Harry Potter RPG
 

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 [Ouverte] Une journée comme les autres au club.

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Naya Caetana
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MessageSujet: [Ouverte] Une journée comme les autres au club.   Mer 22 Aoû - 18:24

Une journée comme les autres au Club.

Les jours se ressemblent et se confondent, un peu. Est-ce que ce n'était pas les paroles d'une vieille chanson populaire française ? Si elle ne parlait couramment que Portugais, sa langue natale ainsi qu'Anglais, Naya s'était depuis toujours intéressée aux cultures des différents pays. On lui avait donné ce goût lorsqu'elle était enfant lors des soirées organisées dans les rues des favelas, au Brésil. S'il y avait des souvenirs heureux qu'elle gardait de son enfance, entre autres, c'était bien ceux-là. La jeune-femme se mit donc à essayer de retrouver l'air de cette musique, qu'elle était persuadée d'avoir déjà entendu quelque part. En même temps, elle essuyait son dernier panier de verres sales pendant que René terminait sa dernière pinte de bière. La sixième, officiellement. Et le tout sans aller une seule fois aux toilettes. Naya était toujours aussi admirative, comme la plupart des personnes qui connaissaient l'insatiable René.

- J'espère que je ne t'ennuie pas, Naya ? Je viens de regarder autour de moi et je constate que je suis ton dernier client. C'est malheureux, quand-même. Toute cette jeunesse qui n'est même plus capable de tenir la route ! Regarde-moi. J'ai 75 ans et je suis toujours là. Je te le dis. Ça...fit-il en désignant sa pinte. C'est la vie, ahah ! Bon allez, je t'ai assez retenue. Je fini ça et j'y vais !
- Vous êtes incorrigible, René.


Le termina déposa le verre qu'il venait de terminer sur le comptoir du bar, ce après quoi il se pencha un peu.

- Et j'en prendrais même un petit dernier pour la route !
- Ce ne serait pas raisonnable, René. Il faut tout de même que vous puissiez retrouver votre camionnette après tout !


L'homme adressa un sourire entendu à Naya. Un clin-d’œil plus tard, c'est la démarche très peu bancale qu'il se dirigea finalement vers la sortie, adressant un dernier signe de main à la gérante avant de disparaître par la porte. La jeune-femme poussa un soupir. René était tout sauf désagréable comme client, mais il était extrêmement bavard et souvent que trop résistant. Elle nettoya à mains nues son verre. Son frère était censé la rejoindre à l'heure de la fermeture afin qu'ils puissent rentrer ensembles. Naya avait finalement rassembler ses affaires pour attendre bien sagement lorsque la cloque du bar tinta de nouveau.

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William Lamb
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MessageSujet: Re: [Ouverte] Une journée comme les autres au club.   Lun 27 Aoû - 16:59

Une journée comme les autres au club.

[Une semaine avant la fameuse soirée de pleine lune.]

Il tourna la clef dans la serrure et la rangea dans l’une des poches de sa veste avant d’y mettre les mains. La nuit était fraîche et le ciel compact. Aucune étoile, aucune lueur blanche. Pas de lumière si ce n’était celle des réverbères et encore, elle paraissait tremblante ces derniers soirs, comme sur le point de s’éteindre. La rue était vide. Seul un chat tentait vainement de fouiller la poubelle du voisin. D’ordinaire, il l’aurait recueilli pour lui donner quelque chose à se mettre sous la dent. Ce soir, il avait autre chose en tête. L’atmosphère était lourde, pesante et ses pensées pas très joyeuses. Le visage de Lara l’avait hanté toute la journée. Une impression franchement désagréable surtout quand il avait le sentiment profond qu’elle était juste tout près de lui. Elle ne le quittait jamais vraiment, ce qui était devenu oppressant. Bien trop oppressant. Il voulait y mettre un terme. Il avait besoin d’y mettre un terme. La question qui demeurait c’était : comment ? Parce qu’elle l’avait aidé, soutenu et remis sur pieds après le départ inexpliqué d’Amélia. Il avait ressenti quelque chose pour elle, mais aujourd’hui, c’était parti, envolé, le laissant dans une bouse profonde. Elle ne l’entendrait pas de cette oreille, c’était évident, et il ne pouvait pas lui en vouloir. Non, il ne le pouvait décidemment pas.

[…]

Traînant des pieds, William Lamb finit par arriver devant son QG personnel, après des tours et des détours loin de Baker Street, chez lui. Il était tard, le club allait fermer. Il était au courant. Mais il en avait besoin, comme pas mal de soirs depuis que son ex-copine avait décidé de le fuir comme la peste. Force était de constater qu’il était devenu un client régulier, pour ne pas dire familier. William avait trouvé en Naya une bonne âme prête à l’écouter autant qu’il le voulait. Il la saoulait sans aucun doute, mais il se saoulait tout autant. C’était son exutoire entre deux bastons de rue ou de bar. Il ne venait jamais se battre ici, en revanche, il revenait souvent cabossé. Pas ce soir cependant. Ce soir, il avait l’âme en peine, le cafard au maximum et cette fumée qui sortait de ses lèvres à chaque respiration alors qu’ils n’étaient qu’au mois de novembre. La cloche tinta tandis qu’il passait la porte, main dans les cheveux, un poil gêné.

- Je sais qu’il est tard, mais pour un ami, tu ferais une exception ce soir encore ?


Son sourire se fit crispé, un brin charmeur peut-être selon l’interprétation de ses différentes interlocutrices. Non pas qu’il les séduisait à la pelle, loin de là, mais les femmes étaient devenues un sacré mystère pour lui. Il essayait de se rendre le plus agréable possible ou plutôt le moins aigri possible, rien de plus.

- Juste une (pinte) et je te laisse tranquille c’est promis !
dit-il en levant ses mains en guise d'innocence.



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Naya Caetana
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MessageSujet: Re: [Ouverte] Une journée comme les autres au club.   Mar 28 Aoû - 4:27

Une journée comme les autres au Club.

Naya fit volt-face. Tiago, en avance ? C’était rare, surtout un soir de week-end. Rapidement, ses doutes furent levés. Un visage pâle, relativement charismatique et des cheveux blonds, presque de blés au soleil. William Lamb, un client suffisamment régulier de son club pour que la brésilienne puisse relever ce genre de détail. Bien-sûr, elle connaissait davantage de l’homme. Elle n’était pas sûre qu’il se souvienne d’à quel point il ne lui était plus étranger. La jeune-femme connaissait sa mélancolie, voire même la tristesse de son âme. Causées par un chagrin d’amour dont l’homme lui contait parfois les âges d’or après avoir trop bu. William n’était pourtant pas du genre à se confier. Même lorsqu’il le faisait sous l’emprise de l’alcool, c’était avec beaucoup de pudeur, mais par besoin. Naya était une oreille attentive et encore quelque peu étrangère pour lui. Pas de quoi craindre qu’elle ne le juge, en somme. Et elle ne le faisait pas. La brunette n’avait encore jamais eu à souffrir d’un chagrin d’amour. Mais voir un homme bon se détruire à cause de ça lui donnait à réfléchir. Il lui était tout de même arrivé de parler d’elle, pour rassurer un peu l’homme. Généralement elle contait surtout ses bons souvenirs. Naya n’était pas du genre à vivre dans le passé. Son regard se tournait toujours vers l’avenir.

- William, le salua-t-elle avec un agréable sourire, aussitôt relevée. Tant que les portes sont ouvertes ça signifie que les clients sont toujours la bienvenue, en particulier les amis.

Naya retrouva les derrières du comptoir de son bar bien assez vite, un sourire badin accroché aux lèvres.

- Modération est une femme que tu connais plutôt bien William, n’est-ce pas ?

Pinte en main, fontaine tirée, elle servit à l’homme la boisson demandée quelques secondes plus tard, le tout sur un dessous de verre aux couleurs de l’établissement.

- Avec un peu de mousse mais pas trop, comme tu les aimes ! Alors, qu’est-ce qui t’amène dans le coin à une heure si tardive ? Ce n’est pas ma bière, tout de même, lança-t-elle sur le ton de la plaisanterie en commençant à nettoyer la condensation d’eau déjà présente sur la fontaine.


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MessageSujet: Re: [Ouverte] Une journée comme les autres au club.   Mer 29 Aoû - 10:38

Une journée comme les autres au club.

Modération. L’avait-il jamais connue ? Peut-être quand il avait une femme pour veiller sur ses écarts. C’était un fêtard de nature, sérieux néanmoins. Mais Lara aimait par-dessus tout exacerber cette part de lui. Elle aimait le voir s’oublier, dans ses bras ou ailleurs. L’alcool était devenu un ami, un ami dépensier. William ne pouvait pas dire qu’il lui courait après, seulement certains soirs, la tentation était trop forte. Quand on commençait à s’oublier, on finissait par ne plus s’en passer. En l’occurrence, l’oubli était devenu sa drogue, même si sa peine revenait bien assez tôt.
Il lui décocha un nouveau sourire et prit place au comptoir. Sa place habituelle à vrai dire, seule place où il trouvait un peu de réconfort.

- J’aimerais te répondre que si, Naya. Tu sais combien je l’aime et l’adore. Mais ce qui m’amène est une raison tout autre : le besoin d’éviter de rentrer chez soi tout de suite, tu vois ?

Lara l’y attendait probablement. Ils n’avaient pas emménagé ensemble, mais elle avait l’étrange manie de toujours s’y trouver, avec une sempiternelle excuse bien sûr. Et si les premiers mois cela avait fini par lui plaire et plus encore, aujourd’hui, c’était tout le contraire. Son intimité lui manquait tout comme la volonté de pouvoir faire ce qu’il voulait sans rendre le moindre compte. Il but une grande gorgée de bière, passa sa langue sur sa légère moustache blanche et lâcha de but en blanc.

- Je vais rompre.

Rien que l’idée lui foutait un certain malaise. Il but une nouvelle gorgée avant de se perdre dans la contemplation du liquide brunâtre.

- Mais je n’ai aucune idée de comment le lui annoncer. Lara m’a beaucoup donné.

Le côté pratique de toujours venir dans un même bar et surtout au comptoir, c’était que maintenant il pouvait prononcer les noms de deux femmes sans que le sourcil de Naya ne tressaute d’incompréhension. Depuis le temps, il en avait suffisamment dit, même si pour certains détails, il n’en avait pas le moindre souvenir.

- Elle ne se lasse jamais de rien, reprit-il en cherchant à se justifier. Et moi, j’y arrive plus. C’est limite si je me sens pas comme un enfant dans les bras de sa mère, ce qui j’en conviens est totalement malsain.

L’idée le fit éclater de rire, comme s’il se moquait de lui-même.

- Je sais pas comment l’expliquer, mais j’aimerais pouvoir rentrer chez moi, seul et entendre le calme autour de moi, sans que personne ne soit là, à me regarder, dans l’attente que je m’abandonne à elle. Tu comprends ? f
init-il par demander en levant son regard vers sa jolie interlocutrice.



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Naya Caetana
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MessageSujet: Re: [Ouverte] Une journée comme les autres au club.   Jeu 30 Aoû - 16:35

Une journée comme les autres au Club.

Rares étaient les clients de Naya à connaître dame modération. Pour dire vrai, la brésilienne était du genre à penser qu’aucun homme ne la connaissait vraiment. Soit ça ou ils ne l’appréciait guère, ce qui revenait finalement au même. Pour autant, ils n’étaient pas tous des causes perdues. Le Zoo & Bar Club était un endroit parfait pour s’oublier. Discret, fourni en alcool, en divertissement et en femmes grâce aux shows prévus par le Club lorsque l’heure s’y prêtait. Ainsi donc, tous les clients de la jeune-femme n’étaient pas comme René ou bien encore William. On venait rarement dans cet établissement pour l’oreille attentive de la jolie Naya. Pour survivre dans ce monde, la brunette avait dû affirmer son caractère déjà bien forgé. On tenait rarement un établissement de cette ampleur à 24 ans, tout en étant une femme qui plus est. Certains semblaient encore le penser mais Naya tenait bon et faisait taire toutes les mauvaises langues autant qu’elle le pouvait. En gérant le Zoo & Bar Club d’une main de fer grâce aux bons conseils de Lorenzo, ainsi que son soutien permanent. Même s’il se permettait de plus en plus souvent de la laisser seule pour gérer l’établissement.
Une fois satisfaite de son nettoyage, la jeune-femme décida de suivre son instinct lorsqu’elle contourna le bar pour aller fermer la porte d’entrée du bar. Elle pouvait faire une exception pour William, mais l’heure était maintenant trop tardive pour qu’elle puisse accepter d’autres clients.

- Oui, je vois. Laisse-moi te dire que je trouve ça triste d’ailleurs, avait-elle lâché.

L’ironie. Naya avait tendance à en faire souvent usage, tellement que ses interlocuteurs ne s’en rendaient plus toujours compte. Elle décida d’accompagner William en se servant un demi de bière avec un peu de sirop de pêche. Après tout, son service était terminé ! Elle allait prendre sa première gorgée lorsque la confidence de William tomba tout à coup. La brésilienne manqua d’avaler de travers mais elle se reprit bien vite, plus ou moins surprise. Elle avait bien remarqué depuis plusieurs semaines que quelque chose n’allait pas. Mais si c’était des conseils qu’il recherchait, William risquerait d’être plutôt déçu. Nonobstant elle l’écouta, attendant patiemment qu’il se justifie, l’air totalement impartiale. Lara n’était qu’un prénom pour elle. Naya pensait s’être faite une petite idée de cette femme, tombée sur le bon homme trop tôt. A un moment où les plaies du cœur de William n’étaient pas encore guéries, pas plus qu‘ aujourd’hui.  
La jeune-femme n’avait pas cherché à l’interrompre. Lorsqu’il avait rit de lui-même, elle s’était contenté de l’accompagner dans un sourire rapidement dissimulé derrière son verre. Est-ce qu’elle comprenait ? Oui. Son frère était tout pour elle, mais il n’en restait pas moins parfois envahissant, si bien qu’elle pouvait aisément se faire une idée de ce à quoi ressemblait une relation de ce genre. Naya était déjà couvée par l’amour de Tiago, ainsi que celui de Lorenzo, beaucoup plus subtil mais tout aussi présent. Pourtant elle était une femme indépendante qui aimait avoir la sensation d’être libre. Si une chose était bien sûre c’est qu’il n’y avait pour le moment pas de place dans sa vie pour un troisième protecteur. Ce que recherchait Naya c’était autre chose, même si elle n’était pas sûre de savoir quoi.

- Oui, je comprends. Je détesterais ne plus me sentir chez moi dans mon propre appartement. Si tu commences à fuir... les choses n’iront plus qu’en régressant généralement. As-tu déjà essayé d’en discuter avec elle ? Plutôt que d’envisager la rupture, tu pourrais essayer de prendre tes distances pendant un temps ? S’il en relève du bien de votre futur commun, peut-être que Lara pourrait comprendre ?


Naya écoutait et aidait du mieux qu’elle pouvait les âmes qui étaient à la recherche d’une oreille attentive à l’intérieur de son établissement. Parfois elle avait découvert à ses dépends que certaines limites ne devaient pas être franchies mais William était presque devenu un ami avec le temps. Presque car il fallait bien l’avouer, la brésilienne ne s’était que très peu confiée à Lamb. Il connaissait d’elle ce que la plupart des gens connaissaient. L’ombre de la vérité en somme.

- Tu dois écouter ton cœur. S’il te dicte de mettre un terme à tout ça, il n’y aura pas de bonne façon de le lui annoncer, dit-elle avec un sourire mi-agréable, mi-compatissant.



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MessageSujet: Re: [Ouverte] Une journée comme les autres au club.   Ven 31 Aoû - 9:59

Une journée comme les autres au club.

- Mon cœur ?

Il eut un large sourire amer. Il se préparait déjà à lui dire qu’il n’était pas certain que celui-ci soit en fonctionnement quand il trouva le propos fort pathétique et misérable. Son cœur n’était juste plus viable pour le moment.

- Tout ceci n’est qu’une imposture. Enfin, c’est ce que je ressens tu vois. Comme si on avait fait semblant. Pardon comme si j’avais fait semblant. J’ai pas spécialement envie de jouer avec le cœur des femmes, j’ai déjà assez à faire avec le mien. Mais Lara …

Y avait pas de mots suffisamment explicites. Lara était une femme entière, franche et qui savait s’imposer contre toute attente. Son corps fin donnait l’illusion d’une potentielle fragilité, mais William savait désormais qu’il n’en était rien. C’était lui le fragile de l’histoire, une situation qui ne lui plaisait pas vraiment.

- Je n’ai pas envie de voir sur son visage ce que moi j’ai vécu il y a deux ans, quand Amélia est partie.


C’était peut-être ça ce qui coinçait finalement. La peur de voir son propre reflet, de causer la douleur qui lui-même avait ressenti et ressentait toujours… William était un gars bien et il n’était absolument pas du genre à causer une quelconque souffrance autre que dans un bar bien sûr. Il avait peur de l’abandonner et de trahir tous les efforts qu’elle avait entrepris pour lui.

- Prendre mes distances… C’est ce que j’essaie de faire, mais il n’y a pas de manque. Je ne veux pas la mettre dehors et pourtant, j’en ressens le besoin dans mes tripes.

Un soupir profond lui échappa tandis qu’il levait sa chope à ses lèvres. Il eut alors du coin de l’œil un regard pour la barmaid et reposa sa bière. Parfois il se demandait s'il n'était pas égoïste à toujours lui raconter ses peines sans jamais lui laisser la moindre parole personnelle. Et dire qu'il détestait se confier ou partager ses problèmes. Le départ d'Amélia avait changé tant de choses dans sa vie. William était pourtant encore loin de ses peines.

- Je dois t’ennuyer avec toutes mes histoires. Tu dois en entendre des mille et des cents ici. Ça va, tu sais encore qui tu es ? la taquina-t-il dans un petit rictus amusé. Et si c'était moi qui t'écoutais pour une fois ?



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Naya Caetana
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MessageSujet: Re: [Ouverte] Une journée comme les autres au club.   Dim 9 Sep - 17:28

Une journée comme les autres au Club.


Naya avait toujours apprécié qu'on se confie à elle. Non pas par curiosité, ni-même par besoin d'évasion quant à sa propre vie. Purement et simplement, elle était quelqu'un de compatissant qui aspirait à aider du mieux qu'elle pouvait son prochain. Au Brésil, c'est beaucoup plus pour des maux physiques qu'on faisait appel à elle. Il n'y avait que les plus jeunes, ou bien alors les plus vieux qui venaient chercher autre chose auprès d'elle. La sagesse. Un trait qui la définissait beaucoup à une époque où elle était encore jeune, et confrontée à d'autres genres de soucis. Elle avait été capable de faire naître un sourire sur le visage des plus démunis. Aujourd'hui, Naya se sentait différente. Peut-être parce que les problèmes des Londoniens étaient eux aussi différents. Pour autant, elle ne pouvait nier à quel point un chagrin d'amour pouvait être douloureux. La brunette à la peau basanée n'en n'avait peut-être jamais vécu, mais elle avait déjà vus les dégâts que pouvaient causés et subir un cœur brisé.
William n'avait pas l'air de chercher de réels conseils. Il donnait plutôt l'impression d'avoir besoin de se confier, raison pour laquelle la barmaid ne l'avait pas interrompu. Elle s'était contenté de conserver cet air à l'écoute, un peu compatissant. A chaque fois qu'il relevait les yeux elle lui esquissait un maigre sourire.

- Tu pourras difficilement éviter le pire. Plus tu attendras et plus ce sera difficile. Autant pour toi que pour elle.


Ses lèvres s'étirèrent une nouvelle fois, avant qu'elle ne fasse disparaître son sourire derrière son verre. Puis elle secoua doucement la tête, accompagnant son mouvement d'un léger rire en entendant la question de son interlocuteur.

- Absolument, ne t'en fais pas pour moi ! Je n'ai pas signé de close dans mon contrat pour ça mais c'est tout comme, plaisanta-t-elle aussi avant de reprendre. J'aime mon travail sous tous ses aspects. Ecouter mes clients en fait partie. Quand je peux les aider, c'est encore mieux.

Elle lui adressa un sourire agréable, puis c'est un nouveau rire qu'elle laissa échapper de ses lèvres. Peut-être un peu plus nerveux cette fois, surtout parce qu'elle se trouvait un peu prise au dépourvue. Parler d'elle, maintenant ? Et qu'était-elle censée dire ? Ce ne serait pas la première fois qu'elle se confiait à Lamb. Naya n'était pas tellement du genre à être introvertie, mais elle était spontanée et pour le moment, rien ne lui venait. En jetant un coup d'oeil à l'horloge elle repensa à son frère Tiago, officiellement en retard maintenant. Alors ses épaules s'haussèrent doucement et c'est finalement après une nouvelle gorgée qu'elle reprit.

- Mon quotidien est plutôt tranquille en ce moment. Malgré les rumeurs qui courent, je veux dire. Nous vivons à une époque étrange, tu ne trouves pas ? J'essaie de me tenir loin de tout ça. Même si les histoires viennent jusqu'ici. Alors...si tu veux en écouter davantage sur moi, il va falloir être plus précis, lâcha-t-elle finalement avec un sourire mutin sur les lèvres.


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MessageSujet: Re: [Ouverte] Une journée comme les autres au club.   Mer 12 Sep - 10:04

Une journée comme les autres au club.

Peut-être qu’inconsciemment la peur de la solitude l’empêchait de dire à Lara que c’était terminé. La peur de recommencer à zéro. Bien souvent on réclamait la solitude, mais une fois acquise, celle-ci devenait pesante, suscitant un malaise perpétuel. Complètement paumé, il était donc indécis, jonglant entre ses volontés et ses craintes, entre ses certitudes et ses incertitudes. Infliger tout ça à Naya n’était pas très intelligent ni sympathique de sa part. Tout le monde avait ses problèmes. Recevoir ceux des autres, revenait à alourdir un peu plus ses épaules. Et pour cela, il en était sincèrement désolé.
A plusieurs reprises, il lui adressa un demi-sourire, tout juste un rictus, qui peinait à dissimuler son air blasé. Alors il cachait / noyait sa peine en buvant une gorgée de bière.

- Les rumeurs qui courent ? Ah tu parles des catastrophes dont on n’arrive jamais à trouver le coupable ? Hum, ouais, tu m’excuseras, mais ces rumeurs sont tout à fait débiles si tu veux mon avis. C’est la preuve que Scotland Yard n’est pas au point. Des criminels courent dans les rues, mais eux pensent que c’est dû à un tour de passe-passe. Pourquoi ça vient jusqu'ici ? Vous avez des problèmes ?

Son ton s’était fait moqueur avant de se durcir au fil des mots. Pour lui, toutes ces rumeurs n’avaient aucun sens. C’était se chercher des excuses devant l’inactivité ou l’échec. De quoi effrayer les citoyens pour leur faire oublier que tout partait du mauvais boulot de leur police. Lui aussi préférait rester à l’écart de toutes ces conneries. Depuis quelques semaines déjà, il avait cessé de regarder les infos télévisées. Tous étaient incompétents et leur premier Ministre perdait un peu plus la face chaque jour. Les criminels en question devaient bien en rire.
Finalement, William laissa toutes ces idées farfelues derrière lui pour reporter son attention sur la jolie barmaid si gentille avec lui.

- Eh bien je ne sais pas. Dis-moi par exemple, ce que tu fais en dehors de ce magnifique bar ? Quelles sont tes activités préférées, celles que tu n’as jamais faites et que tu aimerais faire. Ou simplement d’autres banalités,
négocia-t-il en haussant les épaules d’un air nonchalant pour la mettre à l'aise.


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MessageSujet: Re: [Ouverte] Une journée comme les autres au club.   Jeu 13 Sep - 16:13

Une journée comme les autres au Club.


Naya était loin d'être toujours seule dans cet établissement. Si Tiago était en retard ce soir, il lui arrivait aussi de passer des heures ici, que ce soit dans la bar ou dans leur appartement privé à l'étage du dessus. Pour l'attendre ou bien lui tenir compagnie, tout dépendait de ses humeurs et de leurs projets. Mais son frère passait aussi beaucoup de temps à discuter avec Lorenzo lorsqu'il n'était pas retenu par le travail. Naya ne savait pas vraiment ce qu'ils échangeaient dans ces moments-là, et elle n'avait jamais voulu savoir. Lorsque la fratrie Caetana était arrivée en Angleterre, hébergée par Lorenzo, elle n'avait pas mit longtemps à comprendre que leurs mondes différaient un peu. Leur cousin n'avait pas non plus voulu leur cacher sa véritable nature, alors les Caetana connaissaient bel et bien l'existence des sorciers. Que ce soit son frère ou elle, ils étaient tenus au secret. Si Tiago aspirait à en apprendre davantage sur ce monde qui n'était pas le siens, Naya elle avait choisi de rester à sa place. Toutes ces attaques donnaient de bonnes raisons pour s'inquiéter de l'avenir du monde, qu'il soit sorcier ou moldu, mais elle n'était pas censée savoir. Alors au final, c'était un peu comme si elle jouait un rôle. Celui de l'ignorance. Et elle refusait que quiconque lui dise que ce n'était pas tout ce qu'elle avait.

- Non, pas du tout. C'est juste que tout ça...ça inquiète de plus en plus les clients. Et ça devient des sujets de discussions réguliers. Qui sont véritablement ces gens, qu'est-ce qu'ils nous veulent, que fait la police pendant ce temps-là... j'aimerais que les gens soient capables d'oublier les dangers qui rôdent dehors, lorsqu'ils sont ici.


C'était plus facile à dire qu'à faire, c'était certain. Certaines personnes avaient sans doute des morts à déplorer à cause de ces attaques. Toutes d'une envergure évidente et qui les dépassaient. Naya se demandait souvent comment pourrait se porter le monde s'il apprenait. L'humain n'aimait pas beaucoup découvrir qu'il y avait supérieur à sa race.
La brésilienne chassa finalement ces pensées en reprenant quelques gorgées de son verre. C'était triste à avouer mais elle n'avait pas forcément de hobbies. Maintenant qu'elle était souvent à la tête de l'établissement, elle avait de moins en moins de temps pour elle. Son métier lui demandait beaucoup de temps mais heureusement pour elle, elle aimait ce qu'elle faisait.

- Quand je ne suis pas ici ? Tu sais, c'est si rare que je passe la moitié de mon temps à dormir dans ces moments-là...un petit rire s'échappa de ses lèvres, puis elle reprit. A part ça, j'aime lire. Des livres de vieille médecine, pour ne pas perdre tout ce que j'ai appris à Rio. Oh et puis, observer les lumières de la ville de ma fenêtre. Ce n'est pas aussi triste que ça en a l'air, crois-moi. Je passe aussi beaucoup de temps avec mon frère. Je lui dois ces petits bras musclés, plaisanta-t-elle. Le sport est un bon moyen d'extérioriser tu sais ? Je suis sûre que Tiago serait ravi de t'aider.

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Dernière édition par Naya Caetana le Ven 14 Sep - 18:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Ouverte] Une journée comme les autres au club.   Ven 14 Sep - 11:05

Une journée comme les autres au club.

Doucement et dans un geste purement et simplement réconfortant, il apposa sa main sur l’épaule de la jeune femme. Un geste on ne peut plus banal, mais c’était le premier qui lui avait traversé l’esprit.

- Tu as raison,
lui répondit-il sur un ton conciliant. D’un autre côté, la peur a besoin d’être évoquée pour être contrôlée. Enfin …

Il ôta sa main pour la reposer sur sa jambe, non sans un petit rictus qui n’avait d’autre but que de détendre l’atmosphère.

- … ce n’est là qu’un avis parmi tant d’autres. Et puis ils se sentent écoutés ici, j’suis bien placé pour le savoir non ? Dans la boutique aussi ils en parlent, parfois. Il suffit qu’ils rencontrent un voisin ou un ami pas vu depuis perpette pour déblatérer sur tout ce qui se passe. C’est casse-pied, mais tu nous vois leur dire de se taire ? De tout refouler ? Moi pas. Alors j’essaie de leur présenter des jouets de leur époque pour qu’ils se rappellent qu’ils ont encore quelque chose à quoi se raccrocher, une petite et minuscule étincelle d’innocence et de liberté.

Bien parti pour oublier ses propres problèmes, Will commença à partir dans de grands gestes pour imager son explication. Le reste ne comptait plus, et peut-être était-ce mieux ainsi.

- Tu vois, c’est comme les enfants qui parlent du monstre sous leur lit. Il les effraie, ils ne savent pas comment le faire partir, alors chaque nuit ils se couchent en ayant peur que celui-ci vienne les manger. Et bien il suffit que tu leur donnes, n’importe quoi, un jouet, une peluche, un symbole dans lequel ils peuvent avoir confiance, et automatiquement ils feront de ce symbole une arme suffisante pour repousser le monstre. On ne grandit jamais réellement, nos peurs d’enfant sont juste décuplées et on croit, avec naïveté et snobisme, qu’aucune peluche ne peut nous sauver.


Il se pencha alors pour murmurer tout bas, comme s’ils étaient écoutés.

- Or c’est une grave erreur. L’espoir, la force, le courage, peuvent venir de n’importe où. Suffit d’une croyance. Et même un ourson en peluche peut te l’offrir.


Will se redressa, soudainement souriant et malicieux. Il but une nouvelle gorgée de sa pinte et écouta les paroles de la barmaid.

- Je cours tous les matins, princesse, sous les brouillards de Londres qui te donnent l’impression qu’à tout coin de rue quelque chose va te sauter dessus. Et puis entre nous, tu te doutes bien, que ma gueule cabossée de temps à autre n’est pas due à un trébuchement. Le sport ne me manque pas. J’crois surtout que moi aussi j’ai mon monstre sous le lit à combattre. Et toi ? Quel est ton monstre ?



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Naya Caetana
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MessageSujet: Re: [Ouverte] Une journée comme les autres au club.   Ven 14 Sep - 19:19

Une journée comme les autres au Club.


Naya était quelqu'un de très empathique. Elle ne pouvait nier avoir de la compassion pour tous ces gens qui étaient loin d'imaginer ce à quoi ils avaient à faire en réalité. Pendant un instant, elle se prit à se demander comment réagirait William par exemple s'il apprenait l'existence des sorciers. Comment il prendrait le fait qu'elle-même l'ait sut et caché à tous ces gens. Est-ce que c'était bel et bien de la traîtrise, comme il lui arrivait de le redouter ? Ou prenait-elle vraiment la bonne décision en gardant tout ça sous silence ? La main réconfortante de William sur son épaule l'arracha finalement bien assez rapidement à toutes ces sinistres pensées. Faire le bien, être quelqu'un de bien, c'était quelque chose qui tenait à cœur à Naya. Elle espérait bien ne jamais être happée par des doutes trop profonds, par une colère trop sourde, par le poids de de mensonges trop lourds à supporter. La brésilienne espérait bien ne jamais succomber aux ténèbres de ce monde. William avait laissée retombée sa main et continué son discours sur des notes qui étaient parvenues à arracher un nouveau sourire à la barmaid. Le métier de cet homme était admirable. Aux yeux de Naya, l’innocence de l'enfance était une chose qui méritait d'être préservée à vie.

- Il ne s'agirait pas de leur demander de refouler ce qu'ils ressentent...mais plutôt d'arrêter les commérages. Mon avis est peut-être dur mais c'est comme ça que je le ressens. Il y a beaucoup de paroles pour très peu d'agissements. Au final, je ne suis même pas sûre que le fait d'en parler soit pour eux un moyen de calmer leurs peurs. Au contraire je pense que plus ils pensent, plus ils la nourrissent. Et puis il y a des personnes comme toi, capables de faire naître un sourire sur le visage des gens, rien qu'en leur rappelant un souvenir de leur tendre enfance.

Naya lui avait décoché un sourire presque tendre, caché au bout de plusieurs secondes une énième fois derrière son verre. Elle but également littéralement le reste des paroles de William. En ce qui la concernait, elle savait pertinemment ce qui lui permettait de se raccrocher à l'espoir. Demandez-lui et elle vous donnerait directement le nom de son frère, mais la vérité voulait que le cœur de Naya soit suffisamment fort pour qu'elle soit capable d'être sa propre source d'espoir. Elle avait rencontrés bien des épreuves par le passé, bien plus qu'on ne pouvait en lire sur son visage et pourtant elle s'était toujours relevée. Personne n'avait jamais su pour le vol de sa virginité. Pour cette souillure faite à vie, à sa vie, à sa famille et à son âme. Mais même de cette épreuve, elle s'était relevée. Seule. Parce que dans les favelas, pour beaucoup de gens, ce n'était qu'une épreuve sinistre parmi tant d'autres. La vie là-bas était si dure. Il fallait savoir la mener la tête haute pour survivre.

- C'est bien ce que je dis. Ce n'est plus l'espoir que nourrit le monde...mais la peur. Parce qu'ils sont nombreux à ne plus savoir à quoi se raccrocher. Et je trouve ça très triste. Qu'est-ce qui te permets de t'accrocher, toi ?

Lorsqu'elle avait posée cette question, Naya ne s'était pas imaginé devoir y répondre aussi, du moins d'une manière un peu plus détournée. Avait-elle un monstre, sous son lit ? Pouvait-elle dire à cet homme à qui elle avait conté nombreux des bons souvenirs de sa vie passé que c'était aussi ce dernier, qui menaçait parfois de la faire fléchir ? Sous son lit il y avait tous ses cauchemars. Régulièrement plus nombreux que ses rêves, peut-être parce qu'elle n'arrivait jamais vraiment à trouver le sommeil. Elle était quelqu'un de différent, grâce à ses origines mais aussi à cause de la vie qu'elle avait menée. C'était facile de raconter de bons souvenirs, un peu moins de ressasser les mauvais. Mais ici il n'y avait aucune oreille indiscrète. William était quelqu'un en qui elle avait confiance, même s'ils ne se voyaient qu'à l'occasion des besoins d'évasions de ce dernier lorsqu'il venait la trouver elle et ses boissons.

- T'aurais offensé ?
décida-t-elle de plaisanter, un sourire amusé aux lèvres. J'ignorais que tu étais du genre bagarreur, je t'imaginais plutôt...maladroit ?

Maintenant, il n'était plus temps de se défiler.

- Les monstres du passé et ceux de l'avenir sous ceux que je redoute le plus. Parfois ils surgissent et m'assaillent, d'autres fois j'ai l'impression que je ne pourrais pas éviter ceux qui m'attendent, quoi que je fasse. J'aime avoir le contrôle de mes émotions, de ma vie. En quittant Rio, mon frère et moi nous voulions trouver autre chose.  Il m'arrive de me dire qu'ici n'est peut-être pas le bon endroit.


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William Lamb
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MessageSujet: Re: [Ouverte] Une journée comme les autres au club.   Sam 15 Sep - 19:11

Une journée comme les autres au club.

Si le secret sur une quelconque magie devait voir le jour, William en serait partagé. D’une part parce qu’il ne concevait pas qu’on puisse laisser le monde se détruire et être détruit par pur égoïsme et désir d’isolationnisme. D’autre part, parce que la magie ne l’intéressait pas. Un monde sans magie lui convenait parfaitement. Alors est-ce que pour lui le silence était une traitrise ? Pas franchement. Will était tout sauf idiot. Il savait, entre autre, que la jalousie et la concupiscence jailliraient d’un tel secret. Tous voudraient alors obtenir des pouvoirs, les crimes se cumuleraient et l’anarchie ou même la tyrannie en découleraient. L’homme était ainsi, toujours à désirer ce qu’il n’avait pas. Aussi, à choisir entre une vie utopique pouvant exploser à tout moment ou une vie avec ses aléas potentiellement contrôlable, nul doute qu’il choisirait la deuxième option. Parfois, il valait mieux rester dans l’ignorance.
Aux propos de la jeune femme à ses côtés, il acquiesça légèrement avant de laisser échapper un petit rire d’amusement.

- On a chacun notre utilité dans ce monde. Toi tu nous écoutes, tu nous donnes une amie à consommer en toute modération bien sûr, quant à moi je cherche à convoquer une quelconque réminiscence. Mais ne va pas croire qu’ils sont tous réceptifs. Certains rentrent dans la boutique avec les gros bras …

Il commença à arquer ses bras pour associer image à la parole, une fois de plus.

-… leur costard coûtant une blinde et leur mallette pleine à craquer et ils sont là à observer les jouets comme s’ils n’en avaient jamais vus de leur vie. Ils sont juste là pour faire plaisir à leur enfant, et encore parfois ça se limite à l’intention. Peut-être pour obtenir la paix chez eux le soir, tu vois le genre ? J’ai beau tenter différentes approches, rien à faire. Je me retrouve devant des murs de glace à dire « Oui Monsieur », « Bien Monsieur », « Est-ce que ce sera tout, Monsieur ? ». Si tu es chanceuse, tu auras peut-être le droit à un « au revoir » et là alors tu sais que tu fais ton boulot.


William n’était d’ordinaire pas loquace, mais ce soir était enfin de compte « un bon soir ». Etait-ce dû à la fermeture prochaine du bar (qu’il avait du dépasser d’ailleurs) ? Ou alors au fait qu’il pouvait s’accaparer Naya et en profitait pour l’amuser un peu comme on paie une dette ? Mais son sourire disparut soudainement quand elle l’interrogea sur l’objet qui le faisait voyager, oublier.. Il eut l’air de réfléchir tandis qu’il jouait avec le rebord de sa pinte.

- J’adore les carrousels. A fabriquer déjà, mais aussi les vrais. Mon père nous y emmenait souvent petits. J’avais l’impression de partir pour un autre monde, de galoper vers une autre contrée. Parfois il m’arrive d’y retourner, juste pour observer ce monde tourner sur lui-même.


Un sourire mélancolique stagna sur ses lèvres quelques instants. Son regard était fixé sur le fond de bière restante. Amélia avait terni, inconsciemment, sa vision du carrousel. Mais il se garda bien de le dire à voix haute. Il fallait sauver ce vestige-là, il en avait besoin. C’était son échappatoire à lui, pas à eux. Soudain il percuta sur les nouveaux propos de Naya et lui montra ses outils de travail, autrement dit ses mains.

- Ça, Princesse, ce sont des mains qui sont tout sauf maladroites !  Je serais un piètre fabricant de jouets si j’étais maladroit. Je n’ai pas toujours les meilleurs réflexes du monde, je te l’accorde, mais je m’en sors plutôt bien si tu veux tout savoir.


A l’évocation du monstre que pouvait être le passé, il eut un regard de sollicitude et un sourire qui se voulait compatissant, avant de se faire mutin.

- Et où aurais-tu voulu aller ? Me dis pas que tu rêves comme toutes les autres femmes, de gagner Paris et Dame de fer ? Dis-moi que notre Londres te ravit le cœur, Naya, s’il te plaît ! Londres n’a pas son pareil ! C’est une ville grandiose avec une histoire trépidante à chaque nouveau pavé, des brouillards qui s’étendent à perte de vue sur la Tamise, et qui laisseraient songeurs n’importe quel gamin ! Donne-lui donc une chance.


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Naya Caetana
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MessageSujet: Re: [Ouverte] Une journée comme les autres au club.   Mer 19 Sep - 15:09

Une journée comme les autres au Club.


Il arrivait aussi à Naya de recevoir ce genre de client. Particulièrement le week-end et c'était bien la raison pour laquelle son cousin ne la laissait jamais travailler seule. Le client désagréable, celui qui donne l'impression de ne pas vouloir être ici malgré sa volonté. Celui qui se sent supérieur parce qu'il se trouve de l'autre côté du comptoir. La brésilienne avait sourit à l'imitation de William, néanmoins silencieusement désolée que son métier ne soit pas aussi plaisant qu'elle l'aurait espéré. Elle imaginait à quel point ça devait être éreintant de passer des journées entières à sculpter des jouets tout ça pour ne recevoir à chaque fois qu'une moitié de reconnaissance. La jeune-femme réalisa qu'elle n'avait encore jamais fait de tour par sa boutique, chose à laquelle elle se promit aussitôt de remédier. Elle avait elle-même passée toute sa plus tendre enfance à jouer avec des sculptures en bois faites par son père. Naya aimait raviver ce genre de souvenir.

- Il te reste toujours les enfants. En ce qui les concerne, je suis certaine que tes jouets ne les déçoivent jamais.


Jusqu'à son arrivée à Londres, Naya n'avait jamais qu'entendu parler de choses comme les Carrousels. Mais le rappel bref des souvenirs de William parvînt à lui arracher un sourire, alors qu'elle s'imaginait elle-même aisément galoper vers cette autre contrée.

- Et qu'est-ce qui t'interdis de chevaucher à nouveau l'un de ces chevaux ? La porte de l'imaginaire est ouverte aussi bien aux petits qu'aux grands.


Un nouveau sourire était venu reprendre place sur ses lèvres. Elle termina son verre, tout en jetant un regard aux mains qui lui étaient tendues. C'est sur le ton de la plaisanterie qu'elle reprit finalement.

- Alors comme ça, je t'ai vraiment offensé...


Le reste des paroles de William parvinrent à lui arracher un léger rire alors qu'elle était entrain de secouer la tête. Naya n'avait aucune destination idéale. A vrai dire, s'il fallait vraiment choisir, elle rentrerait sans doute au pays. Maintenant pour une meilleure vie. Mais la vie à Londres convenait à Tiago, et elle-même devait bien avouer qu'elle avait commencé à prendre ses marques ici. Quand les journaux ne relataient pas des "attentats" ou bien des crimes, Londres était une ville animée et vivante. Elle pouvait aisément le reconnaître. Mais avant qu'elle ne puisse le faire, un bruit sourd émana de la porte d'entrée du bar, suivi de trois coups bien distincts. Elle jeta un rapide coup-d’œil à l'horloge. Vingt minutes de retard, c'était finalement raisonnable.

- Londres m'a enchaînée il y a quatre ans déjà. Ne t'inquiète pas, je ne compte pas tromper cette ville, décida-t-elle tout de même de lâcher, presque sur un ton de confidence, accompagné toujours par son air amusé. J'attendais mon frère avant ton arrivée. Malgré son retard son timing est plutôt bon pour une fois. Son regard s'abaissa brièvement sur le verre quasiment vide de son client. Je ne te mets bien-sûr pas à la porte mais...un peu quand-même. Jusqu'à la prochaine fois !

Naya attendit qu'il ait terminé son verre pour lui adresser l'un de ses plus beau sourire, ce après quoi elle mit les deux verres qui attendraient sagement son retour du lendemain pour être lavés dans l'évier. Sac de nouveau en main, elle contourna le comptoir pour rejoindre William de l'autre côté et se diriger vers la sortie. Elle éteignit les lumières derrière leur passage puis c'est nez à nez face à un Tiago tout trempé qu'ils tombèrent.

- Et après ça se dit responsable ! C'est le karma !
lança-t-elle à l'intention de son frère.

Ce dernier salua William avant de se répandre en excuses. Les conditions météorologiques ne s'y prêtant pas la conversation extérieure fut brève. Jusqu'à la prochaine fois, puisque c'est avec la carte d'adresse de la boutique Lamb que Naya ressortait de cette soirée.


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William Lamb
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MessageSujet: Re: [Ouverte] Une journée comme les autres au club.   Ven 21 Sep - 22:45

Une journée comme les autres au club.

Un sourire malicieux fendit ses lèvres à l’évocation des enfants, mais modeste, il ne répondit simplement rien. William aimait les enfants, et plus particulièrement, l’étincelle qu’il percevait dans leur regard. Bien que de tout âge, ils avaient tous un même point commun : ce désir d’innocence. Certains venaient en quête de la redécouvrir, d’autres dans l’idée de la laisser s’exprimer. Pour les adultes, c’était une éternelle reconquête, parce qu’ils savaient, au fond d’eux-mêmes, qu’ils donneraient tout pour redevenir l’enfant d’antan.

- Qui dit que je ne le fais pas ?

En réalité, il ne l’avait pas fait depuis sa rupture avec Amélia. Mais il se garda bien de le préciser préférant, de loin, rester sur une note plus légère et agréable.
A la seconde remarque, il haussa les épaules, énigmatique. En réalité, il n’était pas du tout homme à s’offenser pour si peu. Les cognements contre la porte le firent très brièvement sursauté. Du coin de l’œil, William observa la porte. Vrai qu’il était tard, il s’était éternisé. Il reporta finalement son attention sur Naya pour écouter la fin de leur conversation. Il vida son verre, paya son dû et sauta sur son tabouret.

- Londres n’enchaîne personne, je te le prouverai, Naya !


Pour répondre à son sourire, il lui adressa un clin d’œil avant de remonter le col de sa veste et de nouer son écharpe autour du cou. Il la suivit alors jusqu’à la porte d’entrée du bar et serra brièvement la main du frère de Naya. Il avait une certaine ossature qui impressionnait le jeune homme. Il avait cependant le visage du brave type, aussi William lâcha sur un ton qui se voulait amical et respectueux.

- Toujours un plaisir de discuter avec votre sœur, Monsieur. Mais vous devriez la faire sortir plus souvent. Cette petite pense que Londres est sa geôlière.

Puis dans un sourire amusé, il passa la porte direction chez lui et … ses problèmes. Les lumières s’éteignirent sur ses pas et la nuit s’abattit sur lui, ainsi que la pluie. Tant pis.

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