoin d'avoir un rencard après tout ça. Sa mère lui avait promis de l'anéantir, apparemment au regret qu'il ait eu la mauvaise idée de rester en vie, alors qu'il passe une soirée avec une moldue était à la fois d'une attirante ironie et d'une inquiétante irresponsabilité. Mais cette fois, il s’attela à la tâche et que tout soit prêt pour ce soir ne changerait rien à sa décision.


« Mademoiselle Naya,

Je suis au regret de devoir décommander notre rendez-vous car... Ma mère est folle. C'est une horrible harpie persuadée de valoir mieux que vous et moi réunis alors que sa seule réalisation en ce bas monde est d'avoir engendré ce qu'elle déteste le plus : moi. »



Bien entendu, il barra rageusement le tout, froissa le parchemin et le jeta vers la corbeille se situant sous le porte-manteau de l'entrée. Il rata allégrement le panier mais qu'importe, ne connaissant même pas l’existence du basket, y être abominablement mauvais ne pouvait pas atteindre sa fierté. Il souffla un coup et laissa sa tête basculer en arrière. Pourquoi se faisait-il autant de mouron pour un simple dîner d'ailleurs ? Que ce soit avec une moldue ne serait qu'une expérience de plus. Une simple expérience pour un homme curieux de tout. Il se leva pour avaler ses gélules qu'il fit glisser avec un verre de whisky, changeant pour la 37ème fois d'avis.



Quelques heures plus tard, fraîchement douché et habillé d'un costume d'un bleu plus sobre que la dernière fois, il transplana dans une ruelle en face du bar, un parapluie au-dessus de sa tête le protégeant d'une averse poissarde typique d’Angleterre. Il traversa la rue en quelques enjambées, l'estomac étrangement noué pour quelqu'un d'aussi flegmatique que lui. Il poussa la porte avec son dos tout en repliant son parapluie noir pour constater, un demi-tour plus tard, que la pièce était beaucoup plus bondée que la dernière fois. Il s'avança de quelques pas en cherchant Naya du regard, ne la distinguant pas derrière son bar.*
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MessageSujet: Re: [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux   [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux Icon_minitimeVen 12 Oct - 23:52

Orcus & Naya
«Deux lignes parallèles ne se croisent jamais. Sauf si elles sont faites pour se croiser.»
La semaine s'était écoulée à une vitesse ahurissante. Un sentiment d'euphorie avait perduré en elle le premier jour, ainsi que le lendemain peut-être. Mais les suivants, elle n'avait que très peu repensé au visage mystérieux d'Orcus. Naya avait en réalité fait ce qu'elle savait faire de mieux ; c'est-à-dire fuir ses tracas du quotidien grâce au travail. Tout moyen était bon à prendre pour s'occuper l'esprit et heureusement pour elle, -ou malheureusement, tout dépendait la manière dont on voyait les choses- le Zoo & Bar Club regorgeait toujours de différentes tâches à exécuter, même lorsque les clients venaient à manquer. La brésilienne avait adopté ce comportement pour ne pas avoir à remettre en question ce qui n'était rien de plus qu'un rencard, quelque chose à quoi elle avait droit, comme tout le monde. Certes, elle possédait des principes. Du genre, "ne jamais sortir avec un sorcier, jamais." Mais il fallait croire que ça lui était totalement sorti de la tête à ce moment-là. Pour une fois, la curiosité avait été beaucoup plus forte et elle n'avait pas envie de se blâmer pour ça. De grands rêves et de grandes espérances au sujet de l'amour, elle n'en n'avait pas. Son innocence et sa naïveté lui avaient été toutes les deux arrachées il y a de ça des années. Elle était du genre à vivre au jour le jour, sans se poser de grandes questions sur l'avenir. C'était ce qui laissait place à l'imprévu dans sa vie, dans ce cas-là, un imprévu interdit mais charmant. A partir de là, il n'était pas nécessaire de creuser les pourquoi et les comment davantage.

Lorenzo était resté totalement silencieux au sujet de l'existence d'Orcus, Naya en avait donc déduis que son passage s'était fais dans le dos de son cousin. Si l'idée de sous-tirer quelques informations à ce dernier l'avait sévèrement démangée, la jeune-femme s'en était tenue au silence pour ne pas avoir à se justifier. Cousin ou frère, surprotecteurs comme ils étaient, elle devinait qu'ils ne seraient pas franchement ravis d'apprendre qu'une exception à la règle était entrée dans sa vie. Si elle ne prévoyait jamais rien, eux appréhendaient tout. Sauf que cette décision lui appartenait. Celle-ci parmi tant d'autres.

[...]

Son congé était prit depuis la fin de semaine, mais un moldu était venu lui réserver le club la veille pour l'enterrement de vie de garçon de son meilleur-ami. Naya était donc revenue travailler à l'aube, plus pour rendre service que parce qu'on le lui avait demandé. Du personnel de confiance avait été engagé par Lorenzo pour l'occasion seulement elle avait beau les connaître tous, céder son bar ne la rassurait jamais vraiment. Elle y perdait tout ses repères ensuite. Malheureusement, il fallait savoir faire des concessions. A dix sept-heures, elle était rentrée chez elle pour se préparer. A dix-neuf heures, elle était de retour au club pour servir les clients dans sa tenue arborée pour l'occasion. Une robe couleur pastel, légèrement échancrée sur les cuisses. Dix-neuf heure trente, Lorenzo débarquait, visiblement décidé à la remplacer ce soir. Rapidement surpris, aussi. Ils étaient montés à l'appartement privé et une collègue ne tarda pas à les suivre pour lui annoncer qu'on la demandait au bar.

- Je suis une grande-fille, Lorenzo. Alors tu vas sagement rester ici le temps que mon rencard et moi soyons au moins dix rues plus loin, d'accord ?

Un sourire angélique plus tard, sans une parole de plus, la porte de l'appartement était franchie. Elle n'eut aucun mal à reconnaître Orcus patiemment assis au bar, derrière qui elle arriva finalement.

- Ponctuel, à ce que je vois. Je suis ravie de vous revoir. Allons-y, vous voulez bien ?

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MessageSujet: Re: [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux   [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux Icon_minitimeSam 13 Oct - 1:00

Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux


*Au bout de quelques interminables secondes, ne voyant toujours pas l'objet de sa venu poindre le bout de son nez, il avait fini par s'accouder au bar pour quérir de ses nouvelles. En attendant d'être dérangé et parce qu'il savait que les femmes aimaient se faire désirer, il commanda quelque chose qui pouvait s'avaler sur le pouce. C'est bien plus rapidement qu'il ne le crut que la demoiselle fit pourtant son apparition, il se retourna pour lui sourire, engloutit son verre et se leva.*

Ponctuel seulement quand il s'agit de prendre du bon temps, alors je crois qu'il y a plus de personnes en ce bas monde susceptible de se plaindre de mon retard que l'inverse. Et vous je vois que vous ne m'avez pas oublié ce qui est déjà flatteur en soi.


*Il referma sa veste et se dirigea docilement vers la sortie de l'établissement. Une fois devant la porte, il récupéra son parapluie et se tourna vers toi en fouillant une de ses poches.*

Il ne m'a pas été aisé de trouver un endroit où vous emmener qui ne soit pas chez les sorciers pour ne pas vous mettre mal à l'aise, pas chez les moldus pour éviter que je ne les mette mal à l'aise et de suffisamment surprenant pour que vous ne m'accusiez pas de publicité mensongère lors de notre première rencontre. J'ai trouvé, mais nous avons deux choix pour nous y rendre. Soit nous y allons à pied, c'est à environ 20 minutes, mais ça vous obligera à vous coller un peu à moi pour profiter de mon parapluie.

*Dit-il en omettant qu'il pourrait aussi le dupliquer.*

Soit je vous y emmène en une seconde, mais ça vous obligera aussi à vous coller à moi pour éviter le risque que vous tombiez malencontreusement dans le cratère d'un volcan en flamme ou au cœur d'une tribu anthropophage. Et vous devrez boire ceci.

*Il brandit alors une petite fiole couleur rubis devant ton nez.*

Bien que ça altérera un peu le charme fou que je dégage, je préfère être honnête pour éviter tout malentendu sur mes intentions. Ce n'est qu'une potion anti-nausée.

*Il leva un sourcil interrogateur en attendant ton verdict.*
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MessageSujet: Re: [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux   [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux Icon_minitimeSam 13 Oct - 19:47

Orcus & Naya
Lorenzo s'était enquis d'un nom, d'une profession, de n'importe quel indice susceptible de lui être donné par la brésilienne. Par habitude de tout contrôler, certainement pour avoir l'occasion d'en discuter avec Tiago et plus justement parce qu'elle n'était pas sortie avec qui que ce soit depuis une éternité. Il était difficile d'entretenir des amitiés en se vouant à un travail comme celui-ci et la famille savait de toute manière en principe suffire à Naya depuis que la plupart de ses relations s'étaient soldées par des échecs. L'avantage dans tout ça, c'était que la solitude lui pesait rarement à elle. Elle était assez heureuse avec son quotidien, ses clients, une vie peut-être modeste pour la plupart des gens mais qui avait longtemps été inespérée pour elle. La misère connue sur le long terme vous rendait rarement exigeant. Nonobstant, ce soir Naya n'avait qu'une seule hâte ; se changer les idées pour palier à un quotidien tranquille depuis trop longtemps maintenant.

- Je crois pouvoir m'estimer chanceuse à bien des égards alors, puisque vous êtes là également.


Elle rendit son sourire à Orcus et demanda au bar à ce qu'on lui fasse passer son trench couleur ivoire le temps qu'il termine son verre. Bien emmitouflée dessous, elle salua ses collègues avant de rejoindre la sortie avec lui. Il pleuvait toujours autant dehors, Naya grimaça un peu directement, déçue de voir que le temps ne jouerait pas en leur faveur aujourd'hui. Dans ces moments là la chaleur du Brésil lui manquait, quand-bien même il demeurait toujours celles des hommes, rarement aussi volontaires qu'Orcus en revanche. La mutinerie revînt rapidement sur ses lèvres alors que ses sourcils s'haussaient.

- Vous prétendez vouloir prendre du bon temps, et pourtant vous seriez prêt à gâcher vingt bonnes minutes de cette soirée. C'est d'une tristesse, non ?


Naya posa sa main sur celle d'Orcus pour qu'il abaisse le fiole au liquide étrange qu'il brandissait toujours sous son nez.

- Ce sera difficile de faire passer ça pour un extrait d'alcool ici, vous savez ?

Mais heureusement, elle n'eut qu'à jeter un regard aux environs pour voir que personne n'avait fait attention à eux. Puisque son verdict était donné, elle lui adressa ensuite un simple sourire avant d'ouvrir les portes, happée par le froid de l'extérieur. Le gentleman qu'Orcus était lui tendit son bras (n'est-ce pas ?) tenant de son autre main libre le parapluie sous lequel ils commencèrent à marcher.

- J'aime à croire qu'il y a en moi l'âme d'une aventureuse, mais je me dois aussi d'être tout à fait honnête avec vous, reprit-elle assez vite, comme par besoin d'éviter tout malentendu possible. Votre monde m'effraie un peu. Il me paraît vaste et je sais qu'il est hors de portée. Vous n'êtes que le deuxième sorcier que j'ai rencontré, pour ce que j'en sais. Et le premier avec qui je partage un parapluie,précisa-t-elle avec un demi-sourire. Vous pouvez voyager en une seconde, mais vous passez à côté des petits plaisirs simples de la vie.

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MessageSujet: Re: [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux   [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux Icon_minitimeSam 13 Oct - 23:45

Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux


*Il ne s'était pas posé de questions à propos de Lorenzo et ses potentielles interrogations concernant le prétendant du jour, il ne s'agissait que d'un dîner après tout. Et si son prénom était prononcé devant le protecteur cousin, aucun doute qu'il serait bien vite mis au courant par tes propres soins. Il avait de multiples réputations et à présent de multiples ragots courant sur son compte qui avaient fait de lui le sujet principal des commères du monde magique, entre autre pour une soi-disant liaison qui n'avait jamais été consommée. S'il évoquait de lui-même tous ces sujets, il perdrait la fascinante bulle que tu lui offrais, toi et ton monde ignorant de tout ce qui se passait au-delà du mur de briques se trouvant dans la cour du Chaudron baveur. Que tu le considères comme une toile vierge à laquelle tu ajoutais toi-même les traits le représentant, sans l'irruption d'un tiers, avait quelque chose à la fois de fascinant et d'intimidant. Et s'il en ressortait affreux, est-ce que cela voudrait dire qu'il était réellement une mauvaise personne ?

Sur le point de sortir, il se pinça les lèvres en regardant brièvement au plafond avec ironie.*

Vous pensez vraiment que je ne pourrais pas faire passer ça pour de l'alcool ? Pourtant, moins que quiconque vous devriez douter de mon pouvoir de persuasion, la preuve en est que j'ai réussi à vous faire accepter une sortie avec moi !

*Sourcils haussés, il hocha de la tête non sans une certaine fierté exagérée. Bourgeois, bien élevé, gentleman de fait, il te présenta évidemment son bras alors que le parapluie étendait sa toile au-dessus de leur tête. Il glissa la fiole dans sa poche, qui sait si tu n'en aurais pas besoin plus tard pour d'autres motifs ou pour une envie d'aventure.*

Cette expérience-là pourra être tentée une autre fois. Va pour la marche !


*Et pour niquer ses chaussures, mais ce que femme veut, Merlin le veut ! Ils s’enfoncèrent dans les rues d'un Londres qu'il connaissait si peu. Heureusement pour lui, le chemin était plutôt simple et parmi ses rares talents, on pouvait compter sur un certain sens de l'orientation plutôt utile pour un botaniste avide de découvertes.*

À vous il vous paraît grand et à moi si petit. On en fait vite le tour, croyez-moi. On y étouffe même. Vous avez sans doute raison, je passe peut-être à côté des plaisirs simples de la vie en me dirigeant toujours vers la rapidité dans ce quotidien pesant, mais est-ce vraiment le propre des sorciers ? Je crois savoir que de votre côté du monde, rares sont les personnes sachant encore considérer la simplicité de la vie. Ça me convient de laisser « mon » monde derrière moi... si vous acceptez d'être mon guide ? Enfin, ce soir il y aura un peu de magie malgré tout, vous me montrerez comment faire sans la prochaine fois.

*Une affirmation et non une interrogation, l'impertinence pouvait se montrer payant parfois.*
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MessageSujet: Re: [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux   [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux Icon_minitimeLun 15 Oct - 21:42

Orcus & Naya
Si certains événements relatés par les journaux avaient en grande partie contribué aux quelques préjugés que pouvaient avoir Naya au sujet des sorciers, ainsi que de leur monde, elle était aussi suffisamment impartiale pour savoir que quelque chose ne dépendait pas de la manière dont il était dépeint. Elle en avait la preuve avec Lorenzo, un homme foncièrement bon, qui évitait de faire de la magie devant elle depuis qu'elle avait révélé ne rien vouloir connaître davantage de son monde il y a de ça quatre années déjà. Il aurait donc été difficile de lui expliquer pourquoi et comment sa rencontre avec Orcus avait réussie à altérer à ses choix. Elle-même ne le savait pas. Et il était beaucoup trop tôt pour affirmer qu'elle était prête à changer sa décision. C'était une expérience des deux-côtés. Le monde d'Orcus était aussi nouveau pour elle que son monde à elle l'était pour lui. Ne pas en avoir appris d'avantage par le biais de Lorenzo allait lui permettre de profiter de ce moment comme elle l'aurait fait avec n'importe qui d'autre, mais aussi de se forger une nouvelle opinion.

- Certes...Vous m'avez eue !

C'était plus simple de croire que tout reposait véritablement sur le pouvoir de persuasion d'Orcus, d'ailleurs. Dès les premières minutes de marche, Naya fut bienheureuse d'avoir choisi d'arborer des chaussures fermées. L'eau n'était pas franchement son élément préféré, surtout lorsqu'elle était sous forme de pluie, mais cette concession valait mieux à ses yeux qu'un grand plongeon dans l'inconnu pour le moment.

- Ce n'est pas ce que je voulais dire. Je crois simplement que tout ce qui ne nous paraît pas simple à nous l'est pour vous. Vice-versa. Et vous avez raison, nous sommes malheureusement peu nombreux à savoir apprécier la vie sous sa forme la plus simple. En tout cas ici, en Angleterre, précisa-t-elle avec subtilité. Tout dépend des cultures à vrai dire. Au Brésil c'était très différent. Je ne savais rien de la magie avant de venir vivre ici, je crois que je n'y ai jamais vraiment cru non plus. Mon passé a fait de moi une personne plutôt terre à terre, feindre une fausse ignorance me permet de garder les pieds sur terre justement. Mais puisqu'on en est là, je crois que je ne suis pas si différente des autres et que j'en ai moi aussi un peu besoin.

Peu habituée à s'épandre en paroles à son sujet, le regard de Naya s'était voulu fuyant un bref moment. Pour Orcus ça ne passerait certainement que pour une observation de son environnement, de la ville qu'elle connaissait déjà comme sa poche en ce qui la concernait pour avoir passées de longues nuits d'insomnies à la visiter.

- Je serais votre guide et vous serez en quelques sortes le miens, j'imagine
, se contenta-t-elle de reprendre avec un charmant sourire qui allait devoir servir en guise d'acceptation tacite au sorcier. Pour qu'il y ait une troisième fois, il va falloir que vous me révéliez toutes ces choses à côté desquelles vous pensez être passé.

La brésilienne lui jeta un coup d'oeil en biais, un air latent accroché au visage alors que ses lèvres demeuraient étirées par un fin sourire. Une bourrasque de vent la fit grelotter et se raccrocher un peu plus fort au bras d'Orcus, dont elle pouvait aisément sentir la chaleur corporelle plus élevée que la sienne malgré leurs vêtements.

- Prendre le temps de marcher sous une pluie battante rien que pour apprécier ma délicieuse compagnie, ce sera déjà une chose de faite !
lâcha-t-elle subtilement comme pour excuser le fait au passage de s'être davantage raccrochée à lui.

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Dernière édition par Naya Caetana le Mar 16 Oct - 18:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux   [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux Icon_minitimeMar 16 Oct - 11:40

Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux


*Des devantures lumineuses, des affiches aux couleurs criardes, des moteurs vrombissant et des pneus crissant sur la chaussée, et c'était son monde que la jeune femme considérait comme hostile ? Orcus traversait toutes ces nuances de bruits et de couleurs, n'y jetant que quelques coups d’œils furtifs ici et là, il était ignorant de la plupart des mœurs des moldus, moins de leurs établissements ouverts à la nuit tombée.*

Ici en Angleterre, ou plutôt dans les villes, qu'elles soient d'Europe ou d'Amérique, quand la grandeur veut que tout aille trop vite, le pas de course devient notre quotidien et nous fait perdre l'essentiel. Mais le calme et le retrait font peur à la plupart des gens. Je confesse n'avoir jamais été aussi en harmonie avec moi-même que dans mes périples à l'écart du monde et pourtant, je finis toujours par me laisser happer à nouveau par le tourbillon des cités. Je crois pourtant continuer à aimer les petites choses de la vie, surtout la belle magie, celles que les autres boudent parce qu'elle leur semble inutile. Mais qu'y a-t-il de plus précieux que l'inutile ? Quant à ce qui est simple pour vous...

*Il pencha son visage vers le tien, arborant une mine dramatique.*

... vos gélules ont bien failli me tuer ! Rien que pour ce fait, vous me pardonnerez la magie de ce soir et je vous promets de ne pas en user d'avantage. Vous voulez que je vous détaille la liste de tous mes actes manqués, du plus insignifiant au plus terrible ? Vous voulez me rendre dépressif mademoiselle Naya ? Tenons-nous en à un ou deux à la fois au moins. Je n'aime pas beaucoup regarder en arrière, je préfère me concentrer sur le présent et le futur. Je ne crois pas qu'évoquer nos loupés nous aide à moins en souffrir, il n'existe aucun remède pour réparer ce que l'on rate. Mais l'on peut faire en sorte que le lendemain nous offre quelque chose de meilleur, vous ne croyez pas ? Comme une balade sous la pluie quand quelqu'un vous rappelle de prêter du temps à ce qui semble insignifiant.

*Il sentit ton frisson et ta main se refermer autour de ton bras. Il retira ce dernier pour le passer autour de tes épaules, partageant un peu plus de sa chaleur, lui aussi en regardant ailleurs. Ce geste n'était qu'un acte de charité bien entendu et les lumières artificielles des lampadaires la chose la plus fascinante qu'il ait vu depuis le début de la soirée. La tamise était toute proche, ils se dirigeaient droit sur le pont leur faisant face, Big Ben apparaissant au coin de l’œil, offrant une bonne diversion à son geste.*

Si nous hâtons le pas, nous y serons dans moins de 10 minutes.

*Son attention revint vers toi accompagnée d'un petit sourire en coin à ta plaisanterie.*

J'espère que vous définirez aussi ma compagnie de "délicieuse" dans une heure ou deux.

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MessageSujet: Re: [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux   [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux Icon_minitimeMar 16 Oct - 19:41

Orcus & Naya
Il avait fallut un réel temps d'adaptation à Naya pour s'habituer à Londres, à sa modernisation et à ses habitants. Elle était née du mauvais côté de la ville et même si elle avait eue l'occasion de visiter les parties les plus riches de Rio, les architectures, les cultures restaient différentes de tout ce qu'elle avait pu trouver à Londres. D'où ces fameuses insomnies qui lui avaient permis de visiter la ville à ses heures les plus calmes. Avec le temps elle était tombée amoureuse de l'âme qu'elle dégageait, en particulier la nuit. Lorsque la majorité de ses habitants étaient endormis. Naya était beaucoup plus sensible à certaines choses que la plupart des gens, beaucoup moins à d'autres. Et elle le devait au parcours qu'elle avait mené, une vie que la plupart des gens d'ici n'oseraient même pas imaginer. Pendant vingt ans, elle avait dû apprendre à vivre simplement avant de connaître ce quotidien beaucoup plus sûr pour elle, plus confortable. La brésilienne ne pouvait qu'adhérer au point de vue d'Orcus, qui sous-entendait finalement plus ou moins que tout était une question d'habitude. Il lui avait fallut s'habituer à cette vie modeste, quand la plupart des gens ne pouvaient se résoudre à la quitter.

Une moue à la fois surprise et amusée s'était accrochée à son visage à l'entente de la pseudo-accusation. Elle crut y déceler avant tout une volonté de la contraindre à accepter les futures prévisions du sorcier, mais son opinion à ce sujet était fait maintenant. Elle ne pouvait pas aller contre la nature de l'homme à qui elle avait dit "oui" pour le temps d'une soirée, alors elle était prête à faire quelques concessions. Quant au reste de ses paroles, elles lui arrachèrent même un petit rire. Visiblement, l'emploi de ses mots avaient été un peu trop forts et un peu trop prit au pied de la lettre.

- Je suis d'accord avec vous, il y a certains loupés que nous ne pourrons jamais changés et la liste est certainement longue pour tout un chacun mais...c'est précisément à ce genre de choses que je pensais. Vous n'avez pas besoin de devenir un livre ouvert aujourd'hui, je crois que je deviendrais d'un ennui terrible pour vous et c'est un échec dont je serais peu fière. Non...je pensais plutôt au genre de manqué comme celui d'une
brésilienne pure souche, n'ayant jamais eue la chance de pouvoir visiter la plage de Copacabana. Je pensais à ces choses à côté desquelles vous, je, passe chaque jour mais qui sont encore réalisables. Tant que l'on désire bien s'en donner les moyens. Ça laisserait la porte ouverte à pas mal d'autres "prochaines fois", vous ne croyez pas ?


Pour croiser le regard d'Orcus avec des yeux empreint de subtilité il lui fallut lever le menton, malgré les quelques centimètres gagnés avec ses talons. Vingt bons centimètres les séparaient encore, si bien que le bras qui s'était installé autour de ses épaules aurait pu lui permettre de se lover tout contre lui. Naya ne resta pas hermétique au contact puisque son bras à elle vint entourer la taille du sorcier pour profiter pleinement de cette bulle de chaleur qu'il lui offrait. L'apparition de la Tamise offrit la chance à ce moment d'être le plus authentique possible. Les lumières de Big Ben ainsi que du Tower Bridge transperçaient la nuit offrant ainsi à la brésilienne l'un de ses spectacles préférés. Duquel elle finit par se détacher en sentant à nouveau le regard d'Orcus sur elle.

- Gardons le mystère jusque là, dans ce cas.




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MessageSujet: Re: [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux   [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux Icon_minitimeMar 16 Oct - 22:28

Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux


- Si ça peut vous consoler un peu, je ne l'ai pas visité non plus. Je ne suis pas très eau, je trouve les maillots masculins peu élégants.

*Dit-il sur un ton ironique, même s'il y avait un brin de vérité dans ce triste constat vestimentaire.*

- Je ne veux pas vous rendre triste, alors si vous voulez esquiver par une pirouette, je ferai comme si de rien était. Mais comment une jeune habitante de Rio de Janeiro a pu ne jamais poser un pied sur le sable de Copacabana ?


*Ils entamèrent la marche sur golden jubilee bridges, le passage sur la passerelle les exposants un peu plus au vent à présent qu'il n'y avait plus aucun bâtiment pour les abriter. À cette heure, ils étaient loin d'être les seuls, nombreux étaient les touristes venus profiter de ce point de vue nocturne sur la ville. L'effervescence du lieu rendait Orcus un peu moins nerveux, il n'était pas très à l'aise lorsqu'il se trouvait trop proche d'axe routier trop fréquenté, d'ailleurs qu'il n'est pas proposé l'option "taxi" n'était pas un hasard. Il était monté dans une voiture une fois, il avait trouvé le voyage bien plus incommodant que le transplanage, on pouvait seulement reconnaitre à ce mode de transport qu'il était toujours plus confortable que les manches à balais pour les parties intimes.

Si Naya et son monde était un mystère, celui de l'issu de cette soirée d'autant plus. Au moins laissait-il ses problèmes de côtés pour le moment.*

- Suspens, suspens ! J'exigerai un compte rendu détaillé sur le supplice que je vous aurai fait vivre, qu'il me serve d'apprentissage au pire.


*La tamise derrière eux, il prit l'option de suivre le quai et d'éviter le parc, trop boueux par ce temps. Il voulait bien tremper ses chaussures, mais il y avait des limites que des richelieus en cuire d'hippogriffe ne devaient pas franchir. Quelques minutes plus tard, il accélérait encore le pas en s'approchant de l'arrière du bâtiment hébergeant depuis peu l'aquarium de Londres. D'une pression du bras, il te guida près d'une issue de secours abritée par un auvent qui lui permit de replier son parapluie. Il allait appliquer sa paume sur la serrure pour user d'un alohomora quand il se souvint de sa promesse. Dans un soupir, il frappa finalement à la porte.*

- Piñata ? Piñata, c'est Orcus Wilkes, pourriez-vous m'ouvrir s'il vous plait ?

*Il attendit. Frappa encore. Attendit à nouveau non sans exprimer une certaine gêne. Il se pinça l'arrête du nez en fermant les yeux et se tourna vers toi pour s'excuser.*

- Piñata est un elfe libre depuis le décès de son maitre resté sans héritier. Bien qu'il ait trouvé une place de concierge dans mon immeuble, il est resté... comment dirais-je... maniaco-dépressif depuis sa libération. Pour qu'il accepte de se charger de l'organisation de cette soirée, j'ai dû promettre de ne pas le payer et de me conduire en Maître. Ne prenez pas ce qu'il va se passer pour une démonstration de mon caractère et...

*Il baissa la voix pour énoncer sa requête.*

- Si vous pouviez vous montrer dure avec lui, cela nous aiderait grandement.

*Un hochement de tête convaincu et il se retourna pour tambouriner à la porte avec plus de force.*

- PIÑATA ! OUVRE TOUT DE SUITE ESPÈCE DE PETITE RACLURE DE FOND DE BIDET !

*Dans les secondes qui suivirent, un vieil elfe au nez porcin et aux oreilles pleines de poils gris ouvrit la porte, un sourire aux lèvres.*

- Oui Maître...
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MessageSujet: Re: [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux   [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux Icon_minitimeJeu 18 Oct - 16:17

Orcus & Naya
Apparemment, elle n'aurait pas de réponse maintenant. Même pas une toute petite. En ré-accordant son attention à la ville, Naya se laissa pour la première fois aller à une totale contemplation pour dissimuler sa mine d'abord peut-être un peu déçue. Elle était redevenue beaucoup plus évasive lorsqu'il fallut préciser les raisons de ce manqué.

- Nous habitions assez loin de Copacabana. Mon frère me faisait donc me contenter des petites plages.

Son visage légèrement tourné dissimula le léger froncement de ses sourcils au sorcier. Elle avait essayé de se rappeler d'un souvenir de ce genre, mais la vérité c'était qu'elle n'en n'avait aucun. Tiago avait travaillé très tôt et ce sans jamais s'arrêter. Sauf pour manger et dormir, ou bien en cas de maladie. Travailler à l'infirmerie des favelas lui avait permis de passer de longs moments avec son frère que la brésilienne n'avait pas toujours eue la chance de pouvoir partager avant. Bien-sûr, il leur était arrivé de faire quelques balades, mais leurs parents acceptaient rarement qu'ils quittent le village et n'appréciaient même guère qu'ils s'y aventure. "Le danger rôde partout" était pratiquement devenu un adage pour Naya, quand bien-même ça ne lui avait pas permis d'éviter éternellement le pire. Sur toutes les plages magnifiques du Brésil, bordées par des mers desservies par l'Atlantique Sud, on lui avait donné en guise de surnom le nom d'une baie, la baie du Guanabara, comptée parmi l'une des plus polluées aujourd'hui. Douce ironie. Mais c'était une image plutôt éloquente de son passé qu'elle n'était pas encore prête à révéler en entrant dans les détails.

- J'y réfléchirai. Il serait dommage de prendre la peine de vous rendre plus averti si cela ne me profite pas.

En tournant finalement de nouveau la tête pour lui décocher un sourire mutin, les souvenirs du passé furent relégués aussitôt à leur juste place. Pressée de pouvoir se mettre au chaud, le reste de la marche se passa sous un silence pour autant agréable. Elle n'était toujours pas certaine de savoir à quoi s'attendre et quand bien-même elle parvenait plutôt bien à le dissimuler, une certaine boule d'appréhensions restait accrochée à son estomac. La passerelle fut passée, ce après quoi ils arrivèrent à l'arrière d'un bâtiment qu'elle ne donnait pas l'air de connaître.

- Piñata ? demanda-t-elle l'air aussi perplexe qu'amusée. Un...elfe ? Je vois...

Là, elle était officiellement perplexe. S'il y avait bien certaines choses du monde des sorciers qu'elles ne connaissaient pas encore, les créatures magiques en faisaient assurément parties. Pourtant, elle s'arma d'un sourire agréable et d'autant d'impassibilité que possible. Très difficile à garder, d'autant plus lorsque la créature ouvrit finalement la porte. Elle, être dure ? Avec...ça ? Sa première réaction fut de grimacer, mais elle culpabilisa rapidement et rattrapa le tout avec un sourire poli, oubliant momentanément la requête d'Orcus.

- Bonsoir Piñata, avait-elle lancé d'un ton doucereux avant d'aviser la réaction du sorcier. Tu...tu en as mis du temps pour ouvrir à ton Maître ! tenta-t-elle alors de rattraper avec une sévérité peu convaincante. Bien décidée à ne pas rendre ce moment plus embarassant, elle força le passage, bousculant un peu la créature afin d'entrer à l'intérieur. Après tout, honneur aux dames !



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MessageSujet: Re: [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux   [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux Icon_minitimeSam 20 Oct - 0:22

Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux


C'est peut-être parce que ce n'était pas le moment pour vous de vivre ce que vous aviez à expérimenter sur cette plage. J'aime croire au destin, c'est sans doute une simple facilitée de me part afin de m'éviter de longues et douloureuses introspections, mais je me dis que les loupés n'en sont pas vraiment, que ce que nous faisons arrive, ou n'arrive pas, pour une bonne raison. Peut-être que dans quelques années, vous poserez vos pieds à Copacabana pour y vivre un instant vraiment mémorable que vos expériences passées auraient gâté si elles avaient eu lieu. Vos ratages d'autrefois ne rendront l'instant que plus magnifique.

*Quelques minutes plus tard, il te laissait passer devant lui le pas de la porte, enfin à l'abri des intempéries qui faisaient le quotidien de ce coin d'Europe. Il te suivit de près et te repassa devant pour enlever sa veste et ouvrir la marche. Il brulait d'envie de te poser plus de questions concernant ton enfance, notant que tu ne mentionnais que ton frère jusque-là, mais un premier rendez-vous se terminait rarement bien lorsqu'on se montrait trop inquisiteur. Fidèle à lui-même, le nez regardant toujours devant lui et faisant preuve d'une patience pouvant parfois passer pour du désintérêt, Orcus poursuivit comme si de rien n'était.*

Vous êtes cruelle ! Ainsi donc, vous me laisseriez éternellement être un goujat ?


*Plaisanta-t-il en tendant son manteau à l'elfe. Il posa alors ses yeux sur le petit être. Piñata, habituellement dépressif sauf quand il reniflait un peu trop longuement les plants de Mandragore dans la serre d'Orcus, avait les yeux agrandi d'excitation et un sourire jusqu'aux oreilles révélaient des chicots pourrissants et mal alignés. Ses deux petits bras tendus pour recevoir les manteaux, il agita même les oreilles de félicité quand, soucieux de pousser l'expérience, le botaniste lui jeta sa veste sans ménagement. Un sourcil arqué de perplexité, même pour lui, il eut du mal à détacher son regard de la créature visiblement aux anges.*

Il devrait se faire discret si nous ne le sollicitons pas.

*Il t'offrit un sourire qui se voulait rassurant, mais un peu trop précipité pour être pleinement convainquant. Ils étaient entrés par une issue de secours donnant sur le côté coulisse, mais déjà une odeur d'humidité et de poisson caractéristique de ce genre de lieux venaient se manifeste sous leurs narines. Il attendit que tu le rejoignes et traversa les coulisses faiblement éclairées. Pas de lumos, aucune idée d'où se trouvait les interrupteurs (ni même ce qu'était un interrupteur !), il fallait faire avec. Il te tendit à nouveau son bras et se mit en marche, les petits pas de l'elfe pieds nus les talonnant de près.*

J'espère que ça vous plaira. L'un des avantages d'être sorcier, c'est qu'il est aisé de pénétrer par effraction chez les moldus. Vous voyez, tout n'est pas négatif !

*Il lança un petit regard en arrière avec inquiétude toutefois, il n'avait pas pu lancer le sort repousse-moldus. Il n'y avait plus qu'à espérer que le pavot qu'il avait fait ingurgiter au gardien des lieux seraient suffisamment puissants pour le maintenir endormit quelques heures durant, où qu'il se trouve... Orcus était, au fond, quelqu'un de bien, ça ne signifiait pas qu'il était tout à fait honnête. Bref, il passa une nouvelle porte battante dissimulés par un décor de récif en plastique véritable, lequel débouchait enfin sur l'entrée du tunnel à requins avec, en son milieu, deux chaises et une table recouverte d'amuses-bouches de toutes sortes en guise de repas, histoire que les chaises ne servent que si la demoiselle souffrait vraiment d'un affreux mal de pieds. Située juste à côté, une desserte comprenait tout le nécessaire à l'élaboration de cocktails. Il te laissa à nouveau lui passer devant.*

J'espère que vous ne trouverez pas ça "trop". Auquel cas je confesse souffrir parfois de ce mal qu'on appelle "la prétention".

*Il attendit ton verdict en essayant d'arborer son expression faciale la plus innocente. Faute avouée n'est-elle pas à moitié pardonnée ?*
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MessageSujet: Re: [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux   [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux Icon_minitimeDim 21 Oct - 4:08

Orcus & Naya
Le cumul de hasards successifs ne fait pas un destin, tout au plus une maigrichonne fatalité. C'était une phrase qui aurait parfaitement bien décrit l'état d'esprit de Naya quelques en années en arrière. Croire au destin, après la vie qu'elle avait menée, aurait été bien triste. Elle avait longtemps été trop modeste pour s'imaginer avoir une quelconque destinée, ce qui était d'ailleurs toujours plus ou moins le cas aujourd'hui. Elle n'avait pas vraiment d'avis sur la question, la jeune-femme se laissait porter par le vent et ne s'étendait que très rarement sur ses états d'esprits. La brésilienne avait prit l'habitude de s'occuper, de se soucier et d'écouter les autres avant de penser à elle. Et elle était devenue réservée sans même s'en rendre compte. Elle avait fini par s'oublier en rendant les souvenirs de son passé plus beaux qu'ils ne l'étaient réellement, encore une fois plus souvent pour les autres que pour elle-même. Sa peau basanée et son accent discret évoquait l'exotisme dont certaines personnes rêvaient. Aucun d'entre eux n'imaginait que si ses yeux brillaient autant, ce n'était pas grâce à son passé, mais bel et bien à son présent. Elle n'avait donc dit mot sur la question. Seul le sourire apparu aux commissures de ses lèvres, à moitié approbateur, avait parlé pour elle.

La température était déjà beaucoup plus agréable à l'intérieur. Il fut difficile pour elle de distinguer quoi que ce soit dans la pénombre, d'autant plus que le lieu lui semblait assez neutre pour le moment.

- Éternellement ? Là, c'est vous qui êtes dur avec vous-même.


A nouveau guidée par Orcus, Naya avait souri une nouvelle fois avant qu'ils n'arrivent devant une porte. Le genre qu'on ne voyait pas partout et qui piqua davantage sa curiosité, même si elle paraissait être encore assez troublée par l'elfe. Elle lâcha le bras du sorcier pour pouvoir retirer son trench et le tendre à la créature également. Elle avait la sensation qu'il valait mieux pour elle qu'elle ne se pose pas trop de questions, comme elle l'avait toujours fait. Au sujet de ce sourire étrange et de bien d'autres choses. Ils reprirent la marche et les nouvelles effluves ne tardèrent pas à parvenir jusqu'à Naya. Si elle commençait à se faire de petites idées grâce aux paroles du sorcier et d'autant plus devant cette porte battante à l'apparence assez explicite, elle n'aurait jamais songé avoir juste jusqu'à ce qu'ils l'aient passée. Elle fut aussitôt happée par la beauté des eaux. Un requin passa au dessus d'eux au même moment, lui arrachant une mine ébahie avant qu'un doux rire aux tonalités quasiment insouciantes ne franchisse ses lèvres. Il parut évident à ce moment-là qu'elle n'avait encore jamais rien vu de tel. Après de longues secondes de contemplation elle avait fini par se tourner à nouveau vers Orcus, l'air plus rayonnante que jamais depuis leur rencontre.

- La prétention, hum ? Qui suis-je pour m'en plaindre ce soir ?  

Les traits de son visage se voulurent énigmatiques avant qu'elle ne fasse une nouvelle fois volt-face pour s'avancer jusqu'à la desserte afin d'aller y découvrir les différentes bouteilles. Certaines étiquettes ne lui étaient pas étrangères, mais d'autres...Ses yeux balançaient de temps à autres sur les différents requins qui passaient tout autour d'eux, Orcus l'avait rejointe sans trop tarder lorsqu'elle se tourna finalement vers lui avec une bouteille en main.

- Du whisky...Pur-Feu ?
demanda-t-elle alors, un sourcil haussé. Se pourrait-il que vous ayez été bien trop poli pour m'avouer que mon cocktail était un peu trop fade pour un homme tel que vous ?




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MessageSujet: Re: [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux   [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux Icon_minitimeMer 24 Oct - 20:52

Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux


*Rarement nerveux par nature, Orcus se mordillait pourtant l'ongle du pouce alors que tu t'éloignais de lui pour observer le lieu, ce n'est que lorsque ton rire retentit qu'il s'autorisa à sourire de soulagement. Finalement, les moldus n'avaient rien contre un peu de théâtralisation eux aussi. Il cessa de malmener son doigt pour se remettre doucement en mouvement et lever les yeux à son tour. Il n'était jamais entré dans ce genre d'endroit non plus, ni dans aucun autre lieux de loisirs moldus d'ailleurs. Pour lui, l'offre de divertissement se cantonnait aux opéras, aux concerts des quelques groupes se ressemblant tous, aux cabarets et aux bars. Avec cette nouvelle découverte, il devait bien reconnaitre que contrairement à l'idée commune que l'on s'en faisait de son côté du monde, les sans-magies ne manquaient pas de créativité. Il prit le temps de faire une révérence puis se rapprocha de toi.*

Ouf tant mieux, j'aurais grande peine à me corriger sur ce point !

*L'attention fut ramenée sur la desserte et tes premières interrogations sur l'alcool le plus célèbre d'Angleterre. Il te prit la bouteille des mains pour en retirer le bouchon et t'en faire humer le parfum.*

Rassurez-vous, il n'est ni question de fadeur... ni de vous faire cracher du feu. Il porte ce nom car on dit qu'en boire allume en nous une flamme de courage. J'avais un camarade de classe à Uagadou qui était tellement stressé qu'il en buvait toujours un verre avant de passer un examen. Je ne suis pas certain qu'il ait eu son diplôme malgré tout.

*Il haussa les épaules.*

Vous gouterez et vous me direz si vous sentez une différence ? Cependant, je ne vous conseille pas de commencer par quelque chose d'aussi fort. Je vous ramènerai chez vous comme un véritable gentleman, mais j'aimerais autant que ça se passe un peu plus tard dans la soirée. D'ailleurs, chose promise, chose due !

*Comme au club, il commença par retirer sa veste et retrousser ses manches, il était temps de trinquer en fabriquant le cocktail signature qu'il t'avait promis. Il versa d'abord un fond de glace bleutée sur lequel il versa quelques centilitres de dragon barrel brandy, le cognac des sorciers, auquel il additionna une dizaine de gouttes d'une liqueur de cigüe, fruit de son propre travail et qui avait la particularité de posséder une faible propriété planante. Le mélange avait une teinte violette pas si étonnante que ça jusqu'à présent. Il versa le tout dans un shaker qu'il secoua énergiquement, lorsqu'il reversa le mélange dans les deux verres, la teinte était passée à un rouge vif qu'il dilua avec du soda de branchiflore. Il tint alors le cocktail au niveau de tes yeux, prit une pincée d'un mélange de 28 épices sorcières qu'il leva au-dessus du verre d'un geste ample avant de les saupoudrer en claquant ses doigts, faisant prendre feu le dessus du verre. Lorsque toutes les flammèches s'éteignirent, le liquide était doré et pailleté. Il te le tendit alors avec un petit sourire satisfait.*

Prétentieux je vous disais. Celui-là me ressemble.

*Il répéta l'opération pour le sien et trinqua alors.*

A vous, vos bons soins et votre courage.

*Il fit mine de porter le verre à ses lèvres avant d'ajouter.*

Votre courage pour le boire, pas pour avoir accepté mon invitation bien-sûr.
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MessageSujet: Re: [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux   [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux Icon_minitimeVen 9 Nov - 20:32

Orcus & Naya
Le sourcil de Naya ne s'était pas abaissé jusqu'à ce qu'Orcus lui prenne la bouteille d'entre les mains. Elle crut reconnaître quelques effluves au milieu de toutes celles qui lui étaient étrangères, le nez au dessus du goulot. La jeune-femme s'était prit de passion pour son travail en réalisant qu'il existait au moins un million de possibilités gustatives différentes avec les cocktails. Il suffisait d'être d'un naturel curieux, d'avoir le goût du risque et une certaine sensibilité aux saveurs pour être capables de distinguer tout de suite celles susceptibles de mieux se marier entre elles. Elle n'était pas indifférente à l'idée de pouvoir découvrir de nouvelles choses aujourd'hui. L'endroit lui prouvait qu'elle avait de toute manière officiellement plongé pieds joints dans un univers qu'elle s'était jusqu'ici évertué à fuir. Visiblement, elle peinait toujours à résister aux charmes de l'interdit.
Ses lèvres s'étaient à nouveau étirées d'amusement aux confessions du sorcier. Elle ne savait pas vraiment si elle devait croire qu'il s'agissait là réellement des propriétés de cet alcool mais fidèle à elle-même, elle se garderait bien de ne pas laisser sa curiosité faire trop de débordements.

- Je n'y manquerais pas mais je vais m'en tenir à vos bons conseils pour le moment, j'aimerais autant me souvenir de cette soirée !

Elle observa Orcus d'un air légèrement curieux ensuite, un sourire mutin accroché aux lèvres jusqu'à ce qu'elle  comprenne qu'il était temps pour elle de jouer la cliente et même l'ignorante dans ce cas-précis en se contentant d'observer. Chaque étiquette portait un nom plus étrange que la précédente, mais les recettes ne semblaient pas si différentes en soit. En tout cas la préparation lui parut plus que raisonnable, jusqu'au moment où les épices furent ajoutées et que le dessus du verre se mit alors à prendre feu. Naya appréciait particulièrement offrir ce genre de spectacle lorsqu'elle était au club. S'en suivait toujours des exclamations d'émerveillement dans la salle pour quelque chose qu'ils avaient déjà tous vus au moins une fois dans leur vie. C'était le genre de vision dont on ne se lassait pas, particulièrement dans l'euphorie du moment sans doute. Mais c'est lorsque le liquide doré à l'intérieur du verre se mit à briller de mille feux une fois ce dernier éteint que la vraie magie opéra.

- C'est magnifique,
se contenta-t-elle tout d'abord de lâcher en saisissant le verre qu'elle continua d'observer pendant qu'Orcus commençait la préparation du siens. Vous me ferez pourtant difficilement croire que c'est ce cocktail que vous avez pour habitude de boire, seul, dans votre salon.

La mutinerie était revenue sur son visage lorsqu'elle trinqua avec le sorcier, les yeux toujours rivés sur le liquide doré qui glissait doucement contre les parois de son verre. Son regard brillait d'une lueur espiègle lorsqu'elle porta ces dernières à ses lèvres, silencieuse et prête à soumettre la moindre critique, ne serait-ce que pour taquiner Orcus.

- Il m'en a pourtant fallut tout autant, je crois. Mais dans les deux-cas, j'ai agis sans même réfléchir. C'est une erreur, vous pensez ?

Volontairement silencieuse quant à un quelconque avis pour le moment, elle prit le temps de prendre une seconde gorgée, plus grande que la précédente afin de profiter des saveurs du cocktails. Un certain goût âcre lui restait sur la langue, sans doute provoqué par la liqueur de ciguë qu'elle ne connaissait pas. C'est pourquoi elle prit son premier amuse-bouche du côté des desserts en commençant à s'aventurer un peu plus loin dans le tunnel.

- Continuons la visite, vous voulez-bien ? Je n'ai encore jamais eu le loisir de visiter ce genre d'endroit. Je pouvais difficilement espérer mieux que d'avoir la chance d'en profiter de manière privatisée. Vous marquez quelques points avec ça, profitons-en !
lâcha-t-elle en tournant de moitié son visage derrière elle, le regard et le sourire autant subtil l'un que l'autre.

S'il prétendait être prétentieux, Naya comptait bien essayer de savoir jusqu'à ce quel point en jouant un peu.






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MessageSujet: Re: [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux   [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux Icon_minitimeMar 13 Nov - 0:43

Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux


- Ça, c'est ce que vous imaginez. Soit, comme bon nombre d'entre nous je me dirige souvent vers la facilité, un verre d'hypocras ou de vin des Vélanes au retour du travail font souvent l'affaire, mais vous apprendrez qu'il trône dans mon salon un imposant bar et que les bouteilles comme le plateau du meuble prouvent que j'aime en user... sans en abuser, je reçois rarement, question de pudeur sans doute. Et vous, quel alcool aimez-vous boire pour vous réconforter quand vous vous retrouvez seule chez vous ? À moins qu'ouvrir des bouteilles pour vos clients toute la journée vous ai gâché ce vice ?  

*Il goûta à son cocktail en même temps que toi. Aucune appréciation ne franchit ta bouche, mais tes lèvres y replongeaient déjà ce qui rendit le suspens pas si insupportable que ça. Il abaissa son verre qu'il conserva à la main quand il fut prit d'un léger rire.*

- Qu'est ce qui serait une erreur ? D'oser vous aventurer en terre inconnue ? La vie est d'un ennui, autant ne pas refuser le peu de piquant qu'elle nous offre. Quant au courage d'être ici, j'espère que c'est ma nature qui vous fait dire ça et non mon abominable personnalité... Alors que je fais de mon mieux pour paraitre sous mon meilleur jour. Que risquez-vous en ma compagnie ? Au pire, que je vous barbe suffisamment pour vous contraindre à inventer une excuse afin de vous éclipser au plus vite. J'en ai toute une panoplie en réserve pour me sortir de ce genre de mauvais pas, je peux vous la partager au besoin, dit-il avec un sérieux exagéré. Vous voyez, peut-être suis-je barbant, mais surement pas une menace. Et de mon côté j'ai osé avaler vos gélules en évitant de trop réfléchir à ce qu'elles pouvaient contenir, chacun de nous a pris un risque, avec un peu de chance ils seront payant.

*Il entamait un enchantement pour faire léviter un plat, mais se stoppa lorsque ce dernier commençait à peine à se soulever de deux centimètres. Les habitudes avaient la vie dure. Il se tourna alors vers Piñata qui se tenait en retrait, une serviette de serveur entourant son bras malingre.*

- Piñata, prurit de Scoutt à pétard, fais un assortiment et porte nous le plat. Et sans magie !

*Le regard de l'elfe s'écarquilla encore plus de joie, à croire que ses globes oculaires allaient bientôt sortir de leurs orbites. Le bonheur intense d'être (faiblement, pour un elfe) rabroué lui donnait un faux air d'otarie sous acide. Le botaniste put alors reporter toute son attention sur sa convive, les iris brillants d'une malice dont on ne pouvait ignorer la nuance d'arrogance.*

- Il n'y a guère que la lune que je ne pourrais vous privatiser, mademoiselle.

*Prétentieux oui, il n'y avait pas besoin de beaucoup insister pour qu'il morde à cet hameçon. Il s'enfonça dans le tunnel et saisit un guide dans un présentoir qu'il déplia non sans quelques difficultés.*

- Alors, voyons où nous pourrions aller... Vous êtes plutôt branchée poissons clown ou pingouins ?
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MessageSujet: Re: [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux   [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux Icon_minitimeLun 19 Nov - 20:26

Orcus & Naya
Si elle avait espéré créer un peu de mystères en ne prononçant aucun avis à voix haute au sujet du cocktail, Naya s'était finalement trahie seule en prenant la seconde gorgée un peu trop tôt. C'est qu'il résidait au fond de son estomac une boule de nervosité persistante, qu'elle espérait bien pouvoir faire disparaître avec ce premier verre. Elle refusait de perdre contenance devant le sorcier après s'être mise elle-même dans cette situation. Il y avait tant de choses qu'elle ignorait sur le monde dont Orcus, ainsi que son cousin Enzo faisaient partis. Ce soir, c'était les plus insignifiantes d'entre elles qui le lui rappelaient. La brésilienne n'avait encore jamais entendu parler d'hypocras ou de vin des vélanes, pourtant face aux confessions du sorcier elle ne put s'empêcher de sourire une nouvelle fois. Bien-sûr qu'il connaissait la simplicité, pour autant, elle n'avait qu'à observer la créature qui se tenait toujours dans la même pièce qu'eux pour savoir qu'ils n'auraient certainement pas la même manière de la définir.

- Grand dieu non, sourit-elle. Vice est le mot parfaitement adapté pour ça, je crois. J'ai décidé il y a longtemps de ne pas avoir de bar dans mon appartement par crainte de finir par confondre travail et maison mais ça m'a rendue très férue des vins français alors je crois que ça a été une bonne chose, finalement. Les vins de Bordeaux et de Bourgogne sont mes préférés. Vous vous y connaissez un peu, où les sorciers ont-ils vraiment leurs propres vignes de...vélanes ?

Ignorante, c'était le mot. Sa tête légèrement penchée sur le côté en attendant une réponse ne pouvait que continuer à parfaitement en attester. Elle allait connaître ce qu'Orcus avait vécu lors de leur première rencontre en demandant un "happy hour" en guise de cocktail, une chose qu'ils revivraient sans doute s'ils revenaient à se voir puisqu'ils étaient finalement aussi ignorants l'un que l'autre. Ils partageaient peut-être le même monde mais assurément pas la même vie, toutes ses perspectives de découvertes attiraient Naya autant qu'elles continuaient à la rendre nerveuse en son fort intérieur. Une sensation qu'elle commençait déjà à détester. Suffisamment présente pour qu'elle ait choisi de reprendre une troisième gorgée, bien que plus courte que les précédentes.
Si elle avait posée cette question, ça n'avait pas été de manière anodine. Elle tenait à entendre la réponse d'Orcus face à une question assez métaphorique pour paraître bien venue, et en même temps assez directe pour lui permettre de se forger un opinion temporaire du sorcier. Visiblement assez convaincant puisqu'il était parvenu à lui arracher à nouveau un sourire, à deux reprises.

- Je n'ai nulle crainte à ce sujet, je suis certaine que le gentleman que vous êtes n'oserait retenir quelqu'un qui ne saurait profiter de sa compagnie
, avait-elle tout d'abord repris avec un air amusé. Je n'ai pas voulu vous paraître désobligeante, pardonnez-moi si ça a été le cas. Vous m'êtes d'agréable compagnie, mais...c'est une première fois, pour moi. Je crois qu'il en va de même pour vous mais les premières fois m'ont toujours rendue nerveuse personnellement. Si je dois continuer à passer la soirée avec vous, autant que ce soit...avec vous. Ne refoulez pas votre nature pour moi, je ne voudrais pas qu'on garde de cette soirée un souvenir factice, basé sur le fossé qu'il y a entre nos deux mondes.

Il lui paraissait moins grand à mesure que les secondes défilaient mais il était encore trop tôt pour le dire. Naya avait toujours su qu'elle ne pourrait pas éternellement fuir le monde des sorciers, ne serait-ce que par égard pour Lorenzo après tout ce qu'il avait fait pour elle. Aussi parce qu'elle avait deviné que certains grands événements sinistres relatés par les journaux provenaient d'agissements de sorciers. C'était eux qui avaient contribué jusqu'à présent à lui forger un opinion peut-être mauvais de ce monde qui continuerait à la dépasser jusqu'à la fin de son existence, quoi qu'elle puisse décider à l'avenir.

- Quel dommage,
mima-t-elle avec de grands airs mais une moue déçue. Laissez-moi donc ça.

Un sourire amusé et peut-être un brin moqueur aux lèvres, elle prit le guilde des mains du sorcier afin de pouvoir jeter un œil aux sections qui seraient selon elles les plus magiques à observer.

- Et que pensez-vous des méduses, monsieur Orcus ? lança-t-elle en relevant la tête vers lui.

Il accepta avec peut-être un peu moins d'engouement qu'elle, par ignorance sans doute. Pourtant les méduses étaient des formes de cnidaires absolument magnifiques à observer dans leur environnement. Ils marchèrent donc jusqu'aux fameux aquariums, s'arrêtant parfois en route pour observer ceux par lesquels ils devaient passer avant d'y arriver. La jeune-femme parvînt à nommer quelques espèces de poissons avec fierté, non sans profiter de l'ignorance du sorcier cette fois. La situation était à nouveau inversée. Quelques minutes plus tard ils arrivèrent aux aquariums des méduses. La pièce était plongée dans une quasi-totale obscurité, seules les méduses bioluminescentes apportaient un peu de lumière à l'intérieur de l'eau qui se reflétait joliment au sol.

- Elles sont magnifiques, n'est-ce pas ? finit par lancer Naya après plusieurs secondes de contemplation en se tournant un peu vers Orcus. Certaines d'entre elles sont aussi mortelles. C'est peut-être paradoxal mais c'est selon moi ce qui les rends d'autant plus belles... Les choses qu'on ne peut avoir sont celles qu'on désire le plus. Et nous ne pouvons que les contempler.







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MessageSujet: Re: [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux   [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux Icon_minitimeMar 20 Nov - 19:55

Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux


- Les sorciers ont leurs propres vignes. Le vin des vélanes est un cru français élaboré dans je ne sais quel coin du pays des mangeurs de grenouille. Il a la particularité d'être distillé par des vélanes à ce qu'on dit, ce sont des créatures magiques qui ont l'apparence de très belles femmes... pour leur côté pile. On leur donne aussi le nom de succube dans votre culture, me semble-t-il. Mais il y a peu de sorciers parmi les humains, pour beaucoup nous sommes même une espèce en voie de disparition qu'il faut protéger coute que coute, alors il n'est pas rare de voir du vin moldu à nos tables histoire d'éviter la pénurie d'une denrée aussi rarement cultivé par les nôtres. À croire que le vin à le pouvoir de mettre tout le monde d'accord.

*Il leva son verre d'un air appréciateur. Il venait de balayer succinctement l'une des raisons à l'origine de la haine que certains sorciers nourrissaient à l'égard des moldus. Le vin, enfin un sujet sur lequel ils pourraient discourir sur un pied d'égalité.*

- Donc si je résume, vous évitez de trop boire. D'après vos horaires, je doute que la paresse ait votre inclination. Je ne vous ai jamais vu fumer, vu votre morphologie fluette je présume que vous n'êtes pas d'une gourmandise excessive et vous m'avez dit ne pas accepter si souvent de rendez-vous - allons j'assume - galant.

*Il se rapprocha de toi alors que ton minois était toujours incliné sur le côté de curiosité. Il passa son bras libre dans son dos, sa tête bien que droite, était également légèrement tournée sur le côté, te regardant de fait en biais d'un air scrutateur.*

- Mais quels sont vos vices Miss Naya ? Vous devez bien en avoir, ne serait-ce qu'un tout petit ? La jalousie ? L'envie ?... Le stupre ?


*Il haussa un sourcil d'un air amusé et pourtant il attendait effectivement une réponse. Tous les sorciers avaient des vices : l'excès, l'arrogance, la concupiscence. La magie elle-même devenait un péché chez bien des magiciens, souvent ceux qui se donnaient les airs les plus sages d'ailleurs. Mais quand on ne pouvait se rouler dans la luxure de sa prétendue toute-puissance, vers quoi se retranchait-on ? Il n'imaginait pas les moldus être plus sages qu'eux.

Il franchit le dernier espace nous séparant en pressant son bras, d'où pendait toujours son verre, contre ton dos pour t'inciter à te tourner et poursuivre le chemin. Direction les méduses puisque la demoiselle en avait décidé ainsi. Il fut plutôt soulagé que tu prennes les devants avec la carte. Orcus avait un bon sens de l'orientation quand il s'agissait de la nature, des bas-fonds et de se servir du sortilège des 4 points, il en était tout autre dans ce type de bâtiment.*

- J'adore les premières fois. Il est vrai que l'on peut éprouver de la nervosité, de la crainte à l'idée de ne pas savoir ce que nous apportera la prochaine minute et même de la peur de se blesser, mais bonnes ou mauvaises expériences, elles s'inscrivent en nous pour toujours, nous façonnent. Je trouve ça fascinant comme quelques petites minutes peuvent représenter plus que toute une vie...Et tout bien considéré, je peux peut-être vous offrir la lune, ou quelque chose qui s'y rapproche.

*Ou des étoiles. Orcus adorait jouer avec les ciels étoilés. Il adorait la jolie magie, elle avait l'étrange pouvoir de le rendre plus humble et plus vrai, peut-être parce qu'elle était la seule parcelle enfantine qu'il restait en lui, une petite bulle d'innocence et d’émerveillement qui ne se tarissait jamais malgré les années. Un endroit comme celui où ils se trouvaient avait également ce pouvoir.*

- J'en pense que je n'en ai jamais vu de vivantes, mais j'ai connu un homme, un peu frappadingue, qui en portait une en guise de chapeau...

*Quelques mètres et secteurs plus loin où il avait pu profiter de tes connaissances en tant qu'habitante du bord de l'atlantique tropicale, ils arrivèrent à l'objet de ton intérêt. Dans un énorme tube de verre, des centaines de créatures gélatineuses répétaient leur ballet aquatique sans fin dans des mouvements hypnotiques. Plus que les méduses, c'est toi qu'il prit plaisir à observer.*

- Vrai,
répondit-il en ne regardant que toi. Tout comme ce à quoi on a renoncé est parfois plus important que ce que l'on possède. C'est la privation qui nous forge et le manque qui nous donne faim.

*Brûlant de te questionner sur tes désirs, il se retint considérant qu'il t'avait déjà bien assez questionné pour le moment. Une façon aussi de mettre de côté le risque que tu lui renvoies la question. Orcus ignorait ce qu'il désirait vraiment. Ce que son cœur savait, sa tête l'enfouissait avec tant de force qu'il se noyait tout seul dans des ambitions qu'il endurait plus qu'autre chose.*
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MessageSujet: Re: [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux   [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux Icon_minitimeJeu 22 Nov - 1:00

Orcus & Naya
Naya avait eu le loisir de beaucoup lire étant enfant. Souvent les mêmes livres puisque rares étaient les fois où ils recevaient de la nouveauté aux favelas mais elle s'était beaucoup passionnée pour la mythologie, les légendes ainsi que les différentes cultures à travers le monde. Elle avait été une enfant rêveuse, parfois un peu trop  dans un quotidien qui n'avait pas tant à lui offrir selon ses parents. Ils avaient chéri ce trait de personnalité chez elle, autant qu'ils l'avaient exécré. Puis elle avait grandis tout à coup à leurs yeux en prenant la décision d'aller travailler à l'infirmerie du village. Ils avaient redoutés que la petite-fille qu'ils avaient jusqu'alors préservée ne soit pas prête à affronter la dure réalité de leur quotidien. Un quotidien basé sur la maladie, la famine, la crasse et la sueur durant vingt longues années. Et pendant tout ce temps, les seules choses auxquelles elle s'était raccrochées étaient ses rêves ainsi qu'à ses croyances, comme la majorité des habitants bien-attentionnés des bidonvilles de Rio, guère pourvus davantage que de leur foi.

- Des succubes, vous dîtes ? Vous n'êtes que très peu superstitieux donc. En ce qui me concerne j'ignore si je m'endormirais l'esprit tranquille avinée par leur boisson. Il existe pour nous les succubes mais aussi les incubes, les démons hommes. Ils débarquent dans votre couche une fois la nuit tombée. Vous n'en n'avez aucun souvenir mais bon nombre d'entre vous ont peut-être été abusés ! Ce qui vous aurait inconsciemment menés à devoir admettre que notre vin est tout aussi bon...et beaucoup plus sage à consommer.

Elle avait commencée sa tirade avec un air sérieux même si la mutinerie avait continué à briller dans son regard. Naya se sentait de plus en plus en l'aise, elle ne savait guère encore si elle le devait à Orcus ou bien à son cocktail. Elle avait choisi de redonner un ton beaucoup plus léger à leur discussion tout en défendant la créativité des vignerons, peu encline à l'idée de parler boissons comme au travail à vrai dire.
Était-elle parfaite ? Certainement pas. Après tout, personne ne l'était. Sans aucune once de vanité, elle pensa que c'était plus ou moins ce que le sorcier commençait à sous-entendre avant qu'il ne la questionne au sujet de ses vices. Potentiels. Ce dernier s'était rapproché d'elle avant de laisser cette question planer dans l'air, suffisamment pour la faire se tendre un peu et même lui provoquer un frisson le long de l'échine. Elle dût lever un peu le menton ainsi que les yeux pour faire face au regard scrutateur d'Orcus. Ses yeux se plissèrent un peu et elle arbora après quelques secondes de silence un sourire à la fois encore quelque peu perplexe, mais qui se désirait énigmatique.

- Au risque de vous paraître d'un ennui mortel, je vous dirais que je n'en ai aucun je crois. Cependant, pouvons-nous vraiment énoncer nos vices à voix haute ? Si je vous retournais la question, seriez-vous capable de me répondre ? Votre prétention n'est pas un vice selon moi, tout au plus un défaut si vous voulez mon avis, lâcha-t-elle subtilement. J'ai pour ainsi dire eue une enfance difficile. La vie m'a été inculquée d'une façon différente, j'ai bénéficier d'une culture que vous ne trouverez qu'auprès de ceux qui ont vraiment connue la misère, et encore. Des défauts je crois en avoir beaucoup, mais j'ai suffisamment été confrontée aux vices d'autrui pour ne pas vouloir leur ressembler.

Et puisque ce n'était qu'à moitié une réponse, elle rajouta après une nouvelle gorgée de son verre.

- Pour ce qui est de mon plus gros défaut...je crois qu'il s'agirait de ma tendance à me lasser rapidement de certaines choses.

Ils avaient commencés à marcher à la fin de cette confession. Après ce qu'elle venait de révéler au sujet de son enfance, Orcus aurait certainement d'autres questions. Tout du moins l'espérait-elle, trop modeste pour être sûre d'elle. Les paroles du sorcier réchauffèrent ses joues et parvinrent à y faire apparaître une tinte légèrement rosée. Les propos tenus ne la laissait visiblement pas indifférente, si bien qu'elle préféra une nouvelle fois la légèreté.

- Promettez-vous la lune à tous vos rendez-vous galants, Orcus ?


Un petit coup de coude prouva avec son sourire qu'elle était taquine, mais qu'il faudrait aussi bien plus que de belles paroles si le sorcier désirait l'attraper dans les mailles de ses filets.
Quelques minutes plus tard, dans la pièce aux méduses, le regard insistant du sorcier sur elle finit par lui être palpable. Naya avait finit par se tourner totalement vers lui, un sourire presque timide au coin des lèvres cette fois. Il y avait une tension nouvelle, qui n'atteignait peut-être qu'elle mais qui amena à nouveau un silence, ce genre de silence qu'on connaît bien entre deux êtres réalisant qu'ils connaîtront peut-être la même osmose. Elle avait commencé à ouvrir la bouche pour rompre ce moment lorsque Piñata débarqua dans la pièce, un plateau chargé de mets sur les mains.

- Piñata a choisi ce qu'elle a trouvé de mieux !
- Ce sera parfait, dixita aussitôt Naya en allant prendre le plateau des mains de la créature. Elle l'apporta à Orcus afin qu'il puisse se servir un amuse-bouche, puis elle alla le déposer sur un banc ensuite. Leurs aquariums sont encore plus beaux lorsque les lumières sont allumées me semble-t-il, reprit-elle innocemment. Revenue face à lui à seulement quelques centimètres, sa voix se fit plus basse. Vous pourriez peut-être nous en faire profiter ?  





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MessageSujet: Re: [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux   [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux Icon_minitimeJeu 22 Nov - 18:58

Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux


- Dommage, c'est ce vin que j'ai prévu de vous servir. Il est considéré comme très bon. J'ai fort justement abandonné la superstition, je dois d'ailleurs vous apprendre que ma secrétaire est à demi-vélane et que je me porte pourtant plutôt bien.

*Il posa cette information là, comme ça, en haussant les épaules. Comme tout être de sexe masculin, Orcus ne percevait pas Fleur comme réellement dangereuse, à tort sans doute. Il remettrait peut-être en cause l'information lorsqu'à la fin de l'année, il attribuerait à la jeune française la totalité de l'enveloppe augmentation du département. Il acheva son cocktail qu'il avait siroté tranquillement jusqu'à maintenant, profitant du passage de Piñata pour troquer son verre vide contre un petit-four au fromage, lequel il engloutit avec une gourmandise imputable, en réalité, aux paroles de la moldue. Là où un être simplement pernicieux aurait éprouvé de la déception à l'absence d'aveux, le complexe Orcus se réjouit d'y trouver un défi à relever.*

- Je pourrais vous les énoncer plus facilement que vous ne le croyez, mais vous priver du frisson de les découvrir vous-même ? Allons, je ne suis pas si cruel. Je peux au moins vous dire que je suis à minima aussi pétrit de déraisons que vous l'êtes de sagesse. Mais il s'en dit beaucoup sur mon compte, en particulier en ce moment. Certaines allégations sont vraies, quand celles qui semblent les plus évidentes ne sont pourtant qu'un tissu de mensonges.

*Dit-il après t'avoir dépassé. Il faisait le tour de la pièce, la main courant sur le verre les séparant des abysses. Bien qu'il se sentait plus libre en ta compagnie - une liberté à laquelle il n'avait pas gouté depuis son arrivée en Afrique, celle d'être considéré comme une toile vierge, un simple homme dont il restait tout à découvrir - l'innocence ne faisait pas partie pour autant de son mode de fonctionnement. En partie confession, en partie énigme, il avançait aussi ses pions, histoire que tu ne le balayes pas sans lui donner une occasion de s'expliquer si par hasard tu tombais sur l'un des articles relatant ses exploits récents.

Lorsqu'il acheva le tour de la pièce circulaire, il s'arrêta net en se retournant, perplexe quant à la façon dont il devait se comporter. Orcus était un nanti, il avait passé toute sa vie dans l’opulence. Sa génitrice avait bien des fois menacé de lui couper les vivres, mais assumer qu'un Wilkes vivait dans la misère lui aurait été au moins aussi insupportable que la réussite de son fils dans une voie qui lui donnait la nausée. Depuis, il faisait fructifier ses talents à sa manière. Il avait adoré la simplicité de la nature, mais exécrait suffisamment la pauvreté pour n'y avoir jamais porté un quelconque regard. Il n'était pas un insensible, bien au contraire, aussi ne voulait-il ni te blesser, ni te mettre mal à l'aise en portant sur toi un regard qui pourrait te faire croire en de la pitié.*

- "Différente" ? Peut-être suis-je naïf ou trop candide, mais je crois qu'il faut plus que de la pauvreté pour aspirer à l'ascétisme. Vous avez mon entière attention concernant cette richesse culturelle dont je semble être exclu. Quels savoirs m'ont manqué pour m'éloigner du chemin du raisonnable ?... Vous savez ce que tout ça m'inspire ?

*Il s'approcha les mains croisées dans le dos, le regard tourné vers un coin du plafond tout en arborant une moue à la fois crispée et désolée. Son défaut d'arrogance, ton absence de vices (avoués en tout cas), le fossé culturel les séparant lui inspirait un désir, sinon une pensée.*

- Qu'il me revient, peut-être, la délicate tâche de vous pervertir ? Questionna-t-il avec légèreté en baissant le regard sur toi. Vous pensez que je pourrais faire naitre un vice en vous, mademoiselle, qui serait à l'épreuve de votre lassitude ?

*Piñata fit effectivement une nouvelle entrée tonitruante, trottant à tout va sur ses grands pieds duveteux. Redescendant d'un cran dans la tension ambiante, Orcus se servit en petits-four dont l'un qu'il jeta vers l'elfe disparaissant déjà, lui tirant un couinement de joie. Il engloutissait le dernier des mets en suçotant son pouce lorsque tu lui fis une demande inattendue. Il était bien incapable de savoir comme l’électricité fonctionnait ici, ni même ce qu'elle déclencherait. Il se mordit la lèvre en regardant autour de lui. Ses rétines tombèrent sur quelques plafonniers qu'il soupçonnait coupables de diffuser une lumière blafarde qu'il n'avait vraiment pas envie de tester en ta compagnie. Il s’éloigna alors d'un pas ou deux à reculons en pliants plusieurs fois ses doigts.*

- En vérité, je ne promets jamais rien habituellement, parce que je sais que les promesses ont pour destin tragique d'être brisées.

*Il haussa les épaules d'un air navré bien qu'il ne savait pas quoi faire d'autres sans se montrer hésitant, une faiblesse selon lui. Alors en quelques mouvements, il fit naitre de la lumière entre ses doigts semblable aux crépitements d'un feu de bengale. Il écarta lentement ses paumes pour faire grandir l'artifice jusqu'à ce que ce dernier se libère de son emprise à la manière d'une fusée dont le chemin prit fin au-dessus d'eux, explosant  pour diffuser un voile sinueux de lumière et changeant de teinte à la manière d'une minuscule aurore boréale. Un peu moins dans la pénombre, la lumière restait tamisée et se reflétait joliment sur les créatures marines translucides. Le bout de ses phalanges expulsaient encore de la fumée quand il revint à toi en se pinçant les lèvres, marmonnant alors quelques excuses.*
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MessageSujet: Re: [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux   [Naya] Je lui dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux Icon_minitimeLun 26 Nov - 3:08

Orcus & Naya
- Vous m'en direz tant, lâcha-t-elle tout d'abord en haussant les sourcils avant qu'un petit rire n'échappe même de ses lèvres. J'imagine que je me porterais moi-même plutôt très bien si ma secrétaire était une créature au physique quasiment divin. Presque sournoise après coup de cette confession, elle rajouta même. Enfin...d'une certaine manière.

Ce n'était un mystère pour aucune personne ayant côtoyé le Zoo & Bar Club au cours de l'année dernière, jusqu'à il y a six mois. A cette période là, Naya ne dirigeait pas l'établissement de son cousin seule. Eretria était autant appréciée qu'elle par les clients, quoi que les deux jeunes-femmes devinaient très bien que ce qu'ils préféraient pour la plupart, c'était elles ensembles. Jusqu'à ce que, apparemment. Naya n'avait encore jamais testée le poids que cette confession (subtilement lâchée, certes) pouvait avoir sur un homme. Des doutes lui suffiraient de toute manière !

- Ainsi donc vous m'auriez sous-tirer des confessions sans daigner m'en donner en contre-partie ? Suis-je vraiment aussi absconse à vos yeux ? Un sourire satisfait traîna sur ses lèvres avant qu'Orcus ne la dépasse afin d'entamer un tour de la pièce. Toutefois, si cela peut vous rassurer, c'est un compliment que je vous retourne largement.

Piñata accourue aussitôt vers elle en la voyant terminer à son tour son verre. Une chaleur agréable l'avait enveloppée depuis plusieurs minutes déjà, mais Naya ne s'imaginait pas encore devoir mettre ça sur le compte d'un premier verre. La créature quitta la pièce à ce moment-là. La brésilienne se tourna brièvement à nouveau vers Orcus qu'elle ne distinguait plus qu'à moitié dans cette obscurité.

- J'entends des ragots à longueur de journée dans mon établissement, vous savez. Pour autant, ils ne concernent que très rarement des sorciers et ne retiennent quasiment jamais mon attention. S'il se raconte des mensonges sur vous, je n'en n'ai jamais entendu parler.

Elle avait finit par lui tourner le dos pour ré-accorder toute son attention aux aquariums à son tour. Le moins qu'on puisse dire c'était que quoi qu'il advienne, Naya se souviendrait longtemps de cette soirée. Avec la magie c'était peut-être de la triche...mais ça n'en restait pas moins magique, pour elle. Le silence s'était instauré pendant quelques instants. Ce n'est qu'à l'entente du mot "ascétisme" que la brésilienne se retourna à nouveau en direction du sorcier, le tout en échappant un "Aïe" bien audible. Hormis ça elle ne l'interrompit pas, un simple sourire en coin traîna sur ses lèvres alors jusqu'à ce qu'il soit tout proche d'elle.
Naya souffla discrètement entre deux bouchées lorsqu'Orcus congédia l'elfe à coup de petit-four. Elle se devrait de ne pas laisser les questions du sorcier en suspend mais pour l'heure, elle était bien décidée à l'observer faire avant. Ses yeux roulèrent à sa réponse avant de s'écarquiller légèrement. Sa tête se leva ensuite pour suivre le chemin fait par les étincelles jusqu'à ce qu'elles se transforment en faisceaux lumineux et prennent différentes teintes. Pendant un instant elle oublia tout, encore une fois. Son estomac ne se tordit à nouveau que lorsque son regard retomba sur Orcus. Pendant un instant, son sourire presque innocent se dissipa puis elle dodelina doucement de gauche à droite de la tête. Ses lèvres se pincèrent et elle approcha aussi d'un pas, maintenant plus qu'à quelques centimètres du sorcier. Ses yeux descendirent sur son torse, plus précisément au niveau de sa cravate légèrement dénouée. Ses mains se levèrent doucement à son niveau afin de venir la resserrer. A voix basse, elle commença alors :

- Vous n'êtes certainement pas plus candide que je ne suis austère, Orcus. Une telle déduction m'offenserait presque... Elle serra le nœud à son cou d'un léger coup sec, sans pour autant faire retomber ses mains. Ses yeux s'étaient aussitôt relevés afin de pouvoir faire face aux siens. Je pourrais vous dire bien des choses sur les cultures qui m'ont été inculquées, mais alors je vous priverais du plaisir de le découvrir par vous-même.

Un sourire passa à nouveau sur ses lèvres avant qu'elle ne laisse finalement ses mains retomber le long de son corps.

- Comment pourrais-je être lasse de Londres alors que je ne l'ai découverte qu'il y a quatre ans ? Je sais qu'elle a encore beaucoup à m'offrir.

Subtile, elle se recula d'un pas, les yeux encore ancrés dans ceux du sorcier. Le contact ne se rompit que lorsqu'elle lui tourna le dos afin d'aller s'asseoir sur le banc. La place à ses côtés fut tapotée afin d'y inviter le sorcier une fois libérée par le plateau de mets qu'elle avait glissé sur ses genoux.

- Mangeons, vous voulez-bien ? Je crois que votre cocktail me tient déraisonnablement chaud.


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