Harry Potter RPG
 

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 [Eléanor & Kevin] Nothing, nowhere.

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Kevin Entwhistle
Elève
Kevin Entwhistle

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MessageSujet: [Eléanor & Kevin] Nothing, nowhere.   Mer 8 Aoû - 3:59




Nothing, nowhere.
Eléanor & Kevin
 
Tout le monde a déjà connu ce moment dans sa vie. Celui où on se dit qu'on pourrait difficilement tomber plus bas. Qu'on a notre compte, au moins pour cette fois. Ce moment précis où on commence tout doucement à baisser les bras, en espérant que quelqu'un arrivera à temps pour nous rappeler de ne pas abandonner. Quelqu'un ou quelque chose, n'importe quoi. Tant que ça permettait de chasser la peur et de faire revenir l'espoir. Il y a un tas de choses qu'un adolescent de seize ans ne devrait pas avoir à affronter. Parmi les pires d'entres elles on comptera la mort et l'abandon. Dès qu'il avait été en âge de comprendre le monde qui l'entourait, Kevin avait aussitôt poser la question. Il se souvenait comme si c'était hier de la manière dont on lui avait annoncé sans vergogne qu'il avait été abandonné par ses parents à la naissance. Pendant des années, c'était tout ce qu'il avait sut à ce sujet. Il était un enfant non-désiré, blessé dans son estime un peu plus au fil du temps, à mesure que cette idée s'ancrait dans sa tête et son cœur pour y laisser des marques qui seraient sans l'ombre d'un doute à jamais indélébiles.  
L'existence d'Adam avait changé tellement de choses pour lui. Elle avait chassé sa rancœur pour le laisser espérer autre chose, quelque chose de plus beau. Quelque chose qui donnerait enfin un sens à tout ça. La fougue de l'adolescence lui avait permis de faire taire sa raison pour n'écouter rien d'autre que son cœur le jour où il avait embarqué à bord de ce bateau afin de quitter l'Amérique et de traverser l'océan Atlantique jusqu'en Angleterre. Il l'avait fait sans même se retourner, sans jamais se questionner au sujet de tous les enjeux. A ce moment là, il avait eu besoin de croire que tout serait différent à partir du moment où il serait enfin à Poudlard, face à Adam. Malheureusement, rien ne s'était passé comme il l'avait prévu.

Le brun avait été convoqué par Dumbledore lui-même à la fin de ses cours. Il lui avait remit en mains propre une lettre, celle que Kevin attendait depuis de nombreuses semaines désormais. Pour le moment, je garde sous silence ce qui s'est passé dans ce bureau. Tout ce qu'on a besoin de savoir c'est que le Serdaigle en est ressorti profondément chamboulé. Personne ne l'aperçut de la soirée, pas même ses camarades de Gryffondor. Le lendemain matin, il était pourtant comme tout le monde présent pour le petit déjeuner à la Grande Salle ainsi que les cours de la journée. [...]

Kevin avait été nerveux toute l'heure pendant son cours de botanique. Il avait fallut que ce soit le dernier de la journée, histoire d'accroître cette boule de nervosité à l'intérieur de son estomac. Une heure à stresser pour rien d'ailleurs, puisqu'il était évident que ses emprunts de la veille n'avaient pas encore été remarqués par la professeur. A la fin de la journée, il était directement allé récupérer ses racines de mangradore soigneusement dissimulées à l'intérieur de sa malle pour les fourrer au fond de son sac, entre deux bouquins de cours. S'il n'en n'était pas à son premier coup d'essai, Kevin était toujours aussi peu à l'aise avec les interdits. Comme pour la musique, il avait ce besoin de garder cette partie de lui secrète, même si son comportement s'apparentait bien plus souvent à celui d'un "bad-boy" qu'à celui d'un saint. Il entama une nouvelle course à travers les couloirs pour rejoindre les extérieurs. Il avait repéré un coin plutôt tranquille non-loin du Saule Cogneur, dissimulé par des buissons et des arbres. Ce serait parfait pour lui permettre d'être seul, et ainsi éviter qu'on ne le prenne la main dans le sac. Enfin, c'était censé...

Une vingtaine de minutes de solitude avant que des bruits de pas ne se fassent entendre derrière lui. Kevin écrasa vivement son joint au sol, non sans maugréer au passage. Dissimulé derrière un gros tronc d'arbre, il pivota un peu la tête afin de voir à qui il pouvait avoir à faire. Elle était face à lui même si elle ne l'avait pas remarquée, si bien qu'il la reconnue aussitôt. Eléanor, un carnet entre les bras et son sac en bandoulière sur l'épaule. Sans même qu'il ne s'en rende compte, ses lèvres s'étirèrent en un léger sourire pour la première fois depuis la veille. Il plaqua de nouveau son dos contre le tronc de l'arbre lorsqu'il la vit s'installer par terre un peu plus loin, certainement pour commencer à dessiner. Kevin hésita un long moment avant de prendre sa décision. Il pensait toujours ne pas vouloir briser sa solitude, et encore moins celle d'Eléanor. Qui sait combien de temps il était resté là à l'observer. Avant de finalement se lever pour sortir de sa cachette et s'avancer à mi-chemin jusqu'à elle.

- Le point de vue n'est pas mal non plus de là-bas. Il est moins dégagé bien-sûr, mais je crois que ça pourrait rendre ton dessin un peu plus vivant. Enfin, qui suis-je pour te donner des conseils ?


Mains dans les poches, il s'avança un peu plus encore, un léger sourire mutin accroché aux lèvres. On discernait sans mal à la lueur du jour les cernes qui avaient déjà prit place sous ses yeux, certainement encore plus creusées par ses yeux légèrement rougis.

- Tu vois, nous avons finis par nous recroiser finalement.





 

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Eleanor Branstone
Elève
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MessageSujet: Re: [Eléanor & Kevin] Nothing, nowhere.   Sam 11 Aoû - 20:02

Nothing, nowhere.

Dumbledore la regarda par-dessus ses lunettes en demi-lune. Elle ne broncha pas, déterminée. Non, elle n’avait rien à lui avouer, et pourtant, tant de questions à lui poser. Cette autorisation ? Elle y tenait fermement. Le Professeur Wilkes lui avait offert une opportunité qu’elle ne pouvait décemment pas manquer. Elle savait pourtant ses motivations malsaines. Pourtant, elle se devait d’en avoir le cœur net. De surcroît, elle voulait voir son Professeur en pleine action ; savoir s’il était vraiment ce qu’il prétendait être ou si ses propos n’avaient été dus qu’à Elle. Eléanor était curieuse de connaître ses failles, de toucher du doigt Sa vérité. Le Directeur l’avait-il ressenti ? Probablement. Son regard pénétrant, si bleu, laissait entendre à quel point il n’était pas dupe. Quelque chose, autre que les créatures fantastiques, la motivait. A moins qu’il n’y eut autre chose ? Savait-il que le Professeur Wilkes prétendait détester les nés-moldus ? Cette histoire était si absurde !

- Non … Professeur. Ce ne sont que des doutes communs à tout un chacun. La période adolescente associée à ces heures sombres provoque de nombreuses interrogations, mais je crois qu’il me revient d’y répondre par moi-même.


Une entourloupe qui convaincrait le Directeur, elle en était convaincue, ou presque convaincue. Le Professeur Dumbledore n’insista pas – il ne le faisait jamais – et lui tendit la convention de stage fraîchement signée. Elle avait obtenu son autorisation, enfin, après avoir passé des heures à y réfléchir. A tel point qu’Eléanor était persuadée qu’en 12h de temps, elle avait davantage pensé à Orcus Wilkes que Millicent elle-même. Quelle tristesse ! La Poufsouffle était pressée d’en finir avec cette histoire, mais d’un autre côté, elle ne se sentait pas prête à affronter le regard horrifié du Professeur de Botanique. Pas maintenant en tout cas, pas après sa confrontation avec Dumbledore. Alors elle prit congé et d’un pas rapide gagna les portes du château où elle respira une grande bouffée d’air frais. Ses joues étaient encore rouges de l’avoir trahie. Mais le plus dur semblait être fait. Priant pour ne pas croiser celui dont les mots ne cessaient de la tourmenter, Eléanor pressa le pas en direction du Saule Cogneur. Elle se garda bien de l’approcher davantage et resta à distance suffisante pour observer quiconque l’approchait, se faire sauvagement assaillir. Cet arbre portait bien son nom tant il était brutal. Il était fort, indiscipliné et indépendant. Tout ce qu’elle désirait être finalement. La Poufsouffle sortit son carnet et prit place, sur l’herbe fraîche. Le soleil déclinerait très bientôt pour lui offrir un paysage parfait. Evidemment, elle était bien trop songeuse pour remarquer celui qui l’épiait.

Ce soir, elle n’y parvenait pas. Ses pensées n’étaient pas raccordées à ce qu’elle voyait. Son coup de poignet était nerveux, peut-être un peu fatiguée. La journée lui avait semblé interminable, surtout en commençant par deux heures de potions ce matin. Le Professeur Rogue avait été d’une humeur massacrante, plus qu’à l’habituée. Puis il y avait eu les cours de DCFM, épuisants, avec un Fol-Œil toujours par-dessus son épaule à veiller à la bonne réalisation du sort. Et enfin la pile de devoirs écrasante à évacuer. Le seul point positif était qu’elle n’avait pas eu botanique ce jour, et ce n’était pas plus mal !
Eléanor s’évertuait à dessiner quand la voix pas encore familière la fit violemment sursauter. Un large trait fendait la page tandis qu’elle relevait un regard agacé vers l’importunant. A la vue de Kevin, il changea aussitôt. Ses yeux s’adoucirent et elle ferma résolument son carnet.

- Ce soir je n’y arriverai pas. Rien ne me vient. Mais ce n’est pas grave,
s’empressa-t-elle de dire en rangeant ses affaires.

Là, elle aperçut les différentes teintes agrémentant le regard du Serdaigle. Son état ne semblait pas être au beau fixe. Eléanor tapota l’herbe à côté d’elle pour l’inciter à s’asseoir, tandis qu’elle souriait à ses mots.

- Tu devrais faire attention, petit Serdaigle, nous avions convenu une journée exclusive.

Taquine, provocatrice, elle était pourtant bien aise de le voir. Finalement, c’était peut-être de compagnie dont elle avait davantage besoin. Le Serdaigle l’avait tirée d’un sacré mauvais pas la fois passée, sans compter qu’il avait su chasser ses idées noires le temps de quelques heures. Elle ne l’avait pas oublié.

- Tout va bien ? Je veux dire, tu as une tête encore pire que la mienne.

Car elle aussi portait ses cernes, et pas des moindres.

- Ne me dis pas que les Serpentards se sont vengés sur toi ! s’exclama-t-elle alors soudainement horrifiée par l’idée d’être responsable.

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Kevin Entwhistle
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MessageSujet: Re: [Eléanor & Kevin] Nothing, nowhere.   Sam 11 Aoû - 21:05




Nothing, nowhere.
Eléanor & Kevin
 


- Désolé, dit-il aussitôt avec une légère grimace en constatant du sursaut qu'il lui avait arraché. Je connais ça.

En effet, il connaissait plutôt bien ces moments où même la musique ne suffisait plus à l'apaiser. Ces moments où il était bien trop nerveux pour pouvoir gratter des sons convenables sur sa guitare. C'était d'ailleurs ce qu'il avait une énième fois vécu le soir de sa représentation au travail. Obnubilé et préoccupé par le visage d'Adam, il n'avait pas sut charmer les clients de prime abord. Ce n'est que plus tard dans la soirée qu'il s'était enfin un peu détendu, suffisamment pour se laisser aller dans sa propre musique en ignorant les autres.
Le geste d'Eléanor le poussa finalement à s'approcher davantage encore pour venir s'asseoir à ses côtés. Maintenant qu'il avait prit la peine de venir jusqu'à elle, il ne pouvait plus faire comme s'il n'avait pas voulu provoquer cette rencontre. Eléanor était aujourd'hui encore la seule personne avec qui il avait aimé partager de son temps. La seule qui lui était sympathique alors pour le moment il ne cherchait pas à se poser de questions. Il prenait les choses comme elles venaient, parce qu'au fond, son désir de solitude n'était qu'un choix qu'il s'imposait à lui-même la plupart du temps. Il ne se sentait pas comme les autres, ni-même en accord avec eux. Poudlard n'avait pas arrangé ça. Il était un Américain revenu dans un pays natal qu'il n'avait jamais connu, un pays qui semblait ne rien avoir de bon à offrir pour le moment qui plus est.

- Dans ce cas il devait être tacite parce que je n'en n'ai aucun souvenir.

Il jeta un regard un brin provocateur à la blondinette, alors qu'il s'amusait bien-sûr de la situation. Il ne réalisait pas encore que ses propos avaient pu être blessants, en partie parce qu'il ne s'en souvenait même pas lui-même. Il devait s'agir de l'une de ses énièmes réactions impulsive qu'il ne voulait pas laisser être gênante aujourd'hui. Après tout, ses propos étaient déjà démentis de toute manière, par lui-même qui plus est.
En observant d'un peu plus près le visage d'Eléanor, il ne tarda pas non plus à remarquer les cernes qui habillaient le dessous de son regard. Elle fut néanmoins la première à s'enquérir de son état. Au reste de ses paroles il rit un peu en secouant la tête.

- Tu rigoles ? J'espère pour eux qu'ils n'oseraient même pas !

Puis en haussant doucement les épaules, il reprit.

- Je vais bien. J'ai simplement...peu dormi cette nuit.


Kevin n'avait jamais été très doué pour mentir. Seulement il y avait un tas de choses que le monde ignorait encore et cette idée avait tendance à le consoler. En tout cas, c'était beaucoup mieux que la vérité car il n'aimait pas susciter l'empathie des autres. Etre au cœur de discussions c'était même une angoisse pour lui, habitué à être invisible aux yeux des autres.

- Et toi, c'est quoi ton excuse ? Elle peut être aussi bidon que la mienne, je crois que je ne t'en voudrais pas.


Sur ces mots il lui adressa un léger sourire avant de détourner les yeux pour aller arracher quelques brindilles d'herbes à côté de sa cuisse gauche, le regard rivé sur l'horizon.



 

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MessageSujet: Re: [Eléanor & Kevin] Nothing, nowhere.   Sam 11 Aoû - 22:27

Nothing, nowhere.

C’était ridicule, très ridicule, mais cela lui fit plaisir. L’idée que finalement elle n’était peut-être pas la seule à avoir apprécié leur première rencontre. A dire vrai, la jeune fille y avait repensé une fois ou deux, peut-être plus. Dans ses moments de doute ou de solitude, le sourire de Kevin lui était réapparu, enchanteur, rassurant. Eléanor en ignorait la cause mais il lui avait été d’un grand réconfort alors que ceux qu’elle aimait se trouvaient hors les murs. Naturellement, elle ne lui en dirait rien, ne serait-ce que pour éviter qu’il se fasse de quelconques idées sur ses intentions. Elle aimait son naturel nonchalant, y avait-il un mal à cela ?
Sans surprise, la Poufsouffle fut soulagée d’apprendre que les Serpentards n’avaient pas encore eu sa peau. Une partie certes remise, elle le savait mieux que quiconque, mais pour le moment cela n’avait nulle importance. Un sourire soulagé s’empara de ses lèvres et instantanément, ses épaules se détendirent. Elle le conserva également même lorsqu’elle perçut le mensonge. Il était normal qu’il ait des secrets et elle les acceptait, bien qu’une part de son esprit commençait déjà à s’imaginer mille et une choses. Puis le boomerang revint et la heurta de plein fouet. Que devait-elle lui dire ? Formuler un mensonge elle aussi ? Dire la vérité ? Elle était partagée. Eléanor aimait bien le jeu des sous-entendus, des mensonges assumés qu’elle comprenait sans les connaître, et d’un autre côté, elle ne se voyait pas mentir au Serdaigle. Elle ne pouvait se l’expliquer, cependant, ce qui était une bien curieuse impression. Tous deux faisaient des efforts pour mettre à mal leurs barrières respectives, si bien que se cacher paraissait presque stupide.

- Tu crois ?
répéta-t-elle d’abord avec malice. Monsieur Entwhistle me pardonnerait de lui mentir éhontément ? Quel honneur !  Eh bien …

Elle regarda tout autour d’eux comme pour vérifier que personne ne les écoutait ni ne les surveillait, puis elle se pencha pour murmurer à son oreille, un soudain air sérieux sur le visage.

- Je dessinais à l’orée de la forêt quand soudain le noir complet. Un bandeau sur les yeux, sur la bouche et des bras musclés m’agrippant et m’emportant dans les tréfonds de la forêt. Soudain mon dos heurta violemment un tronc d’arbre et là, six centaures en quête de vérité. Ils m’ont questionnée toute la nuit jusqu’au lever du jour. J’ignore quelle vérité ils cherchaient mais le véritasérum est désuet à côté d’eux.

Le regard pétillant d’humour, elle adressa un visage d’ange au Serdaigle, faussement innocente. Elle haussa les épaules comme ignorant ce qui clochait avant de rire légèrement.

- Non, plus sérieusement, je dors peu également. Pas mal de choses me travaillent, au point que je peine à dessiner. Ma tête est un vrai capharnaüm.

Elle eut un sourire navré, comme si elle s’excusait de ses tourments. Puis elle reporta son regard, à son tour, sur le soleil descendant. Le Saule Cogneur, lui, se battait avec de pauvres oiseaux. D’une certaine façon, il leur ressemblait : eux aussi adoraient repousser les intrus.

- Je suppose que si tu ne m’en parles pas, c’est que ça s’est mal passé ? – sous-entendu le concert- J’aurais vraiment aimé pouvoir te soutenir en personne, tu sais. Je suis désolée que ça n’ait pas répondu à tes attentes. Mais je suis certaine que la seconde fois sera la bonne, tu es bien trop doué pour te laisser intimider par le trac.



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MessageSujet: Re: [Eléanor & Kevin] Nothing, nowhere.   Sam 11 Aoû - 23:33




Nothing, nowhere.
Eléanor & Kevin
 

A vrai dire, il n'avait même pas repensé aux conséquences qu'aurait pu avoir son intervention auprès d'Eléanor l'autre jour. Il avait toujours eu un certain talent pour se foutre royalement de la haine des autres, ça avait d'ailleurs déjà eu par le passé une certaine tendance à irriter ses ennemis. Sa silhouette plutôt chétive ne lui en donnait peut-être pas l'air comme ça, mais il avait été un habitué des "confrontations" à Ilvermony. Là-bas, ils étaient très peu nombreux à avoir de scrupules lorsqu'ils en venaient aux mains. Il ne comptait plus le nombre de fois où il s'était battu dans cette école, à l'intérieur de laquelle il était tout de même parvenu à rester plus de cinq ans. Kevin n'était pas quelqu'un de prétentieux, mais il savait ce qu'il voulait et il refusait depuis toujours de se laisser démonter devant qui que ce soit. Les éventuelles représailles des Serpentards ne l'effrayaient pas, même s'il aurait peut-être dû. La réputation d'Adam le précédait déjà, même s'il n'en n'avait pas encore conscience. Et sans doute qu'elle finirait par peser dans la balance à la longue.

- Un honneur ? Je n'en dirai pas autant. Après tout, c'est ce que tout le monde fait perpétuellement non ? Mentir. Qui a déjà répondu honnêtement à un "ça va", sérieusement ?

Ses questions n'attendaient pas vraiment de réponses. C'était seulement son cynisme qui resurgissait tout d'un coup, malgré lui. Il espérait qu'Eléanor saurait garder cette attitude légère et qu'elle ne s'en formaliserait pas. Il venait bien évidemment de faire une généralité qui ne la concernait pas vraiment, même s'il avait été le premier à prouver la véracité de ses paroles avant que la blondinette ne décide d'en plaisanter. Très rapidement son histoire lui arracha un nouveau sourire alors qu'il reposait son regard sur elle, les sourcils légèrement froncés.

- Si tu n'avais pas fini sur des centaures...j'aurais pu y croire ! Ça a commencé en prenant des tournures de fantasme inavouable, c'était crédible.

Un nouveau rire s'échappa de ses lèvres, signe qu'il prenait tout ça à la légère. Ce n'était pas son genre de plaisanter sur ce genre de choses habituellement, mais il se devait bien d'admettre que c'était la première chose qui lui avait traversé l'esprit en écoutant son récit, jusqu'à la mention des centaures en tout cas, venu dissiper toutes ses pensées de ce genre-là. Face à la vérité il se contenta d’acquiescer en affichant un sourire désolé. Il n'allait pas encore dire à voix haute qu'il la comprenait, le brun trouvait l'avoir déjà bien assez dit. Il ne voulait pas non plus que sa petite réflexion jette un nouveau froid alors il fut bienheureux de l'entendre tourner le sujet sur lui afin de lui donner de quoi passer à autre chose assez rapidement. Bienheureux ? Une première ! Cette réflexion faîte à lui-même lui fit se racler la gorge avant de reprendre la parole.

- Dire que ça s'est mal passé serait un grand mot.
Dire que ça s'est bien passé serait un mensonge, confia-t-il en haussant doucement les épaules. Je crois que rien n'aurait pu changer le désastre que ça a été...

Un profond et long soupir s'échappa de ses lèvres alors qu'une nouvelle fois, il arracha quelques brindilles d'herbes pour les jeter ensuite devant lui.

- Mais c'est pas important. Je n'avais pas d'attentes particulières pour cette soirée, à vrai dire. J'espérais simplement être le moins pitoyable possible et je crois que j'ai à peu près réussi ça grâce à la fin de la soirée. Je ne sais pas si ça ira mieux avec le temps mais de toute manière...je n'aurais pas le choix. J'ai besoin d'argent. Et je dois être capable de jouer devant mes clients aussi bien que je les sers si je veux conserver ce travail.


Ses yeux d'un vert émeraude pâle se reposèrent sur elle alors qu'il avait l'air plus gêné et un peu hésitant. C'est à voix basse qu'il reprit finalement.

- Je suis un peu comme toi, tu sais. Avant, ma musique c'était un peu mon jardin secret. Alors c'est étrange de l'exposer soudainement aux gens. Je pense que c'est quelque chose que tu peux comprendre.




 

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MessageSujet: Re: [Eléanor & Kevin] Nothing, nowhere.   Dim 12 Aoû - 10:32

Nothing, nowhere.

Mentir. Que pouvait-elle répondre devant une telle vérité ? Tout le monde mentait, que la raison fut noble ou non. Ce commentaire l’attrista l’espace d’un instant. Aucun d’eux n’aurait dû en arriver là, à bafouer les vertus de la vérité, préférant la craindre et l’éviter. Eléanor n’aimait pas mentir, pourtant, elle le faisait pour fuir les regards, les gens, leurs commentaires. Fuir était une lâcheté commune à tous les êtres humains. Une tristesse de plus dans ce monde, sans nul doute. Mais une porte de sortie dont ils ne pouvaient plus se passer désormais. La Poufsouffle fut néanmoins tirée de ses réflexions par la soudaine familiarité de Kevin. Ses paroles, aussi déconcertantes que gênantes, la firent rougir jusqu’aux oreilles tandis que son regard exprimait la pure surprise. Mademoiselle était sans voix. Des fantasmes inavouables ? Pourquoi ? Comment ? Ce n’était absolument pas ce qu’elle avait voulu formuler ! L’idée d’imaginer Kevin … la fit frissonner des pieds à la tête. Sa liberté lui était bien trop précieuse pour qu’elle en vienne à accepter d’être attachée et malmenée de la sorte. Ses sourcils se froncèrent quelque peu. Le Serdaigle était-il donc comme ça ? Heureusement entendre son rire gorgé d’humour balaya ses doutes et Eléanor se permit de respirer à nouveau. Non, ces blagues-là, elle ne les aimait pas franchement !

Un voile de tristesse finit par se poser sur son regard lorsqu’elle comprit qu’effectivement ce concert s’était mal passé. Si Kevin cherchait à relativiser les choses, en se sous-estimant notamment, elle voyait les choses tout autrement. A quoi était-ce dû ce trac ? Elle se le demandait. Kevin demeurait un véritable mystère pour elle, quand bien même il lui ressemblait plus que quiconque à Poudlard. Ce n’était pas de la pitié qu’elle ressentait à son égard, ni même de la compassion, simplement une envie de le rassurer, de lui donner un peu de sa force. Alors Eléanor fit ce qu’elle n’avait jamais fait : elle agrippa le poignet du brun et pressa ses doigts doucement tout autour.

- Oui, je comprends, murmura-t-elle en retour. Cela viendra, dès que tu auras suffisamment confiance en eux et en toi. Imagine-toi crier au monde ce que tu ressens et s’il pouvait t’entendre, qu’est-ce que tu aurais à lui dire ?

Ce fut en serrant davantage son poignet que les paroles du Pr Fenwick lui revinrent en mémoire. Un geste d’amitié … une main qu’elle tendait à un inconnu … Était-ce donc à cet instant-là qu’il faisait référence ? Était-ce ce geste-là que ne pouvaient comprendre les mangemorts ? Elle eut un léger sourire pour elle-même tandis qu’elle observait la pression de ses doigts avant de les relâcher finalement. Ses yeux se relevèrent vers ceux de Kevin et elle sourit un peu plus encore.

- Tu dois cesser d’avoir peur si tu veux atteindre ton objectif. Mais …


La Poufsouffle parut réfléchir un instant. Elle jeta un long regard au soleil teinté d’orange, se racla très légèrement la gorge et s’élança de nouveau dans les méandres de ses pensées en posant ses prunelles dans celles de son camarade.

- Je crois en réalité que tu as le choix et que tu as pris ce choix. Tu ne vends pas ta musique contre de l’argent. Nos talents respectifs sont bien au-delà de tout l’argent du monde, Kevin. Tu as fait le choix de t’exprimer publiquement parce que tu en ressens le besoin. Si tu ne tenais pas à jouer devant un public, à partager tes pensées et tes souffrances les plus profondes, alors tu ne le ferais pas, même pour tout l’argent du monde. Tu ne sacrifies pas ta musique, ici, mais les barrières que tu ériges tout autour de toi. Et c’est effrayant, effrayant de se dire qu’on ne sera peut-être pas compris, que la chute peut être vertigineuse ou qu’on peut provoquer quelque chose chez les gens. Je crois que tu as tellement à leur dire que ça te reste coincé dans la gorge, dans tes mains. Ce n’est pas ton jardin secret que tu leur ouvres, c’est un plaidoyer que tu leur offres, tu sais. Et moi je veux l’entendre une nouvelle fois,
avoua-t-elle dans un léger sourire timide et sincère à la fois.

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MessageSujet: Re: [Eléanor & Kevin] Nothing, nowhere.   Lun 13 Aoû - 3:58




Nothing, nowhere.
Eléanor & Kevin
 

Kevin n'avait qu'à peine prêté attention aux joues rougies d'Eléanor avant de détourner son regard sur l'horizon et le soleil couchant. Ses confessions semblaient avoir provoqué un léger silence dont il ne se formalisa pas. Une bourrasque de vent plus tard, les doigts fins de sa camarade désormais sur son poignet le rappelèrent tout d'un coup à l'ordre. Il se figea malgré lui et ses yeux se posèrent aussitôt sur la blondinette. Ce contact, son regard. Il fut comme obnubilé par ses paroles tandis qu'il observait à la fois ses yeux et à la fois ses lèvres. Un petit sourire amère passa sur les siennes sans même qu'il ne s'en rende compte, ce après quoi il détourna un bref instant les yeux. Il commençait à comprendre ce qu'il appréciait chez elle. S'il avait tout d'abord pensé qu'ils se ressemblaient, l'avis du brun avait déjà commencé à changer. Son honnêteté pouvait parfois être déconcertante et blessante, mais Kevin avait à son âge déjà une opinion précise de ce qu'était la vie et de ce qu'elle avait à offrir. Bien-sûr, elle aurait très certainement l'occasion d'encore changer au fil du temps. Mais il croyait à ce qu'il croyait aujourd'hui, il était comme il était. Ni la vie, ni le monde ne l'avait gracié jusqu'à présent. Il y aurait toujours pire que soi-même, ça Kevin le savait bien, mais ça ne changeait rien à la façon dont il ressentait les choses au plus profond de lui-même.

- Le monde peux déjà m'entendre. Je pourrais déjà lui crier ce que je ressens si c'était ce que je voulais, mais je crois sincèrement qu'il s'en foutrait.

Qui se soucierait de l'histoire d'un pauvre gamin, abandonné par ses parents à la naissance ? Cette pensée raffermit un peu plus encore son visage et son regard. Eléanor lâcha son poignet peu de temps après ça. Pendant un quart de secondes, il eut du mal à avaler sa salive. Sans trop savoir exactement pourquoi, il commençait à avoir le trac. Nerveusement, il passa les doigts de sa main droite sur son poignet gauche, celui que la blondinette avait tenu un peu plus tôt. Il osait à peine aviser les réactions de sa camarade. Il savait très bien que leurs divergences d'avis risquerait de jeter un froid. Si ce n'était pas maintenant ce serait plus tard. Il avait montré à leur rencontre à Eléanor une partie de lui qu'il n'avait encore jamais montré à personne, et il commençait à comprendre qu'il lui avait en même temps permis de le voir bien plus que personne. Elle ne s'en rendait peut-être pas compte mais lui le savait, et il n'avait pas pour habitude de savoir gérer ça. Il ne voulait pas avoir à gérer ça. Le silence fut à nouveau briser par la blondinette. Peu à peu ses yeux se reposèrent à nouveau sur elle. Et malgré lui il se sentit bouillir, à nouveau. Elle ne connaissait pas la vérité. Elle ne pouvait pas la connaître. Lorsqu'il jouait c'était avec son cœur, avec son âme. Il n'était pas musicien, il n'était rien de plus qu'un gamin paumé en quête de paix. Cette musique, c'était la sienne. Et Eléanor se trompait. Il ne désirait pas la partager. Pas devant un monde à moitié corrompu, lui-même en quête de paix. Elle était déjà si difficile à atteindre seul. Sa gorge se noua soudainement et ses yeux tombèrent au sol en même temps que sa colère finalement.
Eléanor ne pouvait pas savoir. Elle ne pouvait pas comprendre. Pas sans connaître cette vérité qu'il n'était pas prêt à révéler. Kevin se contenta alors de lui adresser un sourire, puis ses yeux se perdirent à nouveau sur l'horizon.

- Pas ce soir...murmura-t-il simplement.

Son absence de réponse avait dû faire sentir à Eléanor qu'il avait besoin de ce silence. Le Saule Cogneur avait finalement cessé ses mouvements incessants, comme lui aussi bercé et calmé par le crépuscule et ses magnifiques couleurs. Ses yeux se reposèrent brièvement sur la blondinette, mais c'est toujours face au coucher du soleil qu'il reprit.

- La dernière fois, j'ai joué pour toi alors que je ne m'en sentais pas capable. Je t'ai observée pendant que tu fermais les yeux et tout à coup...je sais pas, c'était comme si je pouvais te faire confiance.


Le visage impassible, il se tourna soudainement vers elle.

- Dessine-moi. Si tu ne l'as pas déjà fait, j'aimerais beaucoup que tu le fasses maintenant.

Il se recula un peu pour ramener ses jambes contre sa poitrine, puis avec un léger sourire en coin, il reprit, sans même la quitter des yeux.

- Je veux voir comment tu penses me voir, Eléanor Branstone.



 

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MessageSujet: Re: [Eléanor & Kevin] Nothing, nowhere.   Lun 13 Aoû - 22:49

Nothing, nowhere.

La jeune élève secoua la tête, persuadée que le monde ne pourrait pas être aussi insensible à l’histoire du beau brun. Le monde ne pouvait pas être aussi mauvais, aussi égoïste. Elle ne pouvait pas y croire. Comment pourrait-elle défendre un tel monde ?

- Tu crois, mais tu ne le sais pas, Kevin, cela fait toute la différence. Le monde ne peut pas penser à ta place et tu ne peux pas penser à la place du monde.

Elle était loin de la vérité, loin de comprendre à quel point ses paroles perturbaient le Serdaigle. Son intention était pure, elle voulait le rassurer, lui dire que tout irait bien. Tout au contraire, elle était en train d’échouer lamentablement. Eléanor ne soupçonnait pas la colère enfouie dans le cœur de Kevin. Pourtant, elle aurait dû, car elle-même aurait été incapable de faire aussi bien que lui, comme elle-même aurait détesté que l’on s’immisce ainsi dans sa vie et dans ses pensées. Elle sourit doucement à sa réponse et acquiesça en silence. Un silence qu’elle interpréta mal, bien entendu. Comment lui en vouloir ?

- Tu ne me connais pas Kevin et moi la première, je serais incapable de faire confiance à un ou une inconnue. Tu peux te fier à moi, si tu le désires, mais je ne te le demande pas, et ne te le demanderai jamais.

Sa voix sonna fermement, peut-être même plus qu’elle ne l’aurait voulu. C’était son tour d’ériger ses propres barrières. Eléanor ne demandait pas à ce qu’on lui fasse confiance et en retour, elle espérait la même chose. Kevin ou pas. Elle inspira profondément et finit par lui adresser un léger sourire. Elle non plus ne savait pas. Les relations humaines et elle, c’était une histoire dans laquelle elle ne trouvait jamais réellement sa place. Puis, contre toute attente, la blondinette entendit la curieuse demande. Il n’y avait eu que Peeves pour la lui faire, jusque-là. La Poufsouffle arqua un sourcil surpris.

- Quoi ?!


Mais il était on ne peut plus sérieux, provocateur même. L’élève pensa d’abord à dire non, à refuser ouvertement et sans appel. D’une part parce qu’elle le sentait le piège à plein nez, d’autre part parce qu’elle ne se sentait pas l’envie de dessiner à ce moment précis. Quelque part, dans sa tête, demeurait l’ombre de leur Professeur de botanique. Elle avait une autorisation à lui donner en main propre, une excuse suffisante pour se défiler. En même temps, la perspective de goûter à la langue acerbe du Pr Wilkes ne l’enchantait guère plus. Alors elle ouvrit la bouche, une fois, deux fois, trois fois, à chaque fois pour dire non. A la quatrième tentative, elle fronça les sourcils. Mademoiselle se sentait sur le point de céder, ce qui la contrariait profondément. Dans une moue presque boudeuse, elle alla jusqu’à le fusiller du regard en réponse à cet air de défi, presque arrogant. Elle ramena son sac d’un geste brusque et sortit son carnet ainsi que ses fusains.

- Je te préviens,
le menaça-t-elle alors de son fusain, c’est MA vision. Elle peut être fausse, véritable, avantageuse, totalement à côté de la plaque, elle m’appartient et tu n’as strictement pas ton mot à dire dessus ! C’est clair ?

Son regard était à la limite de lui lancer des éclairs, tout simplement parce qu’il franchissait une ligne considérable. Eléanor savait que ses dessins reflétaient ses pensées et non la vérité, et en son for intérieur, elle craignait qu’il en rit. La Poufsouffle pensait fortement que sa demande n’était due qu’à sa volonté de lui briser sa vision de lui-même. Alors pour quelle raison s’élançait-elle droit dans le mur ?

- Et pour ta gouverne, non, je ne t’ai pas encore dessiné. Tu es trop changeant, Kevin Entwhistle. Même les fusains n’ont pas réponse à tout.

Rien que sa propre phrase aurait dû lui mettre la puce à l’oreille sur la suite des événements…
Un dernier regard noir et elle se lança. Aussitôt, la douceur revint dans ses iris, accompagnée de la seule concentration. Une part d’elle paniquait. L’autre, était suffisamment têtue pour se protéger en cas de problème. A coup de fusain, son poignet entama le contour du visage, harmonieux dans ses traits. Ce n’était pas ce qu’elle redoutait le plus. Ses yeux se levaient souvent sur lui puis se rabaissaient aussitôt. Très vite, l’extérieur du visage apparut, dans son intégralité, avec l’aura ombrageuse qu’elle percevait chez lui. Cette partie-là était la plus simple, notamment parce qu’elle n’avait pas grand-chose à cacher. La suite en revanche allait être une autre paire de manches.

Sa nervosité ne faisait aucun doute. Ses propres traits étaient figés. Eléanor était tout sauf à l’aise. C’était la première fois que le dessin provoquait chez elle une telle pression. Elle avait commencé le pourtour des lèvres quand soudain, elle suspendit son geste et ferma avec frustration son carnet.

- Je ne peux pas, souffla-t-elle les lèvres serrées. Je ne peux pas te cerner en quelques coups de fusain.

La colère fit trembler ses mains, tant l’échec lui était cuisant. Jusqu’à présent, elle se foutait de la vérité, de l’histoire des individus qu’elle dessinait. Elle esquissait ce qu’elle lisait sans craindre qu’on l’observât par-dessus son épaule, ou qu’on la jugeât. Face à lui, tout était différent, autrement dit : rageant.

- J’ignore ce que tu cherches, mais mes dessins prennent du temps, des heures. Le premier regard n’est toujours que préjugé, et je sais que tu n’attends que ça,
l’accusa-t-elle alors en plantant son regard dans le sien. Sauf que je ne compte pas te coller des étiquettes juste pour que tu me dises que j’ai tort. Si le monde ne peut pas te comprendre, pourquoi le pourrais-je, Kevin ? Je ne peux pas dessiner quelqu’un qui m’attend au tournant, désolée.



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MessageSujet: Re: [Eléanor & Kevin] Nothing, nowhere.   Mer 15 Aoû - 2:26




Nothing, nowhere.
Eléanor & Kevin
 

Sa demande était particulière, peut-être même qu'elle serait inédite pour Eléanor. Il n'était pas comme les autres, elle avait dû s'en rendre compte à leur première rencontre déjà. Mais elle non plus, elle n'était pas comme tout le monde. Kevin n'avait pas besoin de la connaître davantage pour en être persuadé. Pourtant, il lui restait tout un tas de questionnements au sujet de la blondinette auxquels il ne parvenait pas à répondre. Des questions qu'il ne se posait pas habituellement. Mais elle avait l'air...si différente.
Il ignorait ce qu'elle savait de lui. Ce qu'elle pensait avoir vu, ou bien deviné. Il ignorait à quoi pouvait ressembler son opinion, mais ce qu'il redoutait aussi par dessus-tout, c'était qu'elle n'en n'ait même pas. Il s'était ouvert par le biais de sa musique le jour de leur rencontre en s'imaginant que ça ne l'engagerait en rien. Maintenant qu'il était de nouveau face à elle, le garçon réalisait qu'il s'était trompé. Et la peur...la peur régissait bon nombre de ses actions. Il ne pouvait pas encore lui dire à voix haute ce qu'il pensait tout bas, mais il pouvait lui demander de s'ouvrir à lui comme il s'était ouvert à elle. Peut-être qu'ainsi, elle comprendrait. Il avait besoin qu'elle lui fasse confiance, comme lui avait pu lui faire confiance. Et ce, même s'ils n'étaient encore que des inconnus l'un pour l'autre.
Face à elle, il ne manqua pas une miette de ses réactions. Il vit la peur qu'il connaissait si bien dans son regard. Pendant un instant, son sourire provocateur avait dû se transformer en un sourire une nouvelle fois amère, avant qu'il ne s'adoucisse à nouveau en entendant la réponse de sa camarade. Elle avait beau l'avoir fait avec beaucoup de mal, elle avait finit par accepter. Il ne pouvait pas lui tenir rigueur du reste. Du moins, pas encore.

- Je ne jugerai pas le résultat, Eléanor. Je veux juste te voir me dessiner, assura-t-il les sourcils légèrement froncés.

Ses lèvres s'étirèrent malgré tout en un bref sourire sincère. Il commençait à flairer la méfiance de sa camarade, mais il était loin de se douter qu'elle s'imaginait qu'il l'attendrait au tournant après ça. Il n'était pas entrain de la tester, ni-même d'appréhender le résultat. Non...ce qu'il commençait déjà à redouter, c'était encore une fois qu'il n'y en ait pas. Eléanor allait-elle être capable de s'ouvrir à lui comme il s'était ouvert à elle ? Et si ce n'était pas le cas...serait-il capable de ne pas se sentir menacer par cette vulnérabilité qu'il lui avait révélé ?

- Est-ce que c'est un défaut ?


Il s'attendait à recevoir un énième regard noir de la part de la blondinette, mais il s'était d'ores et déjà armé d'un sourire mutin pour accuser le coup. Il avait grand besoin de rendre à la situation moins d'importance qu'elle ne semblait en prendre à l'intérieur de lui et tout autour d'eux. Ses doigts s'agrippèrent à son pantalon tandis que le silence s'instaurait peu à peu. Après les cinq premières minutes, lui-même commença à trouver la situation gênante. De temps à autre il fermait les yeux pour ne plus avoir à lui faire sentir le poids de son regard mais il voyait tout aussi bien que ça n'avait pas l'air d'aller. Est-ce que le dessin représentait toujours autant de pression pour elle ou est-ce que c'était seulement lui qui lui procurait cet effet ? Devant eux le soleil déclinait de plus en plus. Très bientôt et avant qu'elle ne puisse terminer, la lune l'aurait remplacé. Mais Eléanor abandonna avant l'apparition des premières étoiles. Son carnet claqua soudainement et c'est le visage fermé que Kevin décida de se relever aussitôt.

- Me cerner ? Ce n'est pas ce que je te demandais.


Un soupir s'échappa aussitôt de ses lèvres, mais il resta face à elle pour pouvoir soutenir son regard.

- Tout le monde est obsédé par la vérité. Moi-même, je le suis. Mais elles ne sont pas toutes bonnes à apprendre, à entendre, ou bien-même à dessiner. J'avais peur que tu me juges et pourtant, j'ai joué pour toi. C'est quoi, ton excuse à toi ?


Le silence s'installa pendant un instant. Un instant durant lequel il décida finalement de tourner le dos à sa camarade pour faire face à l'horizon. Assez vite, un petit rire jaune s'échappa de ses lèvres.

- La confiance fonctionne dans les deux sens. Tu te trompes sur moi, Eléanor. Mais désormais, tu sais au moins ce que j'ai ressenti devant tous ces gens. Pour ce que ça vaut...


Il commença doucement à se reculer. Il n'avait pas l'air en colère, plutôt résigné. Finalement, tout ça...c'était bel et bien un test. Il n'avait pas pu s'en empêcher et elle ne l'avait pas réussi. Parce que tout ce qu'il avait décidé de retenir c'était qu'elle se méfiait de lui. Comme lui se méfiait de tous les autres.

- Tu trouveras sans doute tes réponses avec le temps. J'imagine que c'est ce que tu fais toujours devant une vérité que tu ne peux pas déchiffrer.



 

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MessageSujet: Re: [Eléanor & Kevin] Nothing, nowhere.   Mer 15 Aoû - 20:13

Nothing, nowhere.

Son regard s’était assombri. Il ne comprenait pas ce que son échec signifiait, pour elle et même pour lui. A quel point elle en était gênée, à quel point elle venait de se trahir, à cause de lui. C’était inexplicable, mais elle en fulminait. La fatigue et ces derniers jours n’arrangeaient sûrement pas son humeur. Eléanor lui en voulait particulièrement de la pousser dans de tels retranchements, et surtout de l’accuser d’une certaine hypocrisie.

- Mon excuse à moi ? Mon excuse à moi ?! répéta-t-elle encore une fois en serrant ses poings de colère. Je vole des vérités à travers mes dessins, je m’en empare sans permission aucune. Je ne veux pas te voler les tiennes, Kevin, tu peux comprendre ça ?

Elle se leva finalement pour lui faire face et lui tenir particulièrement tête. La situation, des plus ridicules, lui échappait totalement. Elle n’avait pas prévu une telle réaction, peut-être parce que justement, elle ne s’était pas suffisamment méfiée.

- La confiance se forge dans la vérité. Tu aurais préféré un mensonge ? Que je simule ce que je perçois de toi ? Je t’ai montré mes dessins, et si ce n’est pas suffisant pour toi, libre à toi de partir. Mais je n’ai jamais donné ma confiance en un jour et ce n’est pas aujourd’hui que je le ferai. Si tu bases la seule confiance sur le fait que je puisse te dessiner ou non, alors non, Kevin, tu ne mérites absolument pas la mienne.

Il avait raison sur un point néanmoins : elle s’était trompée sur lui. La jeune élève avait espéré davantage de sollicitude ou de compréhension de la part de son camarade, davantage de réciprocité. Pour quelle raison voulait-il à tout prix sa confiance ? Elle l’ignorait. Une chose était certaine en revanche, elle était aussi frustrée que déçue. Et elle ne s’en cachait absolument pas. A l’intérieur, elle était tiraillée entre partir et rester. Partir pour ne plus avoir à faire à lui, rester pour lutter contre l’injustice dont elle se sentait l’objet. Son orgueil était blessé, ce ravissement qu’elle avait ressenti en le voyant, également. Même Wilkes lui aurait été préférable en cet instant. Eléanor se mordit la lèvre, attrapa son sac violemment et combla la distance qu’il y avait entre eux. Le train Eléanor allait se mettre en marche et rien ne pourrait l’arrêter avant qu’elle ne l’eut elle-même décidé.

- Tu imagines beaucoup de choses, Kevin Entwhistle, surtout ce qui t’arrange en réalité, l’accusa-t-elle en tapant son buste du doigt. As-tu seulement pris le temps de t’admirer dans un miroir, ne serait-ce que cinq minutes ? Tes yeux parlent en boucle et changent de sujets à chaque instant. Ils content mille histoires mais de façon si brouillonne, si blessée qu’elles sont incompréhensibles, même pour moi. Ton visage aussi porte en lui ton histoire, mais si je dois la connaître, je préfère que tu me la racontes, sauf si tu as peur de le faire et alors tu ne peux rien me reprocher. Surtout que, je te le répète, je n’ai pas demandé à avoir ta confiance. Tu as joué parce que tu le souhaitais, non parce que je te l’ai demandé. Et jusqu’à maintenant, je ne regrettais absolument pas ton geste …  

Elle leva les bras en l’air, signe que la situation la désespérait. Deux fichues rencontres et ils en étaient déjà là. Pourquoi faisait-elle ça déjà ?

- … jusqu’à ce que tu me colles une dette au dos. Le dessin est mon exutoire, mon loisir et le tiroir de mes pensées les plus sombres. Refuser de dessiner en ta présence devrait te flatter plutôt que t’offenser. Mais de toute évidence, tu attendais autre chose., la question c’est : quoi ?



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MessageSujet: Re: [Eléanor & Kevin] Nothing, nowhere.   Jeu 16 Aoû - 21:43




Nothing, nowhere.
Eléanor & Kevin
 

Kevin non plus n'avait pas prévu ce revirement de situation. Si face à la colère d'Eléanor il était évident qu'il en était à l'origine, le brun aurait préféré que les choses se terminent autrement.Tout comme elle sans doute. Sauf qu'à sa différence, il faisait tout pour garder le visage impassible. De temps à autres il se trahissait, avec des regards perplexes ou bien des sourires amères. Comme après les paroles de sa camarade, qui déclarait pouvoir voler la vérité aux autres rien qu'en la dessinant. Alors pourquoi tant appréhender qu'il puisse juger sa vision des choses si en plus de ça elle s'avérait vrai ? Il décida de se terrer une nouvelle fois dans le silence, comme il savait si bien le faire lorsque son impulsivité ne prenait pas le dessus. Eléanor se leva pour venir lui faire face. C'est sans démonter qu'il affronta son regard, mains dorénavant glisser dans les poches. Face aux paroles de la Poufsouffle, sa réaction fut immédiate cette fois.

- Non, justement ! Ce que je voulais c'était ta, vérité. A aucun moment je ne t'ai demandé de simuler ! Tu m'as peut-être montré tes dessins, mais à mes yeux c'est comme...comme si je t'avais fais écouté une cassette de l'un de mes morceaux. Alors non Eléanor, je m'excuserai pas d'avoir cru que...tu sais quoi ? C'est sans importance maintenant je crois. Je fais avec ce que j'ai. Navré d'être une déception.

Ses yeux restèrent plantés dans le regard qui lui faisait face. Il se voulait toujours aussi impassible mais c'était évident qu'il commençait à être en colère lui aussi. Commencer...c'était un bien grand mot. Ses poings se serrèrent à nouveau dans ses poches jusqu'à ce qu'il décide de se détourner une nouvelle fois, en même temps qu'elle. Mais bien vite, la colère de la blondinette reprit le dessus. Il eut l'air bien plus déconcerté devant ce niveau discours. La gorge de Kevin était entrain de se serrer violemment, malgré lui. Les premières accusations d'Eléanor ne le laissèrent pas indifférent, mais ce qu'elle lui demandait déjà...c'était beaucoup trop pour lui. Il n'avait jamais racontée son histoire à qui que ce soit. En Amérique, le simple fait qu'il ait porté le nom "Smith" mettait ses camarades sur la voie, si bien que personne ne pensait jamais à lui poser de questions. Ici, tout était différent. Il avait le choix d'être quelqu'un d'autre, d'être rien de plus que Kevin, le frère de l'introuvable Adam. Il manquait énormément de fond et d'éléments à cette histoire mais le Serdaigle avant tant envie d'y croire...plus qu'à celle qu'il vivait jusqu'à présent. Ses yeux avaient finis par se baisser et ses mains étaient finalement retomber le long de son corps. Il aurait ri au nez du premier qui lui aurait dit qu'il serait bientôt blessé par les paroles d'une quasi-inconnue mais il en était bien là, qu'il le veuille ou non. Était-il pour autant le seul responsable ? Une nouvelle fois le silence avait régné en maître, démontrant qu'il lui laissait peut-être raison. Il cherchait surtout encore ses mots, d'autant plus après la question qu'elle venait de lui poser. Qu'est-ce qu'il attendait vraiment ? Kevin n'était plus sûr de le savoir. Il se mordit l'intérieur de la joue en confrontant de nouveau le regard d'Eléanor, avant que ses épaules ne finissent par s'hausser de lassitude.

- Tu n'étais pas censé voir ça comme une dette. Je crois que je voulais juste...je sais pas, te voir me dessiner. Partager l'un de ces moments avec toi, comme je t'ai laissée partager l'un des miens. J'espérais que tu puisses avoir assez confiance en moi.


Il se racla la gorge, bien décidé à récupérer bonne figure.

- C'était une erreur, visiblement. Et c'était idiot. Je n'aurais pas dû te demander ça. Oublie, s'il-te-plaît.

Il shoota dans un caillou, lui accorda un bref sourire, puis il se tourna de nouveau face à l'horizon. Si elle comptait partir, il n'allait pas la retenir. Peut-être que ce serait une erreur mais il était comme ça. Il les enchaînaient, surtout lorsqu'il s'agissait des relations humaines. Cette peur était titanesque en lui. Il était bien trop blessé et esseulé depuis longtemps pour avoir le courage de s'autoriser à s'attacher à qui que ce soit. Si Eléanor était déjà capable de le blesser, le garçon était incapable de ne pas penser que cette dispute serait pour le mieux finalement.



 

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MessageSujet: Re: [Eléanor & Kevin] Nothing, nowhere.   Ven 17 Aoû - 9:25

Nothing, nowhere.

Il la laissa bien silencieuse. Eléanor baissa la tête un court instant, touchée et désappointée. Qu’est-ce qui n’allait pas chez eux, fut la première question qu’elle se posa. Naturellement sa colère était tombée devant la culpabilité et la propre déception du Serdaigle. Que devait-elle et que voulait-elle faire, furent la deuxième et la troisième question qui lui vinrent. Deux rencontres, seulement deux rencontres, et ils étaient déjà dépassés alors qu’ils n’étaient même pas amis. La situation était d’une absurdité sans nom, une absurdité qui se basait sur un quiproquo, Kevin préférant voir ce qu’il voyait, et elle préférant se retrancher derrière ses barrières plutôt que d’aller vers cet inconnu. Un long soupir lui échappa. La Poufsouffle accorda un regard pour le château, suppliant presque que quelqu’un vienne l’empêcher d’en dire autant sur son compte, puis porta enfin ses yeux soudainement calmes sur le Serdaigle.

- Tu n’entends pas ce que je te dis. Tu te souviens de ce que je t’ai confié la première fois ? Que personne ne croirait à la journée que tu avais passée avec moi ? Tu crois que ma confiance se résume au dessin, que tu ne peux l’acquérir autrement, et tu as tort. Rien que de partager un moment avec toi en dit long sur la confiance que je peux te porter. Mais tu ne veux pas le comprendre. Tu as ton passé, Kevin, et j’ai le mien. Tu n’as pas le droit de me forcer la main, encore moins si tôt. Ils sont très peu dans ce château, ceux qui ont vu mes dessins, ceux avec qui j’ai pu avoir de longues discussions ou ceux à qui j’ai souris.

Elle eut un geste vers la main du Serdaigle, et se ravisa au dernier moment, pour une raison bien obscure, y compris pour elle. Alors elle tenta de reprendre et de s’exprimer au mieux pour convaincre le jeune Aigle.

- Je te le répète, je ne veux pas te dessiner maintenant parce que ce n’est ni l’endroit ni le moment. Tu aurais pu me demander n’importe quoi d’autre, mais c’est toi que tu m’as demandé d’analyser. Je ne le ferai pas, du moins pas maintenant. Tu préfères te cacher encore derrière certains mensonges et je sens bien que certaines vérités te viennent sur le moment. Je refuse de t’enlever ça, ce libre-arbitre. Et tu m’en remercieras, toi qui prônais encore il y a quelques jours, que la journée que nous avions partagée était exclusive. Ne me force pas à faire ce que je n’ai pas envie de faire, Kevin et accorde-moi plutôt du temps, si tu as réellement confiance en moi et si c’est la réciprocité que tu cherches.


Cette fois, elle se tourna elle aussi vers l’horizon. Le soleil venait tout juste de disparaître. Il faisait encore tôt, bien sûr. La Grande salle avait dû ouvrir ses portes pour le dîner, mais la Poufsouffle avait tout sauf faim. Elle n’était pas certaine d’en avoir suffisamment dit au Serdaigle, et d’un autre côté, elle refusait de se dévoiler autant. Ce n’était pas dans ses habitudes et cela l’effrayait hautement. Là où lui cherchait une réciprocité auprès d’elle, elle cherchait à fuir toute tentative d’approche trop franche.

- On a tous nos peurs, tu sais. Je t’ai dit la mienne dès le premier jour : que je refusais que tu me comprennes et me décodes à travers mes croquis. Je ne peux pas l’expliquer, mais je sais que toi et moi nous nous ressemblons, et je pense que tu peux le comprendre. Tu peux comprendre mes barrières, mes peurs et le fait que ça soit difficile pour toi comme pour moi, même sans connaître mon passé. Je ne peux pas te dire mieux pour le moment.


« Ou être une élève comme les autres, accessoirement. », mais il valait mieux qu’elle garde cette réplique pour elle-même. Elle accorda un faible sourire au Serdaigle, un sourire qui se voulait désolé, et préféra ajouter, comme pour se défaire du malaise croissant en elle.

- Je ne veux pas te faire manquer ton repas. Une bonne odeur se dégageait des cuisines tout à l’heure, tu devrais en profiter. Tu … me diras si j’avais raison.


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MessageSujet: Re: [Eléanor & Kevin] Nothing, nowhere.   Ven 17 Aoû - 22:40




Nothing, nowhere.
Eléanor & Kevin
 

En entendant Eléanor lui dire qu'il lui avait forcée la main, Kevin ne put s'empêcher de grimacer. Il ne voyait pas les choses comme elle pouvait les voir et pourtant, les propos tenus par la blondinette le poussèrent à penser une nouvelle fois qu'ils n'étaient pas si différents. C'est justement pour ça qu'ils en étaient déjà là. Le Serdaigle peinait à lire en elle, il lui semblait même que ça empirait au fil du temps. Ses poings étaient toujours aussi serrés afin de contenir sa colère. Ses yeux pâles eux, ne se détachaient plus de l'horizon. Son silence devait être relativement décontenançant pour Eléanor mais Kevin le préférait largement à des paroles non-réfléchies. Il savait bien au fond de lui que cette journée n'aurait pas dû se terminer comme ça. Il était lui-même venu à la rencontre de la Poufsouffle, et maintenant voilà qu'il était prêt à fuir sans prononcer le moindre mot de plus ? Le changement d'air ne l'avait pas changé lui, c'était une certitude. En jetant un regard en biais à sa camarade, il se se surprit à se demander si elle serait capable de faire la différence. Peut-être pas ce soir, ni-même demain, mais avec le temps, comme elle semblait aussi bien le dire. Cette pensée lui arracha un long frisson le long de sa colonne vertébrale et les poings de Kevin se serrèrent à nouveau, au point de rendre ses jointures blanches.

- Tu n'es pas la seule à être, ou à désirer être invisible pour les autres. Je n'ai pas d'amis ici. Pas même Adam.

Ses dernières paroles avaient franchies la barrière de ses lèvres sans qu'il ne prenne le temps d'y réfléchir vraiment. En s'entendant prononcer une énième fois à voix haute le prénom de son frère Kevin poussa un long soupir tout en desserrant enfin un poing pour aller se pincer l'arrête du nez. L'instant d'après il fit de nouveau face à Eléanor. Elle paraissait plus calme, plus qu'avant et davantage que lui. Rien que pour ce regard, il aurait été capable de se calmer aussi. Sans même chercher à se l'expliquer. Mais la peur, de tout et de rien à la fois était plus forte que tout en lui ce soir. S'ils en étaient déjà là, ce n'était pas sans raisons. Le brun ne cherchait plus de responsable. Il reprochait à Eléanor de ne pas pouvoir lui accorder sa confiance mais il était le premier à en être incapable. C'était peut-être idiot, mais il ne pouvait tout simplement pas. Il n'avait jamais pu, et le simple fait que tout ça puisse changer l'effrayait au plus haut point. Il comprenait doucement grâce aux paroles d'Eléanor, qui risquerait de ne pas apprécier ses réponses pour le moment.

- Je...je n'ai rien prôné du tout, se contenta-t-il de bégayer, sourcils froncés.

Et voilà qu'il s'enfonçait dans ses propres pièges maintenant. Le garçon détourna une nouvelle fois les yeux, légèrement frustré. Il se sentait idiot et il détestait ça.
Ils étaient en proie à l'obscurité depuis que le soleil s'était incliné derrière les montagnes. Ce spectacle était l'un des préférés de Kevin. La sensation de ne pas y avoir vraiment assisté le frustra davantage, tout en le calmant un peu de mélancolie. Son caractère n'était pas facile, mais il avait l'âme d'un artiste. Déjà, malgré son âge. Et tout homme bien conscient sait qu'aucun artiste ne peut se vanter d'avoir bonne conscience. Il faisait avec ce qu'il avait, depuis toujours... C'est-à-dire rien. Ce rien qui jusqu'à présent lui avait suffit et continuerait à lui suffire encore tant qu'il le déciderait. Ce serait trop dur de remplir ce vide pour qu'il redevienne néant ensuite...mais comment exprimer tout ça ? Son visage pivota de nouveau pour observer celui d'Eléanor. Il parut hésiter un moment, une énième fois, mais c'est en regardant ses pieds qu'il reprit finalement.

- Tu pourrais dessiner n'importe quoi à mon sujet...que ce ne serait jamais la vérité. Peut-être que je sous-estime tes capacités en l'affirmant, mais je l'affirme. Tu as raison, Eléanor...je crois qu'on se ressemble, toi et moi. Et pourtant...pourtant je n'arrive absolument pas à lire en toi. Peut-être que tu as estimé que ce soir c'était trop tôt...mais j'en avais besoin. Tu es la première personne pour qui j'ai joué...c'est devenu important à mes yeux malgré moi. Les gens normaux doivent se contenter des mots, mais nous on a la chance d'avoir autre chose. Encore une fois, j'espérais simplement que tu voudrais le partager avec moi.

Un nouveau soupir s'échappa de ses lèvres alors qu'il relevait les yeux, mains à nouveau dans les poches.

- Mais plus je le dis et plus je me sens idiot alors...même si je n'ai pas faim, je crois que c'est ce que je vais faire. Aller rejoindre les autres. Qui sait ? Peut-être que les voir se goinfrer me mettra en appétit.

Une pointe d'ironie dans la voix il lui tourna finalement le dos pour aller rapidement chercher son sac derrière les arbres un peu plus loin. Ce après quoi il revînt sur ses pas afin de lui faire face, l'air un peu fuyant.

- Tu ne viens pas, toi ?



 

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Dernière édition par Kevin Entwhistle le Sam 18 Aoû - 0:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Eléanor & Kevin] Nothing, nowhere.   Ven 17 Aoû - 23:52

Nothing, nowhere.

Elle eut un sourire, triste. Tout ce qu’elle pouvait dire semblait se retourner contre elle, à croire qu’elle aurait mieux fait de garder le silence. Elle aurait aimé que tout soit plus facile, elle aurait aimé comprendre, prendre du recul sur ce qu’il venait de se passer pour essayer d’arranger les choses. Eléanor n’avait plus le courage d’affronter son regard. Elle se sentait coupable, alors même qu’elle savait que les choses n’auraient pu se passer autrement. Et d’une certaine façon, elle trouvait cela malheureux. Spontanément, elle avait failli répondre qu’il pouvait compter sur elle, qu’elle serait son ami, mais à quoi bon ? Qu’est-ce que cela aurait changé à part lui donner une raison de plus de lui dire « non ». Est-ce que les relations humaines étaient toujours ainsi ou est-ce que cela ne durait que le temps de l’adolescence ? Que dire maintenant ? Y avait-il seulement un mode d’emploi pour ces choses-là ? Un qu’on aurait oublié de lui donner à la naissance. Un sourire amer naquit sur ses lèvres tandis qu’elle répondait enfin…

- Parce que je t’en empêche.

Un énième soupir franchit ses lèvres.

- Tu sous-estimes la force des mots, Kevin.


Mais elle n’en ajouta pas davantage. Si elle-même ne pouvait plus compter sur la force des mots, alors ses rêves pouvaient s’envoler. Non, elle n’était pas d’accord avec cette mélancolie. Les mots … Les mots étaient parfois tout ce qu’ils avaient, vrai, et c’était déjà beaucoup. Sauf que là encore, elle ne voyait pas l’intérêt d’en discuter.

- Je ne t’ai pas dit non…

Ses paroles ne furent que murmure, parce qu’elle était lasse de ne pas se faire entendre ni même comprendre. Jamais elle n’aurait dû révéler son talent pour le dessin ou peut-être aurait-elle dû persévérer. Une chose était certaine, néanmoins : sa passion venait d’éclipser ce qu’elle avait pu offrir, cette part d’humanité qu’elle ne parvenait pas à exprimer que face à un vampire. Il n’y avait qu’en compagnie de leur médicomage, qu’Eléanor abaissait ses barrières. C’était reposant, elle devait bien l’avouer et elle aurait aimé qu’il en fût de même face à Kevin. Mais c’était impossible.

- Tu sais, je regrette, vraiment. Si tu crois que mon échec me fait plaisir … Ce soir, j’ai créé ma propre humiliation. Alors tu vois, finalement, tout ne se résume peut-être pas qu’à toi dans cette histoire. Au moment où tu es apparu, je dessinais, enfin j’essayais, sans y parvenir. Je te l’ai dit, les fusains n’ont pas toutes les réponses et parfois ils m’abandonnent le temps que je remette mes idées en place. Ils sont le prolongement de ma main, et quand le cerveau ne suit pas, alors ils sont inefficaces. Tu en as fait les frais, ce soir et j’en suis navrée. Mais je ne retirerai pas ce que je t’ai dit, même si ça doit changer la perception que tu as de moi.

Elle haussa les épaules résolues, avant d’acquiescer à ses derniers propos. Oui c’était mieux ainsi, pour lui comme pour elle. Ce soir, il y avait eu un raté et cela la confortait dans sa position de rester éloignée de tout et des déceptions. Cette idée la fit sourire : le professeur Fenwick et Monsieur Sanguini l’auraient détestée et réprimandée pour cette saugrenue idée. La dernière question de Kevin la sortit alors de ses songes. Elle secoua la tête et abandonna son sac au sol.

- Non, je n’ai absolument pas faim et …


Elle ne tenait surtout pas à les voir tous, souriant, heureux, et excités alors qu’elle-même venait de passer un moment étrangement douloureux. C’était égoïste, mais c’était elle.

- Je vais rester là, un moment. Peut-être que j’irai quémander une part de gâteau en cuisine, plus tard.

Et sur ces mots, elle s’allongea dans l’herbe fraîche pour contempler les étoiles et apaiser ces petits tourments qu’elle ne connaissait pas très bien, et qui étaient d'ailleurs fort curieux. Promis, la prochaine fois, elle irait directement devant le bureau du Professeur Wilkes, même si pour cela elle devait affronter Millicent. Peut-être était-ce cela qui leur fallait ? Une bande de Serpentards pour se réconcilier ? Un rictus apparût sur ses lèvres : quel ridicule.
Elle non plus le rattraperait pas, espérant certainement que demain serait un jour ... meilleur.


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MessageSujet: Re: [Eléanor & Kevin] Nothing, nowhere.   Sam 18 Aoû - 0:13




Nothing, nowhere.
Eléanor & Kevin
 

- Ne dis pas ça. Je ne veux pas que tu penses ça. Tu m'avais bien dis que tu n'arrivais à rien ce soir et pourtant, je te l'ai tout de même demandé. Alors tu n'as pas à t'en vouloir.

Ses sourcils s'étaient froncés et il avait un peu bégayés tous ces mots, mais il tenait à ce qu'elle les entendent. Il ne lui en voulait pas vraiment à elle, mais à lui. Il avait l'impression d'avoir mal agis depuis le début et s'ils en étaient là, aujourd'hui et ce soir, c'était bel et bien à cause de lui. Kevin resta un petit moment à l'observer, son sac sur les épaules. Il hésitait encore même s'il n'y avait qu'un seul final évident ce soir. Finalement il se racla la gorge puis il lança.

- Ok...comme tu voudras. A la prochaine fois non-exclusive alors.


"S'il y en aura une", se mit-il à penser ironiquement. Il accorda un regard aux étoiles puis un dernier à sa camarade dorénavant allonger au sol avant de finalement s'éloigner, la conscience un peu lourde. Finalement, il aurait mieux fait de rester dans son coin encore une fois. Kevin redouta d'avoir gâcher le début d'une amitié rare, mais en même temps, il avait bien conscience qu'il n'était toujours pas prêt à s'ouvrir aux autres. [...]



 

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MessageSujet: Re: [Eléanor & Kevin] Nothing, nowhere.   

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[Eléanor & Kevin] Nothing, nowhere.
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